Faits Divers

Arrêtée pour le meurtre de son époux - Marilyne: «J’ai tout fait pour le sortir de l’enfer de l’alcool»

La vie de Marilyne n’a pas été un long fleuve tranquille. Auparavant mariée à un mari violent, cette femme de 53 ans l’avait quitté. Puis, elle a refait sa vie avec Paul Rudolf Von Ow, un Allemand venu s’établir dans l’île. Mais ses soucis n’étaient pas derriere elle. Cette mère de famille s’est de nouveau retrouvée face à un époux brutal, jusqu’au jour où son monde a basculé. Le 7 avril dernier, l’époux a pris un couteau et l’a pourchassée. « Il était saoul. Je l’ai poussé. Il est tombé », explique-t-elle à la police. Grièvement blessé, l’Allemand est décédé le 16 avril. Selon Marilyne, c’est son entêtement qui lui a été fatal. « J’ai tout fait pour le sortir de l’alcoolisme, mais en vain », raconte-t-elle. Peu avant son arrestation, Marilyne s’est confiée à Le Dimanche/L’Hebdo. Elle est revenue sur sa rencontre avec l’Allemand, il y a dix ans, et sur le penchant allégué de celui-ci pour la bouteille. « Je m’étais rendue à Grand-Gaube, quand je l’ai rencontré la première fois. J’étais accompagnée de ma fille, encore une enfant à l’époque. Il est venu lui parler. Nous avons parlé et échangé nos coordonnées », raconte cette décoratrice d’intérieur.

Des signes

[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"15625","attributes":{"class":"media-image size-full wp-image-26279","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"1280","height":"720","alt":"Curtis et Jeff"}}]] Curtis (à gauche) et Jeff (qui s’est fait arrêter dimanche soir pour obstruction).

[row custom_class=""][/row] « Il m’a expliqué qu’il était séparé de son épouse, une Mauricienne. Il passait par des moments difficiles. Je l’ai aidé à les surmonter. Il ne parlait pas le créole, mais nous sommes parvenus à nous comprendre en utilisant des signes. Il ne comprenait que quelques mots », poursuit-elle. Et en 2008, les deux se sont mariés civilement. Dans un premier temps, c’est au domicile familial de la Mauricienne à Baie-du-Tombeau que le couple s’est installé. « À l’époque, il buvait déjà », dit Marilyne. Pour Jeff et Curtis, deux des fils de celle-ci, leur beau-père avait caché son jeu et ce n’était guère facile pour leur mère. « Elle a passé par tant d’épreuves et subi la violence de mon père. Cette fois, elle se retrouve avec un époux alcoolique », dit Curtis, 34 ans. Après avoir emménagé avec Marilyne dans sa maison à Calodyne, les choses ont empiré. « Il buvait constamment et devenait violent », dit Marilyne. Malgré cela, elle est restée auprès de son second époux. « J’étais la seule à pouvoir le comprendre. Je l’aidais à arrêter la boisson. On pouvait se disputer, mais l’instant d’après, nous étions à nouveau ensemble », explique-t-elle.

Surmonter ses Difficultés

À plusieurs reprises, elle dit avoir aidé son époux à surmonter ses difficultés. « Je ne pouvais le voir se détruire de la sorte. En deux occasions, je l’ai amené à se sevrer, mais les deux fois, il n’a pu tenir longtemps. J’ai même fait appel à la Family Protection Unit pour qu’on vienne lui parler, mais cela n’a rien donné », poursuit-elle. En plusieurs occasions, la police de la région a dû se rendre à leur domicile, après que Marilyne l’a alertée. Cependant, elle n’a jamais porté plainte contre son époux. Une énième dispute allait sceller le sort de ce couple, le 7 avril dernier. « Il avait commencé à boire très tôt. Sous l’influence de l’alcool, il a pris un couteau qu’il venait d’acheter. Il s’est mis à me poursuivre dans la maison. Il est tombé sur son couteau et s’est grièvement blessé. Je l’ai garroté. Nous nous sommes rendus à l’hôpital à moto », relate-t-elle. L’époux a été admis à l’hôpital, il est décédé neuf jours après. À la police de Grand-Gaube, elle dira l’avoir poussé. « Si à la suite de cet accident, il était devenu handicapé, c’est moi qui me serais occupée de lui. À deux reprises, j’ai tenté de le sortir de cet enfer... » Après le décès de Paul Rudolf Von Ow, la police criminelle de Goodlands a procédé à l’arrestation de son épouse. Marilyne a comparu devant le tribunal de Pamplemousses, le lundi 18 avril, et est sous le coup  d’une accusation provisoire de meurtre. La police a objecté à sa remise en liberté provisoire. Marilyne bénéficie, dans ces moments difficiles, du soutien de ses proches, notamment ses fils Curtis et Jeff. « À chaque fois qu’elle était brutalisée, elle nous appelait. Nous lui avons demandé de quitter son mari, mais elle s’entêtait. Elle disait qu’elle voulait l’aider. Elle est retournée vivre avec nous, mais notre beau-père la harcelait et il est venu la récupérer », expliquent-ils. Mardi, Marilyne a été examinée par un médecin de la police. Samedi, elle a été de nouveau entendue par les limiers de la CID de Goodlands en présence de son homme de loi.

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