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Après l’interrogatoire d’Alvaro Sobrinho : le «next move» de l’Icac se fait attendre

Alvaro Sobrinho

Depuis que  la  commission anticorruption a enregistré la version de l’homme d’affaires angolais Alvaro Sobrinho, le next move de l’Independent Commission against Corruption (Icac) se fait attendre. 

L’ancien Permanent Secretary (PS) Dass Appadu est considéré comme le prochain à être convoqué dans le cadre de cette enquête. La commission semble vouloir se concentrer désormais sur les éléments fournis par le milliardaire angolais. Elle a, durant la semaine écoulée, procédé aux analyses des documents remis par Alvaro Sobrinho. Au terme des six jours d’audition du milliardaire, celui-ci a fait part de son intention de retourner au pays pour témoigner dans un éventuel procès, si besoin était. Il a expliqué aux enquêteurs du Réduit Triangle qu’il était un homme d’affaires jouissant d’une bonne réputation et que son souci premier était de préserver son image. 

Au début de son audition, la thèse qu’Alvaro Sobrinho ferait l’objet d’une inculpation provisoire n’était pas écartée. Au fur et à mesure que l’enquête a progressé, l’idée d’inculpation s’est estompée. 

Le but des enquêteurs de la commission était d’identifier ceux qui auraient agi comme facilitateurs au profit d’Alvaro Sobrinho auprès des institutions du pays.

Le Board of Investment (BoI) et la Financial Services Commission (FSC) sont concernés dans ce volet de l’enquête. Des courriels entre la FSC et le château de Réduit en août 2015 sont aussi des éléments sur lesquelles les enquêteurs peuvent compter pour mener à bien leurs investigations. 

Les membres de la commission ont aussi obtenu le nom du « Contact Point » d’Alvaro Sobrinho à l’île Maurice. Se basant sur les dires de l’homme d’affaires Angolais, l’Icac a des raisons de croire qu’il s’agit d’un membre influent du Cabinet. Celui-ci aurait exercé des pressions politiques, afin qu’Alvaro Sobrinho obtienne les autorisations nécessaires pour l’achat de 12 villas à Royal Park, Balaclava. 

René Leclézio, ancien membre du conseil d’administration du BoI, penche pour cette thèse. Il a expliqué avoir démissionné de son poste lorsque le dossier d’Alvaro Sobrinho a été porté devant le BoI. Des désaccords avaient surgi avec les autres membres du conseil d’administration de l’organisme. 

Parallèlement, l’Icac est dans l’attente d’une correspondance de la Bill and Melinda Gates Foundation. Les enquêteurs avaient réclamé des informations sur le financement de Planet Earth Institute (PEI). Alvaro Sobrinho avait levé le voile sur ce point lors de son interrogatoire.