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Après le «live» de la députée Anabelle Savabaddy - Allégations de sirop entamé à l’hôpital Victoria : les versions s’opposent

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 11 June 2026 à 13:00
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La députée Anabelle Savabaddy justifie son « live Facebook » dénonçant la remise d’un sirop entamé à sa fille à l’hôpital Victoria.
La députée Anabelle Savabaddy justifie son « live Facebook » dénonçant la remise d’un sirop entamé à sa fille à l’hôpital Victoria.

Après le direct Facebook de la députée Anabelle Savabaddy, la direction de l’établissement rejette toute faute, tandis que le ministère de la Santé privilégie la prudence face à l’enquête.

Un flacon de sirop déjà « entamé » remis à la pharmacie de l’hôpital Victoria. Depuis le « live Facebook » de la députée Anabelle Savabaddy, diffusé mardi 9 juin, l’incident cristallise une controverse qui dépasse largement le cas d’espèce : celle des conditions de dispensation des médicaments dans les hôpitaux publics.

Les faits, tels que rapportés par la députée : sa fille, venue consulter en compagnie de son père, aurait reçu à la pharmacie de l’hôpital Victoria un sirop contre la toux déjà entamé. À ce moment-là, Anabelle Savabaddy n’était pas au pays. Informée après coup, elle a décidé de rendre l’incident public, non pour s’en prendre au personnel soignant, tient-elle à préciser, mais au conseiller du ministre de la Santé, qui lui aurait indiqué qu’il était impossible d’agir sur la situation, et laissé entendre que son époux et sa fille auraient dû vérifier eux-mêmes les médicaments au comptoir. Une remarque qui l’aurait « fortement agacée ».

L’enquête diligentée à l’hôpital Victoria, mercredi 10 juin, a introduit d’emblée une divergence de taille : c’est un sirop pour adulte qui aurait été délivré à la fille de la députée, alors que cette dernière avait présenté devant la caméra un sirop pour enfant. Le Dr Shailesh Chiniah, Duty Manager ce soir-là, va plus loin : il s’interroge publiquement sur la manière dont ce flacon aurait pu se retrouver dans la boîte montrée à la caméra. 

L’établissement accueille jusqu’à 1 000 patients par jour, et en moyenne quelque 150 flacons sont dispensés quotidiennement aux patients présentant des symptômes nécessitant un antitussif. « Dans tout le lot, c’est uniquement un cas qui serait concerné ? » s’interroge-t-il. « L’erreur ne vient pas de l’hôpital », tranche-t-il, ajoutant qu’une erreur humaine lui paraît peu probable ce soir-là, le personnel n’étant pas sous pression, et qu’il serait par ailleurs peu réaliste d’exiger l’ouverture de chaque boîte avant remise au patient.

Un cadre au ministère de la Santé se montre plus prudent : impossible de certifier que le médicament provient de l’hôpital Victoria plutôt que d’un autre dispensaire, les mêmes produits circulant dans l’ensemble des centres de santé publique. Il attend les conclusions de l’enquête, tout en reconnaissant que des « dispensing errors » surviennent, tant dans le secteur public que dans le privé, et qu’un membre du personnel a récemment été sanctionné pour une erreur aux conséquences potentiellement graves. 

Il rappelle que les techniciens en pharmacie ont été formés et disposent du sens des responsabilités, tout en concédant ne pas pouvoir garantir que toutes les consignes sont systématiquement appliquées sur le terrain. Sur le cas précis, il lâche : « C’est assez incompréhensible », tout en réaffirmant que remettre un médicament entamé resterait « très grave ».

Un ancien pharmacien de l’hôpital Victoria ne mâche pas ses mots : un médicament entamé n’a rien à faire sur les étagères, et il est du devoir du préposé à la distribution de s’assurer que chaque médicament remis est conforme à la prescription, que la boîte est en bon état et que la date de péremption n’est pas dépassée. Il plaide pour des vérifications régulières des stocks et une supervision renforcée. « Je suis en colère si les faits rapportés s’avèrent exacts», dit-il, y voyant une défaillance dans la chaîne de supervision.

Le ministre Bachoo, interrogé en marge d’une cérémonie à l’hôpital Subramania Bharati Eye Hospital de Moka, a appelé à la compréhension envers un personnel soumis à une lourde charge de travail, et a pris la défense de son conseiller.

Face à cette accumulation de mises en doute, Anabelle Savabaddy dit ne plus savoir à quoi s’en tenir : « Chaque heure, chaque minute, les versions changent. Je ne comprends pas pourquoi certains veulent vivre dans le déni. Quand quelque chose de grave arrive, on détourne souvent l’attention. » 

Elle a justifié son recours au « live » par une conviction simple : « Seki inn ariv mo zanfan kapav ariv zanfan enn lot dimounn. » Aux éventuels détracteurs : « Si zot anvi al raport mwa avek pli lao, just too bad. » Elle assume pleinement sa démarche, en tant qu’élue, citoyenne et contribuable. « Certains refusent d’assumer leurs responsabilités ; je les laisse à leur conscience. »
 

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