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Après le jugement de la Cour Internationale de Justice : la question de compensation aux Chagossiens refait surface

chagos Selon Olivier Bancoult, les discussions seront entamées dans les jours qui viennent.

Le Group Refugiés Chagos envisage d’approcher le gouvernement afin d’enclencher des pourparlers avec les Britanniques pour aborder la question de compensation. Cette initiative fait suite à l’avis consultatif en faveur de Maurice sur le dossier Chagos. Les Chagossiens seront bientôt appelés à soumettre le montant réclamé au gouvernement britannique. Un comité se penchera sur la somme à proposer.

La question de compensation aux Chagossiens, qui ont été déracinés de leurs terres natales à partir de 1965, refait surface. Si certains natifs parlent d’une « compensation  imminente », d’autres évoquent déjà un montant approximatif de Rs 200 000 qui pourraient être versés par les Britanniques aux Chagossiens. « Bann angle bizin pey nou. Mem si zot donn nou compansasion, narien pa pou ranplas la soufrans ki nou inn resanti kan ti deport nou depi nou pei », affirme sous couvert de l’anonymat une native de Diego Garcia.

Pour rappel, la Cour Internationale de Justice s’est prononcée en faveur de Maurice dans un avis consultatif émis le lundi 25 février. À l’aéroport SSR de Plaisance, Olivier Bancoult, le porte-parole du Group Refugiés Chagos, avait durci le ton envers les Britanniques. Il avait déclaré : « Kouma ou kapav aksepte ki enn lot dimoun viv dan landrwa ki nou finn viv ek nou nou en deor ! Eski ou ti pou dakor ar sa ? Eski angle kapav dakor ar sa ? Aster nou pou gete. »

Le porte-parole des Chagossiens ajoute : « Le rapport stipule que nous devons percevoir une compensation. Nous irons de l’avant. Mo fyer nou pann rant dan piez angle. Zot inn rod fer lizie dou ar nou. Nous avons su garder notre dignité ainsi que notre droit fondamental. Pa pou ena bare ! (…) Nous ne quitterons pas les Britanniques d’un pouce (…) ».

« Aucun chiffre fixé »

Olivier Bancoult a été approché par Le Défi Quotidien. Il fait ressortir que des discussions seront entamées dans les jours à venir avec les autorités mauriciennes concernant la marche à suivre menant vers des pourparlers avec le gouvernement britannique. Notre interlocuteur souligne que les Chagossiens, issus d’autres groupes, seront également approchés afin que ces derniers puissent soumettre le montant de compensation réclamée aux Britanniques. « Aucun chiffre n’a été fixé pour le moment. D’ailleurs, la question d’une compensation est en phase préliminaire. Ce n’est qu’à partir de maintenant que nous allons approcher les autorités locales afin d’entamer les discussions », déclare Olivier Bancoult.

L’archipel des Chagos, qui comprend 55 îles réparties en sept atolls, se situe à 1 174 km au Sud des Maldives et à 1 832 à l’Est de Victoria. L’île de Diego Garcia est occupée par une base militaire américaine depuis les années 70 où vivent plusieurs milliers de personnes. 

Administré par le British Indian Ocean Territory (BIOT), entité appartenant à la Grande-Bretagne, l’archipel est revendiqué par l’État mauricien en insistant sur le fait qu’il avait été détaché le 8 novembre 1965. La surface émergée des Chagos est de 60 km2. À elle seule, l’île de Diego Garcia fait 40 km2. Le littoral totalise 698 kilomètres de longueur et la zone économique exclusive conférée à l’archipel est de 636 600 km2.