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Après le feu vert du tribunal : le DPP bloque la remise en liberté du sergent Gungadin

Par Kursley Thanay
Publié le: 17 July 2026 à 12:00
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gungadin
Jayesh Gungadin fait face à une accusation provisoire de « perverting the course of justice ».

La décision du tribunal de Port-Louis accordant la liberté sous caution au sergent Jayesh Gungadin n’aura finalement pas pris effet. Le DPP a demandé la suspension de cette remise en liberté afin de lui permettre  de contester la décision devant la Cour suprême.

La remise en liberté sous caution du sergent de police Jayesh Gungadin a été suspendue ce jeudi 16 juillet 2026, quelques instants seulement après que le tribunal de Port-Louis a ordonné sa libération. Le policier reste donc en détention, dans l’attente du dépôt formel d’une contestation devant la Cour suprême. Il devra se présenter de nouveau devant le tribunal de Port-Louis le 22 juillet 2026 afin de savoir si cette procédure a été initiée par le Directeur des poursuites publiques (DPP).

Dans cette affaire, le sergent de police fait l’objet d’une accusation provisoire de « perverting the course of justice ». Il lui est reproché d’avoir communiqué, le 4 juin 2026, des informations confidentielles relatives à une enquête de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Sattya Mitra Anand Gajudhar, dit « Atish ». Ces données auraient ensuite été transmises via WhatsApp à Mandish Cahoolessur, alias « Jimmy », afin de l’avertir que la police avait intercepté une cargaison de cannabis et procédait à des arrestations. L’enquête porte sur une saisie d’environ 63 kilos de cannabis, estimée à Rs 94 millions.

Ce jeudi, la représentante du parquet (Prosecuting Counsel), Me Anna Ramtohul, a demandé le gel de la décision de remise en liberté. L’objectif est de permettre au DPP de contester la décision du tribunal de Port-Louis devant la Cour suprême.

Risque d’interférence non démontré

Pourtant, dans sa décision, la magistrate Naazish Sakauloo avait bel et bien accordé la liberté conditionnelle au sergent Jayesh Gungadin. Elle a estimé que la police n’avait pas démontré un risque suffisamment sérieux que l’enquête soit compromise. La magistrate a rappelé que la liberté sous caution demeure le principe constitutionnel, et que son refus doit reposer sur des motifs précis. Les éléments présentés par la police – à savoir les déclarations d’« Atish », les échanges de messages et la vidéosurveillance – constituaient certes des indices sérieux, mais les craintes d’une interférence avec des témoins n’étaient pas suffisamment étayées.

Elle a aussi souligné que Jayesh Gungadin, fort de ses 24 années de service au sein de la force policière, s’était présenté de son plein gré aux enquêteurs, avait remis son téléphone pour expertise et avait pleinement coopéré. Le rapport informatique est toutefois toujours attendu.

Les conditions imposées par la magistrate pour sa libération comprenaient : le versement de deux cautions de Rs 100 000 chacune, la signature d’une reconnaissance de dette de Rs 500 000, l’obligation de résider à l’adresse communiquée et d’informer la police de tout changement. Le prévenu devait également se présenter quotidiennement au poste de police le plus proche entre 6h et 18h, s’abstenir de contacter des témoins ou des suspects, et ne divulguer aucune information confidentielle liée à l’enquête.

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