Après du matériel médical durant la COVID-19 : Vinay Appanna refait surface dans une affaire de contrats pour Rs 380 M à la CNT
Par
Patrick Hilbert
Par
Patrick Hilbert
Après avoir été régulièrement cité dans l’attribution de contrats juteux sous l’ancien gouvernement, notamment durant la période de confinement liée à la COVID-19, le nom de Vinay Appanna refait surface. Sa société, AV World Spare Parts Ltd, dont il est l’unique actionnaire, a obtenu entre 2020 et 2024 des marchés d’un montant total de Rs 380 M auprès de la Corporation Nationale de Transport Corporation (CNT).
Le 21 avril, en réponse à une question parlementaire de Stéphanie Anquetil, le ministre du Transport, Osman Mahomed, a déclaré que la Financial Crimes Commission (FCC) mène une enquête sur des pièces détachées de contrefaçon acquises par l’ancienne direction de la CNT. Il a indiqué que plusieurs articles ont été achetés par l’ancienne direction à des prix allant de trois à 25 fois supérieurs aux tarifs actuels. Il a qualifié ces pratiques de « vol caractérisé ». Une enquête faite au niveau de la CNT fait apparaître des surcoûts pouvant atteindre 16 fois le prix du marché.
Par ailleurs, des pièces contrefaites auraient été acquises à des prix équivalents ou supérieurs à ceux des pièces authentiques. À titre d’exemple, le ministre Mahomed a cité l’achat d’un vilebrequin (crankshaft) à Rs 365 000 pièce, soit quatre fois son prix actuel de Rs 89 600. Autre exemple, un Ball Joint qui avait été acheté d’un autre fournisseur pour Rs 600 le 12 juillet dernier a été vendu par AV World Spare Parts l’année d’avant, soit le 7 aout 2024 à Rs 38 200. Ce qui, selon un document officiel de la CNT, représente une variation de 6 267 %.
Entre 2020 et 2024, un seul fournisseur, AV World Spare Parts Ltd, a bénéficié de contrats représentant plus de Rs 308 M, selon les déclarations du ministre. Cette société était le fournisseur privilégié de l’ancienne direction de la CNT. Les documents présentés par le ministre suggèrent que les prix excessifs payés à ce fournisseur ont contraint la CNT à dépenser des centaines de millions de roupies supplémentaires, des fonds qui auraient pu être utilisés pour acquérir de nouveaux bus.
Le ministre Osman Mahomed a également révélé que l’ancien directeur général de la NTC, Rao Rama, a été formellement inculpé en décembre 2025 par la FCC pour « public official using office for gratification » dans le cadre d’un contrat d’achat de pneus de bus. Une autre enquête de la FCC est en cours sur la fourniture de pièces contrefaites entre 2020 et 2024.
Vinay Appanna, actionnaire et directeur d’AV Techno-World Co Ltd, était déjà connu des services judiciaires. Le 3 mars 2021, il a témoigné devant la cour de Moka dans le cadre de l’enquête sur la mort de Soopramanien Kistnen. Beau-frère de Jonathan Ramasamy, ancien Chairman de la State Trading Corporation (STC), Vinay Appanna avait alors déclaré avoir obtenu, durant le confinement, deux contrats pour des équipements médicaux ainsi qu’un contrat du Central Electricity Board (CEB) pour l’installation d’un système de détection de température lié à la COVID-19, d’une valeur de Rs 2,5 M.Selon des éléments portés à l’audience, Vinay Appanna a décroché trois gros contrats durant le confinement totalisant plus de Rs 380 M, dont un du ministère de la Santé de Rs 44 M pour des équipements de protection (EPI) réutilisables et des masques durant le confinement de la COVID-19. Il a également obtenu des marchés auprès de plusieurs organismes publics (MRA, Icac, MPA, MHC, SICOM) et, selon le témoignage de Deepak Bonomally, directeur de Bo-Digital, un contrat pour des abribus et le projet Passenger Information System (PIS).
Le 19 février 2021, Vinay Appanna a été arrêté par l’Icac pour blanchiment d’argent en lien avec l’achat d’équipements médicaux durant le confinement. Son beau-frère Jonathan Ramasamy a également été arrêté pour les mêmes motifs.