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Après de fortes pluies - Bramsthan : la désolation

Au lendemain des fortes pluies qui se sont abattues dans l’Est et qui ont causé des inondations dans plusieurs régions, les séquelles sont toujours là. Plus particulièrement à Bramsthan, le village le plus affecté. La peine se lisait sur le visage de ceux qui sont dans la détresse.

C’est une scène de désolation qui régnait à Bramsthan, lundi. On dit qu’après la pluie, revient le beau temps. Sauf que pour ces habitants dont les maisons ont été sous les eaux et qui ont été abîmées. Comme des fourmis, ils travaillent d’arrache-pied pour évacuer les eaux boueuses et nettoyer leurs maisons. Des meubles et de la saleté étaient entassés en bordure de route. 

Les victimes affirment que ce n’est pas la première fois qu’il y a des inondations. Sauf que, cette fois, la situation a été pire. « En 10 à 15 minutes, l’eau a commencé à monter. Je n’ai pas pensé aux choses matérielles, mais à la sécurité de mes enfants de 9 et 7 ans. On a dû passer à travers la fenêtre pour quitter la maison afin de trouver refuge chez des voisins », raconte Ketsia Dardenne. 

Pour sa part, ce couple devait fêter un heureux événement. Mais cela ne s’est pas passé comme Rajesh et Swastee s’y attendaient. « Cela fait un mois, jour pour jour, depuis que nous habitons notre nouvelle maison. Tous nos meubles,  et autres équipements ménagers ont été endommagés », déplore le couple. 

Nathanaelle Darga ne manque pas de souligner que, non seulement la maison de sa mère, Marilyn Potiah, a été inondée, mais elle met en exergue que même ses produits alimentaires ont été abîmés. « Nous ne demandons pas de l’argent, mais de quoi manger, des vêtements et un matelas, par exemple. Ma mère a tout perdu », se désole-t-elle. 

Face à cette situation difficile, nombreux étaient les proches et des voisins venus soutenir les familles en détresse. Même les autorités, dont les pompiers et les effectifs de la Special Mobile Force et les éboueurs, étaient sur le qui-vive. Des conseillers du conseil de district de Flacq et le président du village de Bramsthan étaient aussi sur le terrain. Selon eux, il faut plus de drains dans la région. En sus de cela, ils demandent que les drains existants soient curés. « Il faut un projet de dragage d’un kilomètre le long de la rivière, car c’est quand elle quitte son lit lors de grosses averses que les choses dégénèrent. Il ne faut pas banaliser ce problème, car à l’avenir il pourrait y avoir mort d’homme, ce qu’on ne souhaite pas », soutient un conseiller.


Pont de ce village : L’hydrologue Farook Mowlabucus démonte la thèse des autorités

L’hydrologue et ancien cadre de la Water Resources Unit, Farook Mowlabucus, démonte la thèse des autorités selon laquelle des débris accumulés au fil du temps sous le pont de Bramsthan seraient à l’origine de l’inondation dans la région. Notre interlocuteur demande, par ailleurs, aux autorités concernées de « surveiller les ponts similaires à celui de Bramsthan de près. »

Farook Mowlabucus est catégorique. « Ce n’est pas vrai de dire que ce sont les débris accumulés au fil du temps sous le pont de Bramsthan qui sont à l’origine des inondations », précise l’hydrologue. En général, indique-t-il, lors des inondations, les flots collectent des branches et autres débris sur son passage « Ce n’est qu’une fois arrivés sous le pont que les débris stagnent et obstruent ensuite l’écoulement de l’eau comme tel a été le cas sous le pont de Bramsthan dimanche », fait ressortir l’hydrologue.

Ce dernier est d’avis que les endroits possédant des ponts similaires à celui de Bramsthan doivent être surveillés de près et peuvent être affectés. « Le pays a connu des cyclones intenses tels que Gervaise, Carol ou encore Hollanda. Mais la région de Bramsthan n’a jamais été affectée par une telle inondation. C’est la raison pour laquelle les autorités doivent porter attention à d’autres endroits similaires afin d’éviter que le même scénario ne se reproduise à l’avenir lors des averses », déclare Farook Mowlabucus.

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