Après avoir mortellement agressé sa ‘nani’ de 89 ans, il tue son frère à coups de bois
Par
Irshaad Olitte
Par
Irshaad Olitte
Deux cas de meurtre en 11 ans. Le premier en 2015, lorsqu’il avait mortellement agressé sa grand-mère maternelle, Batassia Gopaul, âgée de 89 ans. Le second, le lundi 13 juillet 2026, avec la mort de son frère handicapé, Bassoodeo Sachin Aukhajah, 48 ans. Asvind Aukhajah, 46 ans, compte également 13 condamnations devant les cours de justice, notamment pour vol, agression et vol avec violence.
En février 2015, après le drame, Bandevi Temba avait tiré la sonnette d’alarme sur le comportement violent de son fils Asvind. « Mon fils a des démons dans la tête », avait-elle confié à l’époque à Le Dimanche/L’Hebdo (voir plus loin).
Condamné à 12 ans de prison pour cette agression mortelle, Asvind Aukhajah, qui avait été remis en liberté l’année dernière, est aujourd’hui accusé d’avoir tué son frère Sachin. Un nouveau drame familial qui replonge le village de Mahébourg dans une affaire marquée par la violence.
Ce lundi 13 juillet, dans leur modeste maison, Asvind Aukhajah s’en est pris à son frère, alité, souffrant d’un handicap et nécessitant un fauteuil roulant pour ses déplacements. Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, Sachin Aukhajah a été battu à l’aide d’un morceau de bois avant de succomber à ses blessures.
Onze ans plus tôt, Asvind Aukhajah avait déjà été condamné après la mort de sa grand-mère maternelle. Cette femme de 89 ans avait succombé après avoir été agressée à coups de poing.
Ce nouveau drame a provoqué une vive émotion à Mahébourg. Dans le village, les habitants ne cachent pas leur inquiétude après cette seconde tragédie familiale impliquant le même homme. « Linn re-touye ankor, bizin pa resorti dan prizon aster », disent certains habitants. D’autres ajoutent : « Li fer sa zis ar so fami ».
Dans la localité, Asvind Aukhajah est connu pour effectuer des petits travaux. Il fait notamment de la plomberie, de la maçonnerie ou encore divers travaux pour des commerces du coin. Mais sa dépendance à l’alcool est régulièrement évoquée par son entourage. Le jour du drame, comme à son habitude, Asvind se trouvait avec son frère Sachin dans leur maison, où ils consommaient du rhum.
Selon Asvind Aukhajah lors de son interrogatoire à la police, leur bouteille d’alcool était terminée et son frère en réclamait encore. Mais lui, n’ayant pas d’argent, n’est pas allé en acheter. Une situation qui aurait provoqué la colère de Sachin, qui l’aurait alors couvert d’insultes et d’injures.
Éméché lui aussi, Asvind explique ne pas avoir supporté ces remarques. Face à son frère, il aurait perdu son sang-froid. « Monn bat li klak, koud pwin dan so figir, linn kontigne zour mwa, monn pran enn dibwa mon bat li partou lor so lekor », avoue le suspect lors de son interrogatoire à la Criminal Investigation Division de Mahébourg.
Face aux coups, Sachin Aukhajah, déjà fragilisé par son état de santé et sans défense, n’a pas survécu. L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a révélé de multiples blessures internes ainsi que plusieurs fractures. Le décès a été attribué à un choc hémorragique consécutif à de multiples fractures.
Le drame a été découvert par leur mère, Bandevi Temba. Cette dernière, qui habite à proximité de la maison de son autre fils, Satidanand, raconte avoir vu Asvind s’en prendre à Sachin. « Monn trouv Asvind pe bat Sachin, mon sorti, monn al kot lavarang, monn vinn kasiet kot mo gran garson ek monn dir bann-la get kouma li pe bat li laba, pe fer dominer », relate Bandevi Temba, la voix marquée par la tristesse.
Depuis la mort de son fils, cette mère revient sur le quotidien difficile de Sachin, devenu handicapé après un accident de la route. Meurtrie par ce drame, elle affirme que son fils subissait régulièrement des violences. « Depi komie banane li andikape. Linn resi debriye. Zordi tir so lavi, toulezour kan bwar li bat Sachin. Akoz enn tigit rom zot lager, trwa frer zot asize zot bwar, me zot pa donn li », fulmine-t-elle au Défi Plus.
Bandevi Temba affirme également que son fils se faisait voler son argent de pension par ses deux frères alcooliques. « Zot ti pe bien kokin so kas pansion. Dan enn mwa de trwa kou zot al tir so kas labank, zot pran li al la bank tir so pansion », accuse-t-elle.
À la suite de ce second cas de meurtre, Asvind Aukhajah a rapidement été appréhendé par les limiers de la Criminal Investigation Division de Mahébourg, dirigée par l’inspecteur St Mart.
Lors de son interrogatoire, il est passé aux aveux. Ce mardi, il a été inculpé provisoirement de meurtre devant le tribunal de Mahébourg. Ce vendredi, sous forte escorte policière, Asvind Aukhajah est retourné sur les lieux du drame afin de reconstituer les différentes étapes de ce meurtre.
En 2015, après la mort de sa mère Batassia Gopaul, âgée de 89 ans, agressée mortellement par Asvind Aukhajah, Bandevi Temba avait déjà alerté sur le comportement violent de son fils et sa dépendance à l’alcool.
À l’époque, elle avait confié à Le Dimanche/L’Hebdo : « Asvind ena demon dan so latet. Kan li bwar, li ti pe bat mo mama. Get saki lalkol inn fer. Li bizin swiv enn tretman sikiatrik ek tret so dependans a lalkol ».
Selon les éléments rapportés lors de cette affaire, Asvind Aukhajah ne supportait pas que sa grand-mère regarde la télévision. Il lui avait demandé d’éteindre l’appareil, mais la vieille dame avait continué à regarder son programme. Pris de colère, Asvind l’avait alors giflée à deux reprises. La nonagénaire n’avait pas survécu à cette agression.
En 2018, Asvind Aukhajah avait été condamné à 12 ans de prison pour le délit de « Wounds and Blows Causing Death Without Intention To Kill ».
Avant cette nouvelle affaire de meurtre présumé, Asvind Aukhajah avait déjà un lourd passé judiciaire :
1998 : condamné à trois ans au Correctional Youth Center pour quatre délits : « Larceny Breaking », « Larceny », « Aiding & Abetting » et « Larceny 2 in number ».
2000 : deux ans d’emprisonnement pour « Escape From Legal Custody ».
2006 : six mois de prison pour le cambriolage d’un magasin d’ameublement.
2009 : un mois d’emprisonnement pour vol avec violence.
2010 : trois mois de prison pour vol avec effraction.
2011 : trois mois d’emprisonnement pour un vol de Rs 800 commis dans un espace public l’année précédente.
2012 : amende de Rs 5 000 pour vol.
2012 : cinq mois d’emprisonnement pour coups et blessures sur une femme ayant entraîné une incapacité de plus de 20 jours (« Assault Causing Sickness For More Than 20 Days »).
2014 : deux mois de prison pour agression sur un officier de police (« Assaulting Officer of Civil Authority Causing Effusion of Blood »).
2018 : condamné à 12 ans de prison après avoir été reconnu coupable du délit de « Wounds and Blows Causing Death Without Intention To Kill » à la suite de la mort de sa grand-mère maternelle, Batassia Gopaul.
2025 : trois mois d’emprisonnement pour le vol de Rs 3 000.
2025 : trois semaines de prison pour un autre vol de Rs 4 000.
4 mars 2026 : condamné à un an de prison pour « Larceny with Other Aggravating Circumstances », une affaire remontant au 6 septembre 2025 à Mahébourg.
Aujourd’hui, Asvind Aukhajah fait face à une nouvelle accusation de meurtre après la mort de son frère, Bassoodeo Sachin Aukhajah, survenue le 13 juillet 2026 à Mahébourg.
À Mahébourg, au lendemain de ce drame, plusieurs proches et habitants du village accusent également Asvind Aukhajah d’avoir indirectement causé la mort de son père lors d’un précédent incident. Selon eux, un incendie s’était déclaré dans la maison familiale après qu’une cigarette eut été jetée, provoquant un sinistre au cours duquel son père aurait été gravement affecté.
Toutefois, cette affaire n’avait pas été traitée comme un cas de « foul play » par la police. Asvind Aukhajah n’avait d’ailleurs fait l’objet d’aucune poursuite ni condamnation en lien avec cet incident. Hospitalisé à la suite de l’incendie, son père était décédé quelque temps plus tard et aucune intervention criminelle n’avait été retenue comme cause de son décès.
Malgré cela, plusieurs membres de sa famille continuent de le tenir pour responsable des circonstances ayant conduit à la mort de son père. « Li ti sou. Premye dimounn kinn perdi lavi, se mo papa. Mo papa ti ena enn problem leker ek katarak.
Se Asvind mem ki ti met dife dan lakaz. Li ti pe fime sigaret, letan linn zet sigaret-la, sa inn pran dife e inn propaze partou dan lakaz. Mo papa inn toufe. Savedir mo papa inn mor akoz li. Aster, trwa dimounn inn perdi lavi akoz li », affirme Satidanand, l’un des frères d’Asvind Aukhajah.