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Après 18 ans de combat - Veena Daibee : mère de triplés à 48 ans

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Publié le: 6 June 2026 à 19:30
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Après 18 ans d’attente, Vinay et Veena Daibee prouvent que l’amour, la patience et la foi peuvent triompher des plus grandes épreuves. Le 7 juillet 2007, Vinay et Veena se sont dit «oui» pour la vie. Dix-huit ans plus tard, leur histoire d’amour est couronnée par l’arrivée de trois petits garçons, un bonheur qu’ils n’osaient plus espérer.
Après 18 ans d’attente, Vinay et Veena Daibee prouvent que l’amour, la patience et la foi peuvent triompher des plus grandes épreuves. Le 7 juillet 2007, Vinay et Veena se sont dit «oui» pour la vie. Dix-huit ans plus tard, leur histoire d’amour est couro

Après dix-huit années d’attente, de traitements et de désillusions, Vinay et Veena Daibee ont enfin réalisé leur rêve de devenir parents. À 48 ans, grâce à une fécondation in vitro en Inde, Veena a donné naissance à trois garçons, défiant tous les pronostics.

Pendant dix-huit longues années, Vinay et Shivanee (Veena) Daibee ont vécu avec un rêve silencieux mais tenace : devenir parents. Mariés le 7 juillet 2007 et installés à Plaine-des-Papayes, ils ont traversé les années entre espoirs déçus, traitements médicaux, consultations spécialisées et prières discrètes. Le temps passait, les anniversaires de mariage s’enchaînaient, et la maison restait étrangement silencieuse. Jusqu’au jour où leur destin a basculé grâce à une rencontre médicale décisive. À 48 ans, après un long combat contre l’endométriose, Veena tombe enceinte à la suite d’une fécondation in vitro en Inde. Et contre toute attente, ce ne sera pas un bébé… mais trois petits garçons. Une histoire bouleversante d’amour, de patience et de foi, où la science et le miracle semblent s’être donné rendez-vous.

Leur histoire commence comme beaucoup d’autres à Maurice, mais elle va rapidement prendre une dimension exceptionnelle. Vinay et Veena ne se connaissaient pas. C’est un proche qui, un jour, décide de les présenter. Une rencontre arrangée, presque banale en apparence, mais qui va bouleverser deux vies entières. Dès leurs premiers échanges, quelque chose d’indéfinissable se produit. Une évidence silencieuse. Une connexion immédiate. « Dès le premier regard, il y avait quelque chose de spécial entre nous », confie Veena avec émotion, comme si ce souvenir était encore intact malgré les années. Très vite, les conversations s’enchaînent, les appels deviennent fréquents et les rencontres se multiplient. Vinay découvre une jeune femme passionnée par son métier d’enseignante, profondément humaine. Veena, elle, découvre un homme posé, protecteur, avec une vision très claire de la famille et du respect. Leur relation ne repose pas sur des artifices, mais sur une base solide : l’amitié. « Nous étions d’abord de très bons amis. On pouvait tout se dire sans jugement », raconte Vinay. Peu à peu, cette amitié devient amour, un amour profond, sincère, presque naturel.

Sans grands discours, sans précipitation, les deux comprennent qu’ils veulent construire leur vie ensemble. Le 7 juillet 2007, ils se marient entourés de leurs proches, pleins de rêves et d’espoir pour l’avenir.

Comme beaucoup de jeunes couples, Vinay et Veena imaginent rapidement leur vie future avec des enfants. Ils visualisent les rires dans la maison, les premiers pas, les fêtes de famille, les anniversaires animés. Mais la réalité sera différente. Les mois passent, puis les années, sans grossesse. Chaque cycle devient un mélange d’espoir et de désillusions.

Chaque fête familiale rappelle ce manque invisible mais profondément présent. « Chaque mois, on croyait que c’était peut-être le bon, mais à chaque fois, c’était la déception », raconte Veena avec une grande pudeur.

Malgré la douleur, le couple reste uni. Il explore différentes solutions, suit des traitements, mais les résultats ne viennent pas. Vinay, de son côté, observe la souffrance silencieuse de son épouse sans jamais la laisser affronter cela seule. « Ma priorité, c’était sa santé. Même sans enfant, elle restait ma famille », affirme-t-il avec fermeté. Le temps passe et Veena continue sa vie professionnelle comme enseignante puis Deputy Head Teacher. Entourée d’enfants toute la journée, elle donne, enseigne, console, encourage. Mais une fois rentrée chez elle, le contraste est brutal : le silence, l’absence, le vide. « J’aimais mes élèves comme mes propres enfants, mais au fond de moi, je portais un manque que personne ne voyait », confie-t-elle. Les fêtes des Mères deviennent particulièrement difficiles. Noël aussi. Chaque moment joyeux du calendrier devient une épreuve discrète.

Le tournant médical de 2020

En 2020, la vie du couple prend un tournant décisif. Veena souffre de complications liées à l’endométriose, une maladie gynécologique douloureuse et souvent handicapante. C’est à ce moment qu’ils rencontrent le Dr Veyasen Pyneeandee, qui entreprend un suivi médical approfondi. Pendant plusieurs mois, Veena suit un traitement rigoureux. Elle a été opérée de ses fibromes et de son endométriose. Son état de santé s’améliore progressivement et, pour la première fois depuis longtemps, une lueur d’espoir réapparaît. Une fois son état de santé stabilisé, le médecin leur pose alors une question qui va tout changer. Il leur demande simplement s’ils souhaitent encore avoir un enfant. La question les déstabilise.

Après tant d’années d’attente, ils avaient commencé à se résigner. « On se disait que c’était peut-être trop tard pour nous », explique Vinay. Mais quelque chose résiste en eux. Une petite flamme. Un désir enfoui. Après réflexion, ils décident de tenter une dernière chance. Une dernière tentative, sans trop d’attentes, mais avec une foi intacte.

En octobre 2025, Vinay et Veena se rendent en Inde pour une fécondation in vitro. Le voyage est chargé d’émotions contradictoires : espoir, peur, fatigue émotionnelle, mais aussi une forme de paix. Ils ont appris à ne plus trop attendre pour ne pas souffrir davantage. Mais cette fois, tout va changer très vite. Dès la première tentative, le résultat est positif.

Veena est enceinte. L’émotion est immédiate. Les larmes aussi. « On n’arrivait pas à y croire, on a pleuré comme des enfants », raconte Vinay. Mais le véritable choc arrive quelques semaines plus tard lors des examens de suivi. Le couple apprend que ce n’est pas un bébé qu’il attend, mais trois. Trois garçons. Trois vies. Trois miracles. « On est restés silencieux pendant plusieurs minutes. On ne savait même pas quoi dire », se souvient Veena. Pour eux, il ne s’agit plus seulement de médecine. C’est un signe. Une réponse à des années de prières.

La grossesse de Veena n’est pas simple. À 48 ans, et avec des triplés, son médecin surveille chaque étape avec une grande prudence. Malgré la joie, l’inquiétude est constante. Chaque rendez-vous médical devient un moment crucial.

Chaque échographie, un soulagement temporaire. Puis survient un événement dramatique. Le 2 mai, Veena fait une chute. Quelques instants plus tard, elle perd les eaux. L’urgence est absolue. Elle est transportée rapidement à la clinique où le médecin décide de procéder à une césarienne en urgence pour sauver la mère et les enfants. Quelques heures plus tard, trois petits garçons viennent au monde. Mais leur naissance est prématurée. Les nouveau-nés sont immédiatement placés en soins intensifs, entre l’hôpital Jeetoo et celui de Rose-Belle. Pour les parents commence alors une nouvelle épreuve, différente mais tout aussi intense.

Les jours qui suivent sont marqués par l’angoisse, l’attente et la foi. Vinay partage son temps entre sa femme et ses enfants hospitalisés. Chaque progrès, même minime, est vécu comme une victoire immense. « Quand j’ai vu mes fils pour la première fois, j’ai compris que tout ce que nous avions traversé avait enfin un sens », dit-il, la voix serrée. Veena, elle, vit ce moment avec une intensité difficile à décrire. Après des années à attendre, elle devient mère de trois enfants en même temps. Mais au lieu du calme attendu, c’est la fragilité des débuts qui domine. Les machines, les soins et les alarmes médicales font partie de leur quotidien temporaire.

Une maison enfin remplie de vie

Aujourd’hui, la maison de Plaine-des-Papayes n’a plus rien à voir avec celle des années de silence. Les pleurs de bébés ont remplacé le vide. Les nuits sont courtes, mais pleines de sens. Les repas sont chaotiques, mais heureux. « Avant, on rentrait dans une maison silencieuse. Aujourd’hui, même la fatigue a un goût de bonheur », sourit Veena. Les fêtes ne sont plus les mêmes. Noël, la fête des Mères, les anniversaires… tout est désormais vécu différemment. Et surtout, à trois.

« Ne jamais abandonner » 

Veena, devenue mère à 48 ans, souhaite aujourd’hui transmettre un message fort à toutes les femmes qui traversent des difficultés similaires. « Je veux dire à toutes celles qui attendent encore : ne perdez jamais espoir. Je sais ce que c’est de souffrir en silence, de douter, de croire que cela n’arrivera jamais. Mais la vie peut surprendre. Il ne faut jamais abandonner. » Vinay, lui, regarde ses trois fils comme une réponse à des années de patience. « Nous avons attendu un enfant pendant 18 ans. Aujourd’hui, nous en avons trois. C’est plus que ce que nous pouvions imaginer. »

Parfois, la vie prend du temps pour offrir ce qu’elle a de plus précieux. Vinay et Veena Daibee n’ont pas seulement eu des enfants. Ils ont reçu une renaissance. Trois fois.

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