Approvisionnement pétrolier pour Maurice : le Premier ministre et Modi en quête d’une solution alternative
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Réduire la dépendance au Moyen-Orient : tel est l’objectif affiché par Navin Ramgoolam, qui dit travailler avec l’Inde à une nouvelle option d’approvisionnement. Le Premier ministre a confirmé, mercredi, qu’il avait engagé des discussions avec son homologue indien Narendra Modi afin d’identifier une solution durable pour l’approvisionnement de Maurice en produits pétroliers, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient.
Selon le chef du gouvernement, la question énergétique a été abordée directement avec New Delhi lors de récents échanges diplomatiques. « J’ai reparlé avec Narendra Modi de ce problème de fourniture de carburants. Il nous a informés qu’il verra si nous pouvons avoir une autre source d’approvisionnement », a-t-il déclaré au Défi Quotidien, mercredi.
L’objectif affiché est de diversifier les sources d’importation afin de réduire la dépendance du pays à l’égard du Moyen-Orient, alors que la situation géopolitique dans cette région demeure instable. « Si nous obtenons une autre source, nous ne dépendrons pas du Moyen-Orient pour avoir des produits pétroliers », a précisé Navin Ramgoolam.
Le Premier ministre a toutefois reconnu que la piste indienne, notamment à travers la raffinerie Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd (MRPL), aurait constitué une option privilégiée. Maurice avait en effet bénéficié pendant plus d’une décennie d’un contrat exclusif entre la State Trading Corporation (STC) et MRPL, entamé en 2006 et renouvelé tous les trois ans.
Ce partenariat reposait sur un mécanisme de prix basé sur les références internationales Platts, auquel s’ajoutait une prime négociée. Il offrait également un avantage logistique notable, la proximité de Mangalore permettant un délai d’acheminement d’environ huit jours vers Maurice.
Cependant, Navin Ramgoolam a affirmé que MRPL se montrait aujourd’hui très réticente à retravailler avec Maurice, à la suite de la résiliation du contrat intervenue sous l’ancien gouvernement. « Ils ne veulent pas entendre parler de Maurice suite à ce que l’ancien gouvernement a fait », a-t-il soutenu, évoquant la rupture d’un accord, « pourtant conclu de gouvernement à gouvernement ».
Selon lui, après la fin du contrat avec MRPL en 2019, l’approvisionnement aurait été confié à des entités basées au Moyen-Orient, avec l’intervention d’intermédiaires. « Après avoir rompu le contrat avec Mangalore, ils ont donné le contrat à des entités au Moyen-Orient et ont mis des intermédiaires qui ont touché des commissions, et c’est le peuple qui paie pour cela. On fera la lumière sur cela », a-t-il déclaré.
La fin du contrat avec MRPL s’inscrivait alors dans une volonté de recourir à des appels d’offres internationaux afin d’obtenir des conditions tarifaires jugées plus compétitives. Le contrat initial, renouvelé notamment en 2010 pour une valeur estimée à 22 milliards de roupies, portait sur l’approvisionnement de plus de sept produits pétroliers.
Navin Ramgoolam a insisté sur la nécessité de sécuriser les livraisons tout en garantissant le meilleur prix possible pour les consommateurs mauriciens. Face à la volatilité des marchés énergétiques et aux incertitudes géopolitiques, la diversification des partenaires apparaît désormais comme une priorité stratégique pour Port-Louis.