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Appel dans l’affaire Boskalis : la complicité de Prakash Maunthrooa évoquée

Prakash Maunthrooa

L’appel de Prakash Maunthrooa dans l’affaire Boskalis a été entendu le mardi 2 mars 2021 en Cour suprême. Il conteste la sentence de neuf mois de prison que lui a infligée la Cour intermédiaire après qu’il a été condamné pour entente délictueuse. Les plaidoiries se poursuivent ce mercredi 3 mars 2021.

«Very good and very structured judgment. » Ce sont les termes utilisés le mardi 2 mars 2021 en Cour suprême par Me Rashid Ahmine, Deputy Director of Public Prosecutions (DPP), pour qualifier le verdict de culpabilité prononcé dans le cadre de l’affaire Boskalis contre Siddick Chady et Prakash Maunthrooa. Lequel avait été rendu le 13 novembre 2019 en Cour intermédiaire. 

Me Rashid Ahmine a soutenu que la magistrate Wendy Rangan, qui avait prononcé ce verdict, avait fait mention de tous les témoignages des personnes ayant déposé dans le sillage de l’affaire. L’adjoint au DPP n’y est pas allé de main morte. Il a évoqué la rencontre secrète entre Pieter Boer, représentant de Boskalis, et Siddick Chady, ex-président de la Mauritius Ports Authority (MPA) en 2006 au domicile de ce dernier. 

Rencontre organisée par Prakash Maunthrooa dans le but de faciliter le paiement d’un pot-de-vin à Siddick Chady. Pour Me Rashid Ahmine, l’arrangement de cette réunion relève d’un acte de complicité qui est un délit. 

« S’il n’y avait rien de louche, il (Siddick Chady ; NdlR) aurait dû leur dire de venir le rejoindre à son bureau, pas dans sa maison… » a martelé le Deputy Director of Public Prosecutions. Il a fait ressortir que toute cette affaire tourne autour de la corruption. D’autant que Prakash Maunthrooa et Siddick Chady n’étaient pas de simples citoyens mais qu’ils occupaient des postes à responsabilités. 

« Réunion au domicile de Siddick Chady »

L’adjoint au DPP s’est appuyé sur le témoignage de Raymond Lagesse. Ce dernier avait relaté avoir contacté Prakash Maunthrooa en avril 2006 à la demande de Pieter Boer pour comprendre le processus à la MPA. 

De plus, le témoin avait déclaré avoir conduit Prakash Maunthrooa et Pieter Boer au domicile de Siddick Chady à trois reprises. Raymond Lagesse avait donné une description de la maison de ce dernier. Me Rashid Ahmine a également évoqué l’aparté de quelques minutes qu’ont eu Siddick Chady et Pieter Boer durant la rencontre. 

Me Antoine Domingue, Senior Counsel représentant Prakash Maunthrooa, a plaidé sur les points d’appel de son client. Il a d’abord argué que la magistrate a erré en concluant qu’il y avait des preuves circonstancielles prouvant le « mens rea » de son client. Pour l’homme de loi, les preuves circonstancielles dont fait mention Wendy Rangan ne conduisent en aucun cas à un verdict de culpabilité de son client ou encore moins à une « participation intentionnelle ». 

Dans ses points d’appel, Prakash Maunthrooa avait aussi avancé que la peine de neuf mois de prison était « disproportionnée » en raison des circonstances entourant cette affaire. Les plaidoiries dans le cadre de l’appel de Prakash Maunthrooa se poursuivent ce mercredi 3 mars 2021 devant les juges Nirmala Devat et Karuna Devi Gunesh-Balaghee.

Les deux ex-cadres de la MPA avaient écopé de neuf mois de prison 

Siddick Chady était poursuivi en Cour intermédiaire sous six accusations de « public official using his office for gratification ». Prakash Maunthrooa était, lui, poursuivi sous trois accusations de « aiding and abetting the author of a crime » dans l’allocation d’un contrat à la firme néerlandaise Boskalis International en 2006 pour des travaux de dragage au port. 

Le coût de ces travaux avait été estimé à Rs 439 millions. Les deux anciens cadres de la MPA avaient tous deux plaidé non coupable. Le 13 novembre 2019, Siddick Chady avait été jugé coupable sous une accusation de « public official using his office for gratification », les cinq autres ayant été rayées. 

Prakash Maunthrooa avait, pour sa part, était reconnu coupable de complicité, les deux autres chefs d’accusation ayant été rayés. Le 21 novembre 2019, ils avaient été condamnés à neuf mois de prison chacun. Ils avaient tous deux fait appel. Le bureau du DPP avait également fait appel contestant la sentence de la Cour intermédiaire et la qualifiant d’« indulgente ».

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