Interview

Anwar Husnoo : «Le service de dialyse sera bientôt étendu aux principaux hôpitaux»

Le nombre de personnes souffrant de problèmes rénaux et qui ont besoin de traitements réguliers est en hausse à Maurice. En marge de la Journée mondiale du rein observée ce jeudi 9 mars, le ministre Anwar Husnoo indique que le service de dialyse sera étendu aux principaux hôpitaux du pays.

Le nombre de personnes souffrant d’insuffisance rénale et qui ont besoin de séances de dialyse régulièrement est en hausse. Quel est votre constat de la situation ?

Nous avons constaté qu’il y a une progression rapide et forte au niveau des chiffres portant sur les Mauriciens effectuant la dialyse dans les centres de santé publique. Si dans les années 2000 nous comptions 493 patients, il y en a aujourd’hui plus de 1 260.

« Le budget du ministère pour les ‘Renal Dialysis Services’ dépasse
les centaines de millions de roupies par an. »

Avec la prévalence des maladies chroniques non transmissibles et une population vieillissante, on s’attend à ce que ce chiffre passe à 1 500, voire 1 600 au cours des deux prochaines années. Je tiens à préciser que la dialyse est uniquement une mesure préventive. Elle comporte aussi des risques de complications plus élevées pour les patients, alors qu’une transplantation peut leur permettre de mener une vie normale.

Il a été annoncé, lors de la présentation du Budget l’année dernière, qu’une nouvelle salle de dialyse devait être aménagée à l’hôpital Dr. A.G. Jeetoo et des unités pour un tel traitement dans divers hôpitaux. Où en sont ces projets ?
Ils avancent dans la bonne direction. Durant la visite que j’ai effectuée à l’hôpital Jeetoo le dimanche 5 mars, j’ai pu me renseigner sur l’avancement des travaux en cours. Il faut rappeler qu’il existe déjà une unité de dialyse dans cet établissement. Elle est équipée de 22 appareils. L’aménagement d’une seconde unité est en cours, vu que le nombre de patients est en hausse. Elle disposera, elle, de 25 appareils additionnels. Le processus pour l’acquisition de ces équipements a déjà été enclenché. Quant aux travaux d’infrastructure, ils sont en cours. Nous espérons que la nouvelle unité sera opérationnelle d’ici quelques mois. Nous travaillons aussi sur la mise sur pied d’une nouvelle unité de dialyse à l’hôpital de Montagne-Longue. Elle devrait être opérationnelle d’ici l’année prochaine. Le ministère des Infrastructures publiques travaille sur sa conception.

Combien le ministère de la Santé dépense-t-il pour le traitement de la dialyse ?
Nous dépensons énormément pour les patients qui ont besoin de séances de dialyse. Le budget annuel du ministère pour les Renal Dialysis Services dépasse les centaines de millions de roupies. Je souligne que le ministère met un service de transport gratuit, disponible dans tous nos hôpitaux, à la disposition des patients qui ne peuvent pas se déplacer pour effectuer leur dialyse.

« Rein et obésité : une vie saine pour des reins sains. » C’est le thème choisi cette année dans le cadre de la Journée mondiale du rein. Un commentaire, vu l’incidence des maladies non transmissibles chroniques à Maurice ?
D’abord un mot par rapport à la situation dans le monde. Selon la National Kidney Foundation, qui est basée à New York et dont l’objectif est de sensibiliser, de prévenir et de traiter ceux atteints de maladies rénales, une personne sur dix dans le monde est affectée par l’insuffisance rénale chronique. Cette organisation souligne que plusieurs millions de gens meurent chaque année parce qu’ils n’ont pas accès aux traitements appropriés. 

La situation est différente à Maurice. Nous offrons des traitements, des appareils efficaces et des médecins compétents. Mais nous avons noté que le nombre de patients souffrant de problèmes rénaux et nécessitant la dialyse ne cesse de croître d’année en année.

Comme je l’ai dit au départ, nous sommes passés de 493 patients dans les années 2000 à 1 260 aujourd’hui. Et selon les prévisions, ce chiffre va encore grimper dans les prochaines années. Cela doit nous interpeller.

Le diabète et l’hypertension sont deux causes principales conduisant les patients à devoir subir la dialyse. Ces maladies chroniques non transmissibles affectent plus de 20 % de la population mauricienne, notamment ceux âgés de plus de 40 ans. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Environ 250 000 personnes souffrent de diabète et 250 000 autres sont des pré-diabétiques à Maurice. En ce qui concerne l’hypertension, cela affecte environ 200 000 personnes dans le pays.

Il est impératif que nous commencions à faire attention à notre santé, parce que de simples négligences peuvent affecter notre vie à tout jamais, dont des problèmes rénaux. Nous devons également prendre des précautions dès maintenant, comme avoir un meilleur contrôle sur nos habitudes alimentaires, perdre du poids si nécessaire et pratiquer régulièrement de l’exercice.

Il nous faut diminuer le recours aux engins mécaniques pour nous déplacer et favoriser l’usage de vélos ou encore pratiquer la marche. Ces gestes quotidiens peuvent contribuer à nous donner une meilleure santé. Le respect du dosage et l’utilisation des médicaments est aussi un élément important.

Un consensus avait été trouvé l’année dernière, lors du dernier colloque sur la « Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Act 2006 ». Votre prédécesseur devait présenter les amendements à cette loi à la rentrée parlementaire afin d’étendre la possibilité du don d’organes à d’autres personnes qu’aux membres de la même famille et de permettre des prélèvements cadavériques. Où en est-on avec ce dossier ?
Je peux vous confirmer que le ministère continue à travailler sur ce dossier. L’atelier de travail sur la Human Tissue Act de 2006, qui a eu lieu l’année dernière, a été très positif. Tout le monde a montré un vif intérêt pour le sujet, que ce soit pour étendre la possibilité du don d’organes à d’autres personnes que les membres de la famille ; de faire des prélèvements cadavériques ; et d’introduire d’autres transplantations d’organes, notamment le poumon, le foie et le cœur.

Quel message souhaitez-vous adresser en cette Journée mondiale du rein ?
Prévenons le diabète et l’hypertension qui nuisent à notre santé. Un patient qui souffre d’un problème rénal est un cas de trop.

 

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