Ankush Aubeeluck, 25 ans : quatorze ans de marche avec Shiva

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Publié le: 8 février 2026 à 14:30
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Ankush Aubeeluck (au fond) et deux membres de son groupe, unis par la même foi et le même engagement.

À 25 ans, Ankush Aubeeluck confectionne depuis quatorze ans le kanwar avec le même groupe de Camp-de-Masque-Pavé. Une constance rare dans une pratique exigeante, faite de discipline, de sacrifices et de foi en Shiva. 

ÀCamp-de-Masque-Pavé, la cour familiale des Aubeeluck s’anime comme chaque année à l’approche du Maha Shivaratree. Entre les bambous, les tissus colorés, les décorations minutieusement choisies et les prières murmurées, une même énergie revient, fidèle, constante. Au cœur de cette préparation, Ankush Aubeeluck, 25 ans, porte une fidélité peu commune.

« J’étais encore à l’école primaire quand j’ai commencé. Depuis, je n’ai jamais arrêté. Chaque année, sans exception, on est là. » Quatorze ans qu’il participe à la confection du kanwar avec le même groupe de la région. Quatorze ans que les mêmes visages se retrouvent dans cette cour, portés par la même dévotion envers le dieu Shiva. D’autres jeunes se sont ajoutés au fil du temps, attirés par l’esprit qui se dégage de cette préparation collective. « Nous sommes un noyau solide. On a grandi ensemble dans la foi. Et quand d’autres jeunes veulent se joindre à nous, on les accueille avec le cœur », explique Ankush.
Pour lui et son groupe, le kanwar n’est pas un simple objet porté lors du pèlerinage. C’est une offrande vivante, un symbole de foi, de discipline et de respect. « Chaque bambou, chaque décoration a une signification. Rien n’est laissé au hasard », insiste-t-il. 

Cette année, la construction a débuté le 15 janvier. Plusieurs semaines de préparation intense, de réunions où l’on discute longuement des couleurs, des motifs, de l’équilibre du kanwar. « On choisit chaque élément avec beaucoup de soin. » Le groupe respecte scrupuleusement les nombres sacrés, les dimensions, mais aussi les règlements mis en place par les autorités. « La foi va toujours de pair avec le respect. Respect des règles, respect des autres, respect de soi », souligne-t-il.

La date est gravée dans tous les esprits : le 10 février, jour où ils prendront la route en direction du Ganga Talao. « Ce jour-là, l’émotion est indescriptible. On se prépare physiquement, mais surtout mentalement et spirituellement », confie Ankush. Pour lui, le Maha Shivaratree dépasse largement le cadre du rituel annuel. « Quand on marche avec le kanwar, on oublie tout. La fatigue, les problèmes, le bruit du monde. Il ne reste que la foi », dit-il.

Il voit ce pèlerinage comme une façon de remercier. « C’est ma manière de remercier le dieu Shiva pour tout ce qu’il a fait pour moi, pour ma famille, pour ma vie », explique-t-il simplement. Un sentiment partagé par tous les membres du groupe. « Chacun a ses raisons, ses prières, ses remerciements. Mais on avance ensemble. »

À 25 ans, Ankush assume pleinement son rôle auprès d’autres jeunes. « Je veux dire aux jeunes qu’il ne faut pas avoir honte de sa foi. Participer au kanwar, c’est une richesse, pas un fardeau. » Il encourage ceux qui hésitent à franchir le pas. « Même si on commence petit, même si on ne sait pas tout, on apprend. L’important, c’est l’intention et la sincérité », affirme-t-il.

À Camp-de-Masque-Pavé, le kanwar d’Ankush et de son groupe ne représente pas seulement un acte religieux. Il est le symbole d’une foi transmise, d’une jeunesse engagée et d’un lien maintenu avec le sacré. « Tant que Dieu me donnera la force, je continuerai. C’est une promesse que je fais à Shiva, et à moi-même », conclut Ankush.

Le 10 février, sur la route menant à Ganga Talao, ils seront nombreux à marcher. Mais pour Ankush Aubeeluck et son groupe, chaque pas sera une prière, chaque souffle un remerciement.

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