Mise à jour: 26 janvier 2026 à 12:30

Anil Gayan : «Tout dépendra de ce que Donald Trump veut faire»

Par Le Défi Quotidien
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Anil Gayan, ancien ministre.

Pour Anil Gayan, ancien ministre et observateur averti de la scène internationale, l’évolution du dossier des Chagos dépend désormais largement d’un facteur central : la volonté politique de Donald Trump. « Ma lecture de la situation démontre qu’on cherche un prétexte pour un unravelling du traité », avance-t-il, estimant que la posture américaine est désormais sans ambiguïté. Washington, selon lui, n’est pas disposé à faire des compromis lorsqu’il s’agit de sécurité stratégique.

« Donald Trump montre clairement que son pays est d’une puissance inégalable », affirme Anil Gayan, invitant à observer la manière dont les États-Unis traitent leurs alliés européens. « Certains pays n’ont pas d’autre choix que de se soumettre, faute de quoi ils perdraient le soutien américain en matière de sécurité », ajoute-t-il. Une logique de contrainte qui, selon lui, explique pourquoi le dossier des Chagos est aujourd’hui instrumentalisé dans un cadre géopolitique plus large, où les principes juridiques passent au second plan.

Anil Gayan estime par ailleurs que le gouvernement mauricien a sous-estimé la complexité et la brutalité du contexte international. « Le gouvernement a pensé que tout serait facile après la signature, mais non », dit-il, tout en pointant l’absence de prise de position publique claire du Premier ministre sur un dossier d’une telle ampleur. Avec le gel du texte de loi, il appelle désormais à la patience, tout en se montrant pessimiste sur l’issue. « Maintenant que le texte de loi a été gelé, nous devons être patients », conclut-il, qualifiant la situation d’inquiétante et soulignant que les développements à venir dépendront largement des choix stratégiques de Washington et de Londres.

À ce stade, une chose est claire : le dossier des Chagos est entré dans une phase critique. Entre reconnaissance juridique, pressions sécuritaires et jeux d’alliances internationales, l’avenir du traité dépend désormais moins des principes que de l’évolution du rapport de force entre les grandes puissances.

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