Anévrismes aortiques : Avantages des procédures hybrides

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 28 janvier 2026 à 12:00
Image
rajesh
Le Dr Rajesh T. R, directeur et chirurgien cardiothoracique vasculaire à KIMS Hospitals, lors du Medical Camp à Maurice qui s’est tenue à Ocean’s Creek.

Présent à Maurice le week-end dernier lors d’un Medical Camp et de la signature d’un MoU entre l’Aaleemee Society et KIMS Hospitals de Bangalore, le Dr Rajesh T.R. a évoqué les avancées médicales. Le directeur et chirurgien cardiothoracique vasculaire a expliqué le rôle clé des procédures hybrides dans le traitement des anévrismes aortiques.

Qu’est-ce qu’un anévrisme aortique et quels sont ses principaux facteurs ?
Les anévrismes aortiques sont des dilatations de l’aorte, c’est-à-dire l’artère principale par laquelle l’entière quantité de sang qui sort du cœur est pompée sur l’ensemble du corps. Lorsque les anévrismes se dilatent, cela peut causer beaucoup de complications. 

Des caillots peuvent se former à l’intérieur de l’anévrisme et se détacher, obstruant alors des vaisseaux sanguins essentiels plus loin. L’anévrisme peut également se dilater et comprimer les structures vitales voisines. Dans certains cas, il peut se rompre partiellement ou complètement, entraînant un risque potentiellement fatal.

L’anévrisme aortique est un problème très commun, et peut impliquer n’importe quelle partie de l’aorte, soit dans la cavité thoracique, soit dans la cavité abdominale.

La cause la plus commune des anévrismes aortiques est l’athérosclérose (ndlr : accumulation de plaques de graisse et de cholestérol dans les parois des artères, qui les rétrécit et les durcit progressivement). Le même processus de maladie peut provoquer des blocages dans l’artère, ce qui est communément appelé des blocages dans l’artère. Les autres causes les plus courantes sont les troubles connectifs, comme le syndrome de Marfan.

Face aux anévrismes aortiques mortels, le Dr Rajesh T.R. de KIMS Hospitals a dévoilé à Maurice comment les approches hybrides peuvent sauve des vies.

Pourquoi recommander une procédure hybride plutôt qu’une chirurgie ouverte ou une réparation endovasculaire standard ?
La procédure hybride est un modèle plus nouveau pour le traitement des problèmes d’anévrisme aortique. Elle associe un bypass chirurgical des branches critiques de l’aorte à la pose endovasculaire de stents, une technique minimalement invasive. Cette approche permet de traiter efficacement les pathologies aortiques tout en réduisant les risques opératoires.
L’avantage de la procédure hybride est qu’elle combine les bénéfices de la chirurgie et des techniques endovasculaires. Elle permet ainsi de réduire les risques associés à une chirurgie ouverte majeure tout en contournant les limites des procédures endovasculaires. C’est une approche qui offre le meilleur des deux méthodes pour traiter efficacement l’anévrisme aortique.

Quels sont les objectifs de l’approche hybride dans ce cas précis ?
L’objectif de la procédure hybride est de traiter les anévrismes aortiques chez les patients à risque pour une chirurgie ouverte ou dont l’anatomie complexe rend la procédure endovasculaire complète inadaptée. Cette approche offre un compromis, permettant de corriger le problème tout en réduisant les risques. Elle constitue ainsi une solution sécurisée et efficace pour ces cas difficiles.

Y a-t-il des traitements alternatifs, et comment leurs risques/avantages se comparent-ils ?
Les alternatives à la procédure hybride sont la procédure complète de chirurgie ouverte et la procédure complète endovasculaire. La procédure complète de chirurgie ouverte est le standard clé, mais à cause de sa nature majeure, il y a beaucoup de morbidité et de mortalité impliquées dans la procédure de chirurgie ouverte.

L’anévrisme aortique est souvent observé chez des personnes âgées ou présentant un anévrisme à haut risque, parfois associé à d’importantes dysfonctions organiques, notamment cardiaques, pulmonaires ou rénales. Dans ces conditions, une chirurgie ouverte complète n’est pas toujours une option appropriée.

L’autre option est la procédure entièrement endovasculaire, une technique minimalement invasive qui consiste à introduire des stents par cathéter jusqu’à la zone de l’anévrisme pour les y déployer. Toutefois, cette approche présente des limites : lorsque l’anévrisme touche un segment critique de l’aorte d’où émergent des branches essentielles, l’endovasculaire ne peut être utilisé, car il exclurait ces branches de la circulation.

Ainsi, lorsqu’une branche importante de l’aorte prend naissance dans cette zone, elle risque également d’être exclue, compromettant l’irrigation de l’organe qu’elle alimente. C’est là l’une des principales limites des procédures entièrement endovasculaires.

Le but de la procédure hybride est d’être en mesure de traiter l’anévrisme aortique dans les patients qui sont autrement à risque pour la procédure de chirurgie ouverte.

Quelle est l’urgence de l’intervention ?
En réalité, les interventions hybrides conviennent également aux situations d’urgence. Dans certains cas, l’état de santé ne permet pas de supporter une chirurgie ouverte majeure et complète.

Dans ces situations, la procédure hybride permet de réduire la morbidité en combinant, dans un premier temps, un contournement chirurgical des branches concernées, puis une intervention minimalement invasive. Cette approche se révèle particulièrement adaptée aux urgences liées aux anévrismes aortiques.

La procédure hybride peut-elle se faire à Maurice, ou les patients devront-ils se déplacer au KIMS Hospital ?
Les procédures hybrides sont des traitements de pointe qui requièrent une approche multidisciplinaire et une infrastructure hospitalière complète et sophistiquée.  Pour l’instant, ce traitement est disponible à Bangalore, à l’hôpital KIMS en Inde.
Toutefois, à la longue, nous allons faire un effort pour mettre en place ce genre de facilités et le rendre disponible à l’hôpital pour les patients à Maurice également.

Publicité
À LA UNE
defi quotidien