Amnesty International : l’impunité internationale alimente l’annexion illégale de la Cisjordanie par Israël
Par
Defimedia.info
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L’inaction de la communauté internationale face aux violations répétées du droit international par Israël en Cisjordanie occupée a contribué à rendre l’annexion du territoire palestinien « irréversible », affirme .
Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation de défense des droits humains estime que l’impunité dont bénéficie Israël auprès des grandes puissances a encouragé le gouvernement d’extrême droite de à accélérer les politiques de dépossession des Palestiniens en Cisjordanie, selon un article publié par Al Jazeera le 26 février 2026.
Selon Erika Guevara-Rosas, directrice des recherches, du plaidoyer et des campagnes à Amnesty, « le soutien inconditionnel du gouvernement américain, conjugué à l’absence quasi totale de reddition de comptes pour le génocide contre les Palestiniens à Gaza, des décennies de crimes liés à l’occupation illégale et au système d’apartheid, a enhardi Israël à intensifier ses actions illégales ».
L’organisation dénonce la formalisation des accaparements de terres, l’expansion des colonies et les violences de colons soutenues par l’État, qu’elle qualifie d’illustration de « l’échec catastrophique » de la communauté internationale à agir. Elle souligne que certains États ont refusé d’utiliser des leviers tels que la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
La Cisjordanie est occupée par Israël depuis la guerre de 1967. Depuis lors, le territoire palestinien s’est fragmenté avec la construction de centaines de colonies israéliennes, jugées illégales au regard du droit international.
Depuis la guerre déclenchée en octobre 2023 après l’attaque menée par le Hamas dans le sud d’Israël, le nombre de colonies et d’avant-postes s’est accru. La population de colons israéliens en Cisjordanie dépasse désormais le demi-million.
Parallèlement, les raids de l’armée israélienne, les démolitions d’habitations et les arrestations ont atteint des niveaux sans précédent, tandis que des colons mènent des attaques contre des Palestiniens, souvent avec le soutien des forces de sécurité, selon Amnesty. D’après les dernières données des Nations unies, au moins 1 094 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis octobre 2023.
La semaine dernière, le a averti dans un rapport que les politiques israéliennes en Cisjordanie, notamment « l’usage systématique et illégal de la force » et les démolitions de maisons palestiniennes, visent à déraciner les communautés palestiniennes. Le rapport évoque un risque de « nettoyage ethnique » à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Amnesty dresse également une liste de mesures adoptées depuis décembre 2025 :
- Le 10 décembre 2025, l’Autorité foncière israélienne a lancé un appel d’offres pour 3 401 logements dans la zone E1, à l’est de Jérusalem, afin d’étendre la colonie de Ma’ale Adumim et de la relier à Jérusalem-Est occupée, ce qui scinderait la Cisjordanie en deux.
- Le 11 décembre 2025, le cabinet de sécurité israélien a approuvé la création de 19 nouvelles colonies, portant à 68 le nombre validé par la coalition actuelle en trois ans, pour un total d’environ 210 colonies officielles.
- Le 5 janvier 2026, l’administration civile israélienne a classé 694 dunams de terres appartenant aux localités palestiniennes de Deir Istiya, Biddya et Kafr Thulth comme « terres d’État ».
- Le 8 février 2026, le cabinet de sécurité a approuvé une série de mesures élargissant les pouvoirs israéliens en Cisjordanie, notamment en facilitant la vente de terres palestiniennes à des colons et en renforçant l’autorité israélienne dans des zones sous contrôle palestinien.
Le 15 février 2026, le gouvernement israélien a adopté une décision assimilée à une annexion au regard du droit israélien, en allouant plus de 244 millions de shekels pour mettre en place un mécanisme d’enregistrement foncier en zone C, transférant cette compétence au ministère israélien de la Justice.
Ces mesures interviennent malgré un avis rendu en 2024 par la , estimant que l’occupation israélienne est illégale et doit cesser « dans les plus brefs délais », y compris par le démantèlement des colonies. L’an dernier, l’Assemblée générale de l’ONU avait fixé à septembre 2025 l’échéance pour mettre fin à l’occupation.
« Au lieu de s’y conformer, Israël a trouvé de nouveaux moyens de violer le droit international, consolidant son occupation illégale et son système d’apartheid, tandis que la communauté internationale se contente, au mieux, de déclarations de principe », conclut Erika Guevara-Rosas.
Source : Al Jazeera