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Amendements controversés votés au Parlement : l’opposition réitère son engagement à révoquer l’IBA Act

La Plateforme pour la liberté d’expression a tenu une conférence de presse jeudi à l’hôtel Le Suffren. Le but : s’insurger contre les amendements à l’Independent Broadcasting Authority Act qui ont été votés et qui ont reçu l’assentiment du président de la République. Les représentants des leaders des partis de l’opposition ont réitéré l’engagement de ces derniers à révoquer cette loi s’ils arrivent au pouvoir.

Bruneau Laurette, leader de Linion Sitwayen : «Ensemble, nous serons toujours plus forts» 

« La vitesse à laquelle cette loi a été votée suscite beaucoup d’interrogations. Quel intérêt ? Quelles motivations ? Ce gouvernement essaie de nous priver de toute forme de liberté : liberté d’expression, liberté d’information, liberté de revendication… donc tous les droits garantis dans la Constitution. Il veut s’imposer afin de museler la presse en utilisant les institutions à sa guise. Je lance donc un appel une nouvelle fois à la population mais aussi aux membres de la presse pour qu’ils nous apportent leur soutien. C’est le combat de tous et ensemble, nous serons toujours plus forts. »


Neena Ramdenee, du Mouvement Patriotique :  «Nous restons unis» 

neena« Je tiens à rappeler l’importance des femmes dans cette lutte. Nou travay kouma bann fourmi derier. Sans elles, il y aurait eu beaucoup de difficultés. Je me demande si le Premier ministre est un bon père de famille, surtout pour la nation mauricienne. A-t-il écouté la voix du peuple ? Pas du tout. C’est déplorable. Choisir de faire voter une loi de cette façon n’est pas un signe de force mais de faiblesse. Nous avons un Premier ministre dangereux. Mark my words ! Si nous restons unis comme nous le sommes aujourd’hui, il ne pourra pas revenir. Quant au président de la République, il a raté une occasion de marquer l’histoire. Comme tous ces députés qui ne pourront plus se regarder dans un miroir… », s’est exprimée la secrétaire générale du Mouvement Patriotique et membre de la Plateforme pour la liberté d’expression. 


Ajay Gunness remercie le PM d’avoir soudé l’opposition 

ajayLe secrétaire général du MMM, qui représentait son leader, a promis de « révoquer l’IBA Act avec tous les amendements qui vont à l’encontre des libertés, que ce soit celles de la presse ou de la population ». Sur un ton ironique, il a remercié « le Premier ministre qui a réussi à unir toute l’opposition ». 

Il a ajouté que le MMM soutiendra toute démarche visant à contester cette loi en Cour suprême : « Au niveau de notre parti, on envisage de contester officiellement ces amendements et de demander de les révoquer. » 

Ajay Gunness a souligné que le judiciaire reste le seul rempart contre ce gouvernement. « Car au MMM nous combattons la fraude et la corruption et nous défendons la démocratie, contrairement au MSM. C’est regrettable que ce soit pareil au Réduit et au Sun Trust », a-t-il conclu. 


Roshan Kulpoo, du Rassemblement Mauricien : «Étouffer la voix des citoyens n’aide pas un pays à progresser»

roshan« Beaucoup de combats ont été menés depuis l’indépendance de Maurice afin que nous vivions dans la dignité, le respect mutuel et l’unité nationale, pour que notre droit à l’expression ne soit pas bafoué… En 2021, cela ne devrait pas être difficile pour un gouvernement, quand il a des lois à faire voter, de prendre en considération ce que dit la Constitution et de proposer un référendum afin de voir ce que le peuple veut, que ce soit pour les amendements à l’IBA Act ou pour ce qui a trait à la cybersécurité. Étouffer la voix des citoyens n’aide pas un pays à progresser. Bien au contraire, c’est un obstacle à l’unité nationale », estime l’expert financier. 


Ivor Tan Yan, activiste : «Le GM a en face de lui des Mauriciens solidaires qui croient en leur pays» 

ivor« Une loi liberticide a été passée en moins de 24 heures, donc en urgence. Cependant, le Premier ministre n’accorde pas de protection au peuple d’Agalega qui est exposé au danger. Toutes les mesures prévues par la Quarantine Act ne s’appliquent pas à Agalega et encore moins à Rodrigues. L’objectif du gouvernement est clair. Il veut couper l’accès à l’information afin que les gens ne puissent pas savoir ce qui se passe en réalité. Il veut continuer à faire son business as usual. Mais il a en face de lui des Mauriciens solidaires qui croient en leur pays et en un avenir meilleur. Nous poursuivrons la bataille même s’il y aura des prisonniers politiques dans le pays. » 


Khushal Lobine pour la conscientisation des jeunes 

kushalKhushal Lobine, du PMSD, a dit noter que les amendements apportés à l’IBA Act « révoltent les jeunes qui le font savoir sur les réseaux sociaux ». Il a affirmé qu’il souhaite davantage d’actions sur le terrain et de conscientisation sur le danger qui guette les citoyens. 

Il a déploré le fait que cette loi ait été votée sans consultation avec les plateformes et la société civile. « Je suis attristé de constater que le gouvernement ne sait pas écouter l’appel de la population et des CEO des radios privées », a-t-il ajouté. 

Le député s’est insurgé contre le fait qu’un journaliste de renom, qui se retrouve depuis quelque temps au bureau du Premier ministre, ait osé proposer la mise sur pied d’un Press Council. « Ce qu’il oublie c’est que la presse est un contre-pouvoir, comme l’a toujours dit Jeffrey Robertson », a-t-il précisé. Il est d’avis qu’un panel supposément indépendant à l’IBA « ne peut se substituer à une cour de justice avec des nominés politiques en son sein ».


Ivan Bibi, activiste : «L’île Maurice n’est plus une démocratie» 

ivan« Je suis choqué, déçu mais pas surpris des arrestations d’aujourd’hui (celles de jeudi dans l’enquête sur le rassemblement de mardi devant le PMO et l’Assemblée nationale ; NdlR). Avant d’interpeller des patriotes, la police devrait convoquer les membres de comités, tels que le National High-Level Committee. Car ces derniers, alors que nous avons été devant l’Assemblée nationale pendant cinq mois pour déplorer ce qui se passe sur le plan sanitaire, continuent à mentir et à salir la réputation de Maurice en disant que tout est sous contrôle. Nous, les manifestants, sommes toujours convoqués, harcelés et intimidés. Il ne faut pas avoir peur des mots : l’île Maurice n’est plus une démocratie. Pour moi, le président de la République a failli à sa tâche de protéger la Constitution. Je lance un appel à l’opposition parlementaire pour qu’elle dépose une ‘Motion of no confidence’ contre le Premier Ministre aussi vite que possible. »


Patrick Belcourt : «Il faut rester solidaire quand la Constitution est bafouée» 

patrick« Ce n’est pas possible qu’en 2021, nos droits soient remis en cause. On a un rôle important à jouer », a déclaré Patrick Belcourt, leader du parti politique En Avant Moris. Il a lancé un appel aux jeunes pour qu’ils se mobilisent. « Il faut rester solidaire quand la Constitution est bafouée. Il faut soutenir la patrie pour éviter qu’on s’enfonce dans une dictature », a-t-il dit. 


Dev Sunnasy : «Ils nous rejoindront à la prochaine étape» 

L’absence des leaders des partis politiques traditionnels à la conférence de presse de l’opposition parlementaire et extra-parlementaire a-t-elle diminué l’impact escompté du mouvement ? « Ces leaders ont choisi d’envoyer leurs représentants et se concertent pour nous rejoindre dans les prochaines étapes de notre action. Mais ils sont à 100 % derrière nous », répond Dev Sunassy, un des porte-parole de la Plateforme pour la liberté d’expression. Mais il estime que l’important est que tous les partis parlementaires et extra-parlementaires « se sont unifiés autour d’un seul et même combat : celui de la liberté d’expression ».


Rajen Narsinghen : «Bizin montre gouvernnman ki lepep ankoler» 

rajenSentiment de victoire pour la Plateforme pour la liberté d’expression. L’ONG Smart Citizen avait déposé une demande d’injonction en Cour suprême pour contester le refus du commissaire de police (CP) à ce qu’elle organise un « rallye de protestation » contre les amendements apportés à l’Independent Broadcasting Authority (IBA) Act. Ayant obtenu l’autorisation de la police, Rama Valayden, a mobilisé ses  troupes, jeudi sur Facebook. Il donne rendez-vous ce matin devant Radio Plus. 

« Bizin montre gouvernnman ki lepep ankoler. ‘No retreat no surrender’ », a déclaré Rajen Narsinghen, Senior Lecturer de l’université de Maurice, le jeudi 2 décembre 2021, durant une conférence de presse à l’hôtel Le Suffren. 

S’il invite les citoyens à se rallier à la cause, il leur demande toutefois de respecter le protocole sanitaire. « Chaque mauricien doit examiner sa conscience. On espère que les partis politiques déploieront plus de moyens, comme ils ont l’habitude de faire pour les meetings », a-t- il dit. 

Le Senior Lecturer, qui fait partie de la plateforme, s’est ensuite appesanti sur la nouvelle loi, qu’il estime antidémocratique, qui a été votée. Il a fait ressortir qu’elle va à l’encontre de l’article 12 de la Constitution. « Cela concerne même la section 1 et la section 8 », a-t-il souligné. Il a indiqué qu’il pensait que le président de la République n’accepterait pas ce projet de loi, mais tel n’a pas été le cas. 

Rajen Narsinghen estime que si le Premier ministre avait été à l’écoute, il aurait pu y avoir un membre du gouvernement sur la Plateforme pour la liberté d’expression afin qu’il s’exprime. Il a fait ressortir qu’à un certain moment, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam voulaient venir avec des pénalités administratives : « Sur le coup, ils avaient cru à quelque chose, mais après avoir écouté la population, ils ne sont pas allés de l’avant. »  
 Pour ce qui est de l’arrestation de l’avocat Rama Valayden et de l’activiste social Raouf Khodabaccus, il l’a qualifiée d’arbitraire. « Bientôt, plusieurs personnes seront aux Casernes centrales. Il y a un terrorisme de l’État qui veut arrêter des gens. C’est la période la plus sombre de l’histoire », estime-t-il. Il a ensuite parlé des promesses faites par des leaders politiques pour révoquer la nouvelle IBA Act une fois au pouvoir. 


Osman Mahomed : «Navin Ramgoolam s’est engagé à révoquer cette loi une fois au pouvoir» 

osmanOsman Mahomed, député du Parti travailliste, a parlé du refus essuyé par l’opposition le mardi 1er décembre 2021 après une demande de Xavier-Luc Duval pour un ‘Divisional Vote’ sur les amendements à l’IBA Bill et du fait que les élus de la majorité aient tous approuvé ce projet de loi. Il a dit trouvé étrange que le président de la République l’approuve, à son tour, à la vitesse de l’éclair. 

« Ce qui s’est passé au pays est très noir. Plusieurs médias internationaux en ont parlé. Des députés sont descendus dans la rue pour que le gouvernement prenne en considération leurs doléances, mais c’était peine perdue », déplore le député rouge. S’associant au combat de la Plateforme pour la liberté d’expression, il a souligné que « Navin Ramgoolam a pris l’engagement de révoquer cette loi une fois au pouvoir ». 


Sita Saminaden : «Des amendements en catimini» 

sitaSans consultation, mais avec précipitation. C’est en ces termes que Sita Saminaden, du Rassemblement Mauricien de Nando Bodha, a qualifié ce qu’a fait le gouvernement avec les amendements apportés à l’IBA Act. « D’abord, le gouvernement ne dit pas toute la vérité sur la COVID-19. Puis, précipitamment, il vient avec un certificat d’urgence pour apporter des amendements afin de museler la presse et les radios privées. Il veut contrôler le droit d’expression qui est fondamental dans toute démocratie qui se respecte », a-t-elle expliqué.

Elle a fait ressortir que c’est à travers les médias que le peuple s’exprime pour raconter sa détresse et ses problèmes. « Ce gouvernement n’apprécie pas ces commentaires. Il brime les médias », estime-t-elle. Elle a aussi donné la garantie que si son parti arrive au pouvoir avec ses partenaires, cette loi sera révoquée illico presto. 


Niven Teeroovengadum : «Pourquoi cet empressement ?» 

nivenNiven Teeroovengadum, porte-parole de Roshi Bhadain du Reform Party, a fustigé les arguments mis en avant par le gouvernement pour voter des amendements qui mettent à mal la liberté d’expression dans son ensemble. « Je me demande pourquoi un tel empressement de la part du gouvernement. La réponse est toute simple : le Premier ministre et son équipe veulent museler la presse, principalement les radios privées qui représentent une plateforme sur laquelle la population peut dire tout haut ce qu’elle pense de ses dirigeants », a-t-il expliqué. 

Il a ajouté que son parti militera toujours pour la liberté d’expression qui est synonyme, selon lui, d’une démocratie vivante. « Au Reform Party, nous chérissons la liberté d’expression. Nous nous joignons aux autres forces politiques et aux ONG pour la préserver. »


Absence des leaders des partis traditionnels

Dev Sunnasy : « Il y aura une campagne permanente contre cette loi » 

devUne partie de la conférence de presse s’est tenue à l’extérieur de l’hôtel car les intervenants n’étaient pas vaccinés contre la COVID-19. Dev Sunnasy, secrétaire général de 100 % Citoyens, est intervenu. « Il y aura une campagne permanente contre cette loi », a-t-il promis. Il s’est dit satisfait que la plateforme pourra finalement tenir son « rallye de protestation ».


Rama Valayden donne son avis 

Comment Rama Valayden explique-t-il l’absence des leaders ? « Le MMM avait son bureau politique. Ramgoolam est souffrant. Osman Mohamed est très actif auprès de notre groupe. Khushal Lobine est en contact permanent avec moi et me briefait de ce qui se passe à l’Assemblée nationale sur l’IBA Act, surtout sur la manière dont réagissaient les ex-militants du MMM, comme Ivan Collendavelloo, qui étaient attachés à la liberté d’expression. » Il ajoute que du temps où il était Attorney General, à aucun moment les lois passées ne réduisaient la liberté. « They were extended rather », précise-t-il.

 

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