Ameen Mustan pris en otage et extorqué
Par
Reshad Toorab
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Reshad Toorab
Ameen Mustan pensait être en sécurité chez lui et connaître les risques de son métier. Mais rien ne l’a préparé à ce qu’il a vécu le lundi 19 janvier 2026. Ce fut une nuit de terreur, de menaces et d’humiliation, au cours de laquelle il a été pris en otage, séquestré et contraint de payer pour protéger son épouse et ses enfants.
Ameen Mustan avance qu’il témoigne pour raconter jusqu’où peut aller la violence lorsque l’argent devient une arme et la peur, un moyen de pression.
En début de soirée, le lundi 19 janvier 2026, plusieurs individus l’ont sommé de sortir de son domicile à Bonne Sainte Lane, à Hollyrood, à Vacoas. « Ena kontra lor to latet », auraient-ils lancé.
Le message est clair. Sa vie a désormais une valeur monétaire. « À ce moment-là, j’ai compris que je n’étais plus en train de négocier. J’étais piégé. Ils ne parlaient plus d’argent, ils parlaient de ma famille. Quand ils ont commencé à citer ma femme et mes enfants, j’ai senti la peur que je n’avais jamais connue auparavant. »
Vers 22 h 25, la situation bascule définitivement. Il est séquestré, contraint de s’asseoir sur une chaise, entouré d’hommes armés.
« Zot pe dir met li dan box loto, prend li nou al touy li… Mo plore e supplie zot pas fer sa », raconte-t-il.
Un taser, un sabre et une batte de baseball sont exhibés. Les ravisseurs affirment même détenir une arme à feu. La menace vise surtout sa famille.
Craignant pour la vie de ses proches, il accepte de transférer Rs 500 000 sur le compte de ses ravisseurs.
« L’argent, ça va, ça vient. Mais quand on te fait comprendre que ta famille peut être touchée, tu obéis », dit-il.
« J’ai accepté de payer parce que je ne voulais pas prendre un risque avec la vie de mes enfants. »
Après le paiement, il est contraint d’effacer les images de ses caméras de surveillance. Les menaces se poursuivent avec une nouvelle exigence de Rs 64 000.
Ameen Mustan a porté plainte et la police criminelle de Vacoas a arrêté trois personnes.
Kavi Mangal, 33 ans, connu des services de police pour des affaires de drogue, Robert John Rose Wenden, 25 ans et Krishiduth Prabhakar Maton, 19 ans, et Karunah Devi Sookur, 40 ans, ont été arrêtés et sont en détention. Ameen Mustan a identifié ses ravisseurs.
L’affaire d’extorsion d’Ameen Mustan a pris une tournure inattendue. Car certains suspects ont des antécédents. Les images de vidéosurveillance analysées par les enquêteurs révèlent la présence d’individus déjà connus de la police, dont certains sont sous caution.
En août 2025, la police criminelle de Grand-Baie, en collaboration avec la Divisional Crime Intelligence Unit Northern/Central, a démantelé une bande de pseudo-policiers qui sévissait dans plusieurs spas du Nord et une maison d’hôtes. Ces individus se faisaient passer pour des policiers, intimidaient des personnes et leur soutiraient de l’argent.
Cinq personnes ont été arrêtées : Stephan Christophe Moolee (37 ans), ancien gardien de prison domicilié à Curepipe ; Krishiduth Prabhakar Maton (19 ans), un agent de sécurité ; Karunah Devi Sookur (40 ans), mère de Krishiduth et compagne de Moolee ; ainsi que le couple Robert John Ross Wenden (24 ans), lui aussi agent de sécurité, et Jennifer Angle Chang Fouk Line (35 ans). Ils ont répondu de vol et de tentative de vol.
La vidéosurveillance au domicile d’Ameen Mustan montre Robert John Ross Wenden et Krishiduth Prabhakar Maton et Karunah Devi Sookur, également liée à l’affaire d’août 2025.