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Amédée Darga : «Le plus triste, c’est la dégringolade du MMM au fil des années»

Par Jean-Marie St Cyr
Publié le: 21 mars 2026 à 10:49
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Amédée Darga, ancien du MMM et toujours militant, dresse un bilan sévère : cinquante ans de ruptures politiques répétées sous Bérenger ont progressivement affaibli le parti, gaspillé des opportunités historiques et trahi l'espoir de générations de militants.

« En 50 ans, si l’on compte à partir de 1976, Paul Bérenger et le MMM ont accédé au pouvoir pendant 25 ans mais n’ont occupé le pouvoir que pendant neuf ans et trois mois. Il est intéressant de noter que le seul mandat que Paul Bérenger a complété pendant cinq ans a été de 2000 à 2005 quand le poste de Premier ministre a été partagé entre lui et Sir Anerood Jugnauth. Autrement, sous les mandats de 1982, de 1991 et de 1995, Bérenger n’a duré que 4 ans et trois mois au pouvoir. Et donc, aujourd’hui c’est de quatre », rappelle Amédée Darga.

Il est aussi d’avis que « s’il est vrai que, dans sa grande majorité, la population mauricienne n’est pas heureuse de la performance du gouvernement, est-ce que le fait de quitter le gouvernement va améliorer les choses ? Les militants du MMM ont raison de dire que quitter le gouvernement après 19 ans de traversée du désert, c’est les abandonner. »

« On ne peut pas en même temps rentrer dans une alliance, dire qu’on savait que le leader de l’autre parti qui allait devenir le Premier ministre avait des travers, et venir ensuite dire que ça ne peut pas marcher », souligne Amédée Darga.

Amédée Darga déplore des tensions au sommet de l’État et un bilan gouvernemental jugé décevant. Il revient aussi sur le parcours de Paul Bérenger, qu’il associe à des ruptures politiques répétées et à l’affaiblissement du MMM.

« Le pire pour moi a été 1983. Pour deux raisons : le MMM, c’est le parti qui a remporté la victoire écrasante aux élections de 1982 avec Anerood Jugnauth comme Premier ministre. Moins d’un an après, Paul Bérenger amène le parti à quitter le pouvoir. Et donc, cet immense espoir créé en 1982 est gaspillé », dit-il. Une des conséquences les plus dramatiques de ce qui s’est passé en 1983, et dont Paul Bérenger porte la responsabilité, c’est la résurgence du communalisme que nous avons vue aux élections de 1983 elles-mêmes et de 1987 aussi, souligne-t-il.

« Ce qui est le plus triste, c’est effectivement la dégringolade du MMM au fil des décennies. C’est un parti qui est demeuré, c’est un parti qui existe, mais c’est un parti qui est maintenant très affaibli », constate-t-il. Paul Bérenger porte la responsabilité de ce que le MMM est devenu, un parti affaibli, et de toutes les occasions gaspillées de n’avoir pas pu durer dans un gouvernement pour faire les choses qu’il fallait faire.

« Avec ce parcours, aujourd’hui il y a beaucoup plus de militants en dehors du MMM que dans le MMM. C’est-à-dire que les gens qui ont gardé l’esprit militant sont plus nombreux à l’extérieur qu’à l’intérieur du parti. Le MMM d’aujourd’hui n’est plus ce qu’il était autrefois. »

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