À Ambrose ce lundi : situation inédite avec un BP mauve sans Bérenger
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Defimedia.info
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Pour la première fois de son histoire, le Mouvement militant mauricien tient un Bureau politique sans son leader fondateur. Après la démission de Paul Bérenger comme Deputy Prime Minister (DPM), le parti entre dans une ère inédite, entre questions de leadership et maintien au gouvernement.
Le Mouvement militant mauricien (MMM) a traversé bien des crises — en 1973, 1983, 1993, 1997, 2014 et 2015. Mais les turbulences que connaît le parti depuis ces derniers jours sont d’une nature inédite, selon divers observateurs. Pour la première fois, c’est le leader lui-même, Paul Bérenger, qui se retrouve en minorité au sein du parti dont il est l’un des fondateurs.
Contrairement aux crises passées, où c’était une minorité dissidente qui claquait la porte, la situation s’est cette fois inversée : c’est Bérenger seul qui a choisi de démissionner de son poste de Deputy Prime Minister, tandis que la majorité du parti a décidé de rester au gouvernement. Cela en attendant la décision de la Junior Minister Joanna Bérenger. Ce renversement de situation préserve l’Alliance du changement d’une rupture, comme cela avait été le cas pour d’autres gouvernements et alliances impliquant le MMM par le passé.
C’est dans ce contexte particulier que se tient ce lundi après-midi le Bureau politique (BP) du MMM, rue Ambrose. Cette réunion devrait permettre d’y voir plus clair sur l’avenir du parti et de ses membres — mais vraisemblablement sans leur leader. Le BP, qui émane du Comité central (CC), inspire ses décisions à partir de cette instance. Il devra notamment prendre acte de la résolution adoptée lors du CC du mercredi 18 mars, qui avait exprimé le souhait de la « grande majorité » des militants pour le maintien du MMM au gouvernement.
Au menu des discussions figurera également la motion du ministre Aadil Ameer Meea, pour demander un vote du CC afin de légitimer la place du parti au gouvernement. Mais c’est la question du leadership qui s’annonce sans doute comme le sujet central. Après les critiques sévères formulées contre Paul Bérenger par ses anciens proches collaborateurs lors de leur conférence de presse du vendredi 20 mars, il est difficile d’imaginer les protagonistes siéger sereinement autour d’une même table.
Ce jour-là, tous les ministres mauves ayant pris la parole avaient justifié, chacun à leur manière, leur choix de rester au gouvernement, prenant ainsi le contre-pied de leur désormais ancien leader. Selon certaines sources, le leadership du parti devrait à l’avenir prendre une forme collégiale. Se posera aussi la question de savoir qui succédera à Bérenger au poste de DPM — les attributions du MMM, principal partenaire du Parti travailliste au sein de l’Alliance du changement, devant logiquement demeurer intactes dans la conjoncture actuelle.
Peu d’informations filtrent sur les autres points qui seront probablement abordés lors de cette réunion.