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Ambiance : le PM et les «backbenchers» acculent l’opposition 

Les membres du gouvernement sont déterminés à mener la vie dure à l’opposition.

Le mardi 14 mai 2024, les membres du gouvernement, qu’il s’agisse des « backbenchers » ou du Premier ministre, étaient décidément déterminés à rendre la vie difficile à l’opposition qui, semaine après semaine, est de plus en plus décimée au sein de l’hémicycle… 

Semaine après semaine, les rangs de l’opposition parlementaire s’amenuisent, marqués par l’expulsion de plusieurs de leurs membres depuis le début des travaux parlementaires le 26 mars dernier. Ainsi, en l’absence de plusieurs figures bien connues pour leur opposition farouche au gouvernement, telles que Rajesh Bhagwan, Paul Bérenger, Joanna Bérenger et Patrick Assirvaden, l’opposition se retrouve dans une position numérique encore plus faible. 

D’autant qu’elle est confrontée à un gouvernement déterminé à affaiblir ses adversaires. Les membres du gouvernement, notamment les « backbenchers », ont intensifié leur campagne contre l’opposition en révélant ses affaires passées, telles que celle relative à l’importation de Subutex en 2008 et impliquant Cindy Legallant, qui serait proche du député Richard Duval. 

C’est d’abord un Shakeel Mohamed esseulé qui s’est retrouvé face au Premier ministre, Pravind Jugnauth. Depuis le 26 mars, le leader de l’opposition avait trouvé un allié en la personne de Patrick Assirvaden, avec lequel il collaborait étroitement lors des Private Notice Questions (PNQ). Cependant, la suspension de ce dernier pour six semaines, à la suite des contestations concernant l’intégrité des tirages au sort des questions parlementaires, a laissé Shakeel Mohamed seul dans l’arène. 

Dans le camp du gouvernement, les regards étaient également tournés vers Yogida Sawmynaden, député de la circonscription n° 8 (Moka/Quartier-Militaire). Bien que la PNQ de Shakeel Mohamed concernant l’enquête sur l’assassinat de l’ancien agent du Mouvement socialiste militant, Soopramanien Kistnen, était adressée à Pravind Jugnauth, l’ancien ministre du Commerce était également dans le viseur en raison de sa proximité avec le défunt. Ainsi, c’était un Yogida Sawmynaden au visage crispé et fermé qui était assis au fond de l’Assemblée nationale, suivant attentivement les échanges entre le leader de l’opposition et Pravind Jugnauth. 

Lors de la PNQ, Shakeel Mohamed a adopté son style habituel, calme et posé, comme lors des séances précédentes, refusant de se laisser perturber par les remarques du Premier ministre. Cependant, malgré ses efforts pour maintenir son sang-froid, certains signes trahissaient une certaine agitation chez le leader de l’opposition. Face aux réponses détaillées de Pravind Jugnauth, Shakeel Mohamed montrait quelques signes d’impatience, agitant parfois sa montre pour indiquer que le temps était compté.

Affaire des coffres-forts 

Face à lui, le Premier ministre affichait une décontraction déconcertante. Le leader de l’opposition a maintenu le cap avec ses questions supplémentaires. Pravind Jugnauth si confiant qu’il s’est même autorisé à recentrer le débat sur les coffres-forts du leader du Parti travailliste Navin Ramgoolam, tout en lançant des piques à Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM). 

Le chef du gouvernement a ainsi indiqué à Shakeel Mohamed qu’il était mal placé pour parler de lutte contre la corruption, alors que Navin Ramgoolam a été arrêté après la découverte de la somme de Rs 220 millions dans ses coffres-forts. « Même le leader du MMM, Paul Bérenger, avait affirmé ne pas savoir qu’à côté de là où il habite se trouvait un coffre-fort avec Rs 220 millions », a-t-il ironisé. 

Pravind Jugnauth a également mis en lumière que la somme de 3 millions de dollars américains en billets neufs avait été découverte dans le coffre-fort de Navin Ramgoolam. « Il a prétendu que c’était ses per diems, mais tout le monde sait qu’on peut toucher l’argent du per diem d’une banque locale et non d’une banque étrangère », a-t-il souligné.

Bien que Shakeel Mohamed se soit efforcé de garder son calme, il n’a cependant pas pu se retenir. Il a élevé la voix contre le Premier ministre. « Stop fantasizing », a-t-il hurlé, lui rappelant qu’il faisait perdre du temps à l’Assemblée nationale. Observant le ton du leader de l’opposition, le Speaker est immédiatement intervenu en lui lançant « quiet » à cinq reprises. 

Pravind Jugnauth, visiblement déterminé à ne pas laisser le leader de l’opposition en reste, a même demandé au Speaker de lui accorder du temps supplémentaire pour répondre de manière plus exhaustive. « Give me extra time », a-t-il sollicité. En conclusion de la PNQ, le Premier ministre a même fait référence à feu Yousuf Mohamed, le défunt père du leader de l’opposition. 

« I agree with his late father ki mo pa kav fer mirak. » Le dernier mot est revenu à Pravind Jugnauth, car juste après, Sooroojdev Phokeer a décidé de clore la séance, au grand étonnement de Shakeel Mohamed, qui, d’un air dépité, a lancé : « Really ! »
 

 

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