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Alliance électorale : Navin Ramgoolam souffle le chaud et le froid

Navin Ramgoolam Navin Ramgoolam, le leader du PTr.

La guerre des nerfs s’exacerbe entre le PTr et ses probables alliés, le PMSD et le MP. Mercredi, à sa sortie de la Cour suprême, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, est allé encore plus loin avec la supposée situation dominante de son parti sur l’échiquier politique.

À une question des journalistes sur des articles de presse concernant la conclusion de l’alliance électorale PTr-PMSD, Navin Ramgoolam n’a pas fait dans la dentelle : « On a mentionné le nombre de tickets et même les noms des candidats, ce ne sont que des spéculations. C’est mal connaître le PTr. C’est le jour où vous avez reçu votre ticket que vous pouvez dire que vous êtes candidat. Il peut même y avoir des changements le jour du dépôt de candidature. On a eu des cas dans le passé ». Il concède être en pourparlers avec des politiciens : « Enn ta dimounn koze ar mwa, mo pe koz ar zot. » Le leader des Rouges va plus loin en clamant qu’actuellement le PTr est le seul parti qui puisse remporter la victoire, que ce soit dans les circonscriptions urbaines ou rurales.

Cinq jours plus tôt, plus précisément le vendredi 6 septembre, Navin Ramgoolam annonçait que tout éventuel partenaire devait adhérer aux principes des Travaillistes. « Le PTr a des principes sur lesquels nous n’allons pas céder. Ceux qui veulent liguer leurs efforts avec le PTr doivent comprendre que ce sera sur la base des principes du PTr. Ce n’est pas possible de faire des concessions durant les négociations car, par la suite, nous ne pourrons pas diriger le pays comme nous désirons », lance-t-il. Ce message est décodé par des observateurs politiques comme les bases qui sont jetées pour une relation dominant-dominé sans aucune volonté de trouver le juste milieu. Ce jour-là, Navin Ramgoolam évoquait encore sa préférence pour que les Travaillistes fassent cavaliers seuls aux prochaines élections. « Nous n’avons aucune crainte à aller seuls. Pourquoi avoir peur ? Le peuple jugera », dit-il.

Relations Ramgoolam - Bérenger

Ce même vendredi, Navin Ramgoolam avait jeté un pavé dans la mare de la bassecour bleue en non seulement sympathisant avec Paul Bérenger, le leader du MMM, la bête noire du PMSD, mais aussi en déclarant que les cinq démissions vont renforcer le MMM car la population n’aime pas les traîtres. « Je sympathise avec Paul Bérenger après les récentes démissions. Je sais ce que cela fait. Mais sans le savoir, ils ont rendu le MMM plus fort (…) Aucun traître ne sera élu lors des prochaines élections générales », a-t-il martelé. 

Cette prise de position ouvre grand les vannes de spéculations quant à un arrangement secret entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger pour une éventuelle alliance post-électorale au détriment du PMSD. Récemment, lorsque Paul Bérenger était atteint de grippe et de fièvre, Navin Ramgoolam s’est fait un devoir de l’appeler pour s’enquérir de son état de santé.

Face à ces sautes d’humeur de Navin Ramgoolam, les Bleus ont décidé de se murer dans un silence de cathédrale. « Nous sommes dans une période d’observation », confie un dirigeant du PMSD. 

Selon nos recoupements, la ‘shopping list’ du PMSD soumise à Navin Ramgoolam comprend 14 investitures, le poste de Premier ministre adjoint et trois ministères entre autres. Un ancien Senior Minister – de surcroît sur le Front Bench – se met en quatre pour faire décanter la situation afin que les négociations entre le PTr et le PMSD puissent reprendre dans les meilleures conditions et être finalisées dans les plus brefs délais.

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  • Oeudor