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Allégations de négligence médicale - Ariane Achille : «Mo zanfan inn gagn enn kriz, personn pann vinn get li»

La petite Samia faisait la joie de ses parents.

Le temps semble s’être arrêté pour Ariane Achille, la mère de la petite Samia, deux ans, décédée à l’hôpital de Flacq mardi après-midi, alors qu’elle était à l’unité des soins intensifs. Les parents crient à la négligence médicale. Une déposition a été faite à la police et le ministère de la Santé a initié une enquête afin de faire la lumière sur cette allégation.

Elle n’avait que deux ans et faisait la joie de ses parents. Mais Samia est partie sur la pointe des pieds, terrassée par un mal qui reste encore à être déterminé. Admise à l’hôpital de Flacq depuis le 7 septembre en raison d’une forte fièvre, elle est décédée quelques jours après à l’unité des soins intensifs de l’établissement hospitalier. Ses parents, Ariane Achille et Ravi Ghunowa, qui habitent Poste-de-Flacq, allèguent qu’il y a eu négligence médicale et ils ont consigné une déposition à la police, qui a ouvert une enquête à ce sujet. Parallèlement, le ministère de la Santé a aussi initié une enquête et a demandé un rapport de l’hôpital sur la chronologie des événements.

Tout a commencé le 4 septembre dernier. La petite Samia, souffrant de fièvre, sa mère Ariane Achille lui a administré un sirop à base de paracétamol. La fillette s’est un peu remise, mais sa fièvre est revenue de plus belle deux jours après, ce qui a contraint sa mère à la transporter à l’hôpital de Flacq. Le médecin de service lui a prescrit des suppositoires pour faire baisser sa fièvre, un sirop contre la toux et un autre sirop à base de paracétamol.

Samia, un bon vivant

Les parents comptent entamer des poursuites contre le ministère de la Santé.
Les parents comptent entamer des poursuites contre le ministère de la Santé.

Son enfant n’allant toujours pas mieux, la maman l’a  ramenée à l’hôpital qui a alors décidé de l’admettre. « Selon un principe établi, si un patient revient pour les mêmes raisons médicales après un court laps de temps, nous procédons à son admission pour le placer en observation », nous a expliqué un membre du personnel qui a tenu à garder l’anonymat. 

Selon la maman, on a fait une prise de sang à l’enfant ainsi qu’une radiographie dont on ne lui a pas révélé la teneur jusqu’à présent. La petite Samia est ainsi restée en salle en compagnie de sa mère et, quand son état s’est détérioré, elle a été conduite à l’unité de soins intensifs où elle a été mise sous respiration artificielle. 

Ariane Achille affirme aussi que deux jours avant le décès de son enfant, un membre du personnel de l’hôpital l’a appelée pour qu’elle reste au chevet de son enfant qui était agitée et qui arrachait le fil des appareils auxquels elle était connectée. « Kan mo zanfan inn gayn enn kriz ankor, monn dir bann la vinn get ki li gayne, zot inn dir mwa ki li normal sa ek personn pann vinn get li », déplore la maman, dépitée. 

Cette dernière a essayé de calmer sa petite fille du mieux qu’elle pouvait jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Ce n’est que quand la fillette a fait une nouvelle poussée de fièvre qu’une infirmière a appelé le pédiatre qui est venu lui faire une injection. Mais Samia a rendu son dernier soupir quelques heures plus tard. «Samia était un bon vivant. Elle aimait jouer et faisait la joie de la maison », explique Ariane Achille. « Nous sommes tristes qu’elle ne soit plus là », ajoute Ravi Ghunowa, le père. 

Anéantis par le départ prématuré de leur enfant, les parents ont trouvé refuge chez des proches. « Il y a trop de souvenirs d’elle à la maison, c’est trop dur pour nous », explique le papa. Il ajoute que dès que sa compagne irait mieux, ils vont entamer des poursuites à l’encontre de l’établissement hospitalier, car ils pensent qu’il y a eu négligence médicale. Plusieurs questions les taraudent et ils souhaitent avoir des explications sur ce qui s’est passé et surtout pourquoi leur enfant est décédé alors qu’initialement elle avait été admise pour une forte fièvre. 

Nous avons appris d’une source proche du dossier à l’hôpital de Flacq que tout le nécessaire a été fait pour le traitement de l’enfant, mais cela s’est avéré vain. Elle repousse d’un revers de la main les allégations d’erreur médicale. « À chaque fois qu’un patient meurt en milieu hospitalier, on allègue qu’il y a eu erreur médicale. On ne peut tout mettre sur le dos du personnel quand un patient ne parvient pas à guérir en dépit des soins prodigués », lance notre interlocuteur.


On ne meurt pas de la fièvre

Un pédiatre exerçant dans le privé nous a fait comprendre que lorsqu'un malade ne présente pas de signes sérieux quant à son état de santé, il est autorisé à rentrer chez lui avec une prescription de médicaments à prendre. Selon lui, dans certains cas, les signes visibles d’une maladie ne sont pas distincts et ne peuvent apparaître qu’au bout de quelques jours. Cela peut être dû à une infection virale ou bactérienne quand la fièvre est forte.En cas d’infection bactérienne, l’état de santé du patient peut se détériorer rapidement en dépit de la prise d’antibiotiques qui prennent quelques jours pour  agir pleinement dans l’organisme, dit-il. 

Sans vouloir aussi remettre en question les compétences du personnel hospitalier, il ajoute que parfois une admission à l’hôpital peut aussi dépendre de l’expérience du Casualty Officer. En se basant sur les symptômes que présente un patient, il peut décider si oui ou non procéder à l’admission du malade. En cas de doute, ajoute-t-il, il est préférable d’admettre un patient, surtout s’il s’agit d’un enfant en bas âge, afin qu’il puisse bénéficier de toute l’attention du personnel médical. Un autre pédiatre renchérit en ajoutant que la fièvre peut être causée par plusieurs maladies et qu’un patient ne meure pas de la fièvre mais de la maladie qui a provoqué son état fiévreux. La fièvre n’est qu’un des signes d’une infection ou d’une maladie, soutient-il.

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