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Allégations de fraude selon la pyramide de Ponzi : Whitedot accepte de payer Rs 70,4 M à 20 ex-clients

Mohammad Nasser Gurib. Mohammad Nasser Gurib.

Une étape de gagnée pour ces 20 victimes de la compagnie d’investissements. Ils ont demandé et obtenu de la Cour suprême un ordre pour le remboursement de leurs investissements en sus de dommages. Une lueur d’espoir après six ans d’attente.

« Nous avons investi de l’argent propre dans Whitedot. Nous avons dû batailler dur depuis 2012 afin de récupérer notre argent. Je suis satisfait du verdict. Nous remercions la cour », lâche Mohammad Nasser Gurib. Cet habitant de Surinam, âgé de 56 ans, et son épouse, avaient investi Rs 2,5 millions dans la société d’investissement Whitedot Int Consultancy Ltd en décembre 2012.

À l’instar du couple, 18 personnes se sont rendues, mercredi, en Cour suprême. La compagnie a accepté de rembourser les investissements en sus des dommages exigés, soit Rs 70,4 millions.

Dix-sept procès en réclamation étaient à l’agenda de l’Acting Senior Puisne Judge Ashraf Caunhye.

Les 20 ex-clients sont représentés par Mes Viren Ramchurn et Candhayalallsing Seebaluck, Senior Attorney, et la partie adverse par Me Arassen Kallee. L’avocat représente aussi Govinduth Luchmun et Bheemal Bissessur, qui sont sur la liste des personnes mises en cause. Quant à Me Noor-e-Shad Hussenee, il représente, lui, Arun Mossuddee, l’ex-directeur de la compagnie. La requête du couple Gurib est examinée en premier.

Mohammad Nasser Gurib explique, sous serment, comment il est arrivé à investir les économies de toute une vie dans Whitedot. Il a été maçon, puis aide-chauffeur avant de prendre de l’emploi dans une compagnie. Toutefois, l’entreprise fermera ses portes et le quinquagénaire dit avoir obtenu une compensation de Rs 500 000. Puis, il s’est mis à son compte dans le secteur de la construction.

C’est ainsi qu’il fera la connaissance d’un cadre de la Habib Bank, qui a quitté son poste pour rejoindre Whitedot. L’homme l’a convaincu d’investir son argent contre la promesse d’un retour alléchant sur investissements. « Il m’a dit que la compagnie était aussi fiable que Rogers et la BAI. Il m’a aussi dit qu’il souhaitait financer les études de ses enfants. J’ai pensé aux miens», relate Mohammad Nasser Gurib. Plus tard, dit-il, en voyant des avis publicitaires sur Whitedot, il s’est laissé convaincre.  Rendez-vous est alors pris à Ébène avec Arun Mossuddee, Govinduth Luchmun et Bheemal Bissessur. Trois accords sont rédigés et signés. Le quinquagénaire et sa femme vont investir Rs 2,5 millions. Plus tard, l’affaire Whitedot éclate. Le plaignant va à la police, puis à la Banque de Maurice, où il a rencontré le gouverneur d’alors, Rundheersing Bheenick. Mais toujours pas moyen de récupérer son argent. D’où sa décision de porter l’affaire en Cour suprême.  Au tour de Me Arassen Kallee de contre-interroger le témoin. Ils sont arrivés à un accord. Bheemal Bissessur, Arun Mossuddee et Govinduth Luchman sont mis hors de cause. L’avocat de Whitedot prend un engagement de rembourser les investissements, en sus des dommages.


Rs 17, 3 M investies par un client

Rs 70 400 000 ont été réclamées à Whitedot. Les 20 personnes ont investi des sommes allant de Rs 200 000 à Rs 17 350 000. Le plus gros montant a été investi par un habitant de Baie-du-Tombeau. Elles ont aussi réclamé des dommages allant de Rs 200 000 à  Rs 5 millions.


Un procès au pénal contre les directeurs

Si les directeurs de Whitedot ont été mis hors de cause, mercredi, dans les 17 réclamations au civil, un procès pénal les attend en cour intermédiaire. Le Directeur des poursuites publiques a logé, le 31 août, une accusation formelle d’entente délictueuse contre cinq personnes impliquées dans le scandale des investissements en question. Elles sont Arun Mossuddee, 29 ans, de Vacoas, Bheemul Bissessur, 41 ans, directeur, Govinduth Lutchman, 49 ans, Sales Representative de Pointe-aux-Sables, Dylan Lutchman, aussi appelé Dylan Moochooram, 25 ans, Sales Representative de Vacoas, et Priya Soty, 45 ans, de Vacoas. Elles devront se présenter en cour intermédiaire le 25 septembre 2018.