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Allégations de corruption évoquées par Joe Lesjongard : le Premier ministre confirme une enquête policière en cours

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 2 avril 2026 à 12:12
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Le leader de l’opposition a interrogé le Premier ministre mardi sur les allégations de corruption formulées par l’ancien DPM Paul Bérenger.
Le leader de l’opposition a interrogé le Premier ministre mardi sur les allégations de corruption formulées par l’ancien DPM Paul Bérenger.

À la suite des allégations de corruption de Joe Lesjongard au Parlement, le Premier ministre a confirmé qu’une enquête policière est en cours. La question du leader de l’opposition découle d’une déclaration de Paul Bérenger.

«Enn minis travayis inn vinn get mwa pou dir mwa ki li bizin fer… Enn de sa bann dimounn gang de 5 ou de 25 ki dan PMO inn amenn enn biznesman ar li pou ofer li enn bribe… Mo’nn dir li (f..) deor. » Ces propos de l’ancien Deputy Prime Minister Paul Bérenger, lors d’une rencontre avec la presse, le mercredi 25 mars, à son domicile à Riverwalk, ont trouvé écho au Parlement mardi. 

À une question du leader de l’opposition Joe Lesjongard concernant des allégations de corruption, le Premier ministre Navin Ramgoolam a affirmé être au courant. « L’ancien DPM m’en a parlé et j’ai interrogé le ministre concerné. Il m’a assuré qu’il s’agissait d’un malentendu », a répliqué le chef du gouvernement, qui a ajouté qu’une enquête policière est en cours.

Selon nos informations, Radha Kumar (François) Cahoolessur aurait pris rendez-vous avec le ministre de l’Éducation Mahend Gungapersad à Phœnix. Cependant, les choses ne seraient passées comme prévu, car le ministre a annulé la rencontre en le voyant arriver accompagné du manager du New Educational College. Il ressort que cet établissement est confronté à des problèmes de gestion. D’ailleurs, un comité d’enquête a été institué pour faire la lumière sur une série de plaintes et de maldonnes alléguées. Plusieurs témoins ont déjà été entendus, et deux autres séances sont prévues d’ici la fin de la semaine.

Depuis janvier 2025, le New Educational College, situé à Royal Road, Bel-Air/Rivière-Sèche, est secoué par une série de problèmes de gestion, de suspensions illégales d’enseignants et de contestations syndicales. L’établissement, enregistré comme secondaire privé mixte bénéficiant provisoirement d’une aide publique, devait accueillir des classes des Grades 7 à 13 dès 2026.

Le 24 janvier 2025, des plaintes anonymes ont été adressées à la Private Secondary Education Authority (PSEA). Le manager de l’établissement était accusé de délivrer des certificats de transfert et de contraindre des élèves à quitter l’école en raison de leurs protestations contre les frais élevés de la PTA et contre une infrastructure jugée médiocre, avec un mobilier insuffisant.

Le 27 janvier 2025, une enquête menée par le Principal Supervisor et un Supervisor affecté à l’école n’a révélé aucun élément confirmant les problèmes. Pourtant, le 31 janvier 2025, l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) a dénoncé des abus et activités illégales, sollicitant une intervention urgente auprès du ministre de l’Éducation.
Le 14 février 2025, la PSEA a proposé la constitution d’une équipe d’enquête mixte, composée de membres de différents départements et d’un représentant du ministère. L’UPSEE a ensuite adressé deux nouvelles correspondances (25 février et 14 mars 2025), dénonçant des plaintes multiples du personnel concernant une mauvaise gestion, un traitement inéquitable et des comportements contraires à l’éthique, tout en demandant des précisions sur la mise en place du comité d’enquête.

Le 20 mars 2025, le ministère a confirmé l’approbation pour la composition d’une équipe d’enquête chargée d’investiguer des indisciplines financières et une mauvaise utilisation des ressources humaines. Le 22 mars, l’UPSEE a exigé un véritable comité d’enquête, présidé par un juriste indépendant et assisté de deux évaluateurs indépendants, siégeant à huis clos pour protéger les témoins.

Lors de la première réunion, le 24 mars 2025 à la MITD House, les représentants de l’UPSEE ont dénoncé de graves problèmes au sein de l’école, notamment à l’encontre des élèves, et ont refusé de partager des informations tant qu’un comité indépendant ne serait pas constitué, invoquant des risques de collusion et de représailles.

Le 4 avril 2025, deux enseignantes ont dénoncé leur suspension illégale par le manager. L’UPSEE a demandé à la PSEA de rejeter ces suspensions jugées non conformes à la loi. Le manager a toutefois indiqué que les suspensions étaient faites avec maintien du salaire, en attendant la décision du comité disciplinaire, et a signalé l’affaire à la police de Bel-Air.

Le 8 avril 2025, les deux enseignantes ont saisi la Commission de Conciliation et de Médiation, contestant la décision du manager. Le 10 avril, la PSEA a rappelé que, faute d’approbation préalable, les suspensions étaient nulles et non avenues, et a exigé la réintégration immédiate des enseignantes. L’affaire a été référée au ministère du Travail.

Le 25 juillet 2025, le Conseil des ministres a finalement approuvé la création d’un comité d’enquête indépendant sur les problèmes de gestion et les conflits au New Educational College. Le comité a été placé sous la présidence de l’avocat Arassen Kallee. Cette décision fait suite aux multiples plaintes et tensions accumulées depuis le début de l’année. Dans un communiqué du 13 novembre 2025, il a été annoncé que ce comité avait été constitué. 

Le président de l’UPSEE, Arvind Bhojun, qui avait déjà transmis un dossier complet au ministère, a réitéré ses accusations : « Nous avons tout communiqué, preuves à l’appui, au ministère de l’Éducation pour étayer nos plaintes », a-t-il affirmé. Parmi les problèmes évoqués figuraient le manque et l’état du mobilier, ainsi qu’une invasion de punaises. 

Après la déclaration du Premier ministre au Parlement, Arvind Bhojun demande désormais l’ouverture d’une enquête sur les officiers de la PSEA qui, selon lui, n’ont pas agi à temps.
 

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