Allégations d’attentant à la pudeur contre un ex-enseignant du Loreto Junior School de Curepipe : Témoignage de la présumée victime : «Ma plainte vise à protéger les élèves actuelles et futures»
Par
Defimedia.info
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Caroline (nom d’emprunt) a 26 ans. Elle raconte, en exclusivité, l’emprise qu’elle a subie adolescente, dans une relation avec un adulte en position d’autorité. En brisant le silence, elle veut protéger les élèves d’aujourd’hui et de demain. Son récit met en lumière l’emprise psychologique et les séquelles durables.
« Je veux que les choses soient très claires. Si je parle aujourd’hui, ce n’est pas pour créer un scandale, c’est parce que je sais ce que cela fait à 14, 15 ou 16 ans de se retrouver prise dans une relation avec un adulte qui détient l’autorité, l’expérience et le pouvoir. À cet âge-là, on ne comprend pas qu’on est en train d’être conditionnée. On croit être spéciale, on croit être aimée, on croit choisir mais en réalité, on est progressivement isolée, influencée, façonnée psychologiquement. C’est cela l’emprise et quand on réalise ce qui s’est passé, il est souvent trop tard, l’estime de soi est brisée, les repères sont confus, la confiance est détruite. Je vis encore aujourd’hui à 26 ans avec les séquelles de cette relation.
Si je trouve le courage de parler, c’est parce que je refuse qu’une autre mineure traverse ce que j’ai traversé. Ma plainte est un acte de protection, elle vise à protéger les élèves actuelles et futures, parce que lorsqu’un adulte en position d’autorité franchit les limites avec une mineure, ce n’est jamais une histoire privée, c’est une question de sécurité collective.
Je dois aussi dire ma profonde déception face à la gestion de cette affaire. Lorsqu’une institution scolaire est alertée, sa priorité absolue devrait être la protection des enfants et le soutien psychologique des victimes. Or, ce que j’ai ressenti, c’est une volonté de préserver une image, une réputation plutôt que d’assurer un encadrement clair et des mesures de protection visibles. Et cela, je le dis avec gravité. Quand une institution protège son image avant ses élèves, elle fragilise la confiance de toute une communauté. Je ne parle pas par haine, je ne parle pas par vengeance, je parle parce que le silence protège les abus et que la parole protège les enfants. Si mon témoignage aujourd’hui peut éviter à une seule mineure de vivre la même chose que j’ai vécu… alors il aura servi à quelque chose. »
Annick Daniella Rivet