Allégations contre le père Patrick Fabien : clarification de l'évêché de Port-Louis
Par
Defimedia.info
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Dans un communiqué émis ce mercredi, l'évêché de Port-Louis affirme que la déclaration récente du père Patrick Fabien sur une radio a suscité de nombreuses interrogations et « a pu laisser entendre que les procédures n’auraient pas été respectées dans le traitement de cette affaire ».
Le contexte
En mai 2025, deux jeunes filles avaient formulé des allégations à l’encontre du père Patrick Fabien. Elles affirment avoir été l’objet de sollicitations inappropriées de sa part alors qu’elles étaient mineures.
Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, instance du Vatican compétente en matière de délits graves commis sur des mineur.e.s, a considéré que les faits allégués constituent des délits graves, tout en évoquant une « gravité relative » quant à la nature des actes. Il a demandé à l’évêque d’émettre un décret prévoyant des mesures préventives.
Valables pour une durée de cinq ans, ces mesures interdisent au Père Fabien toute activité pastorale auprès de mineur.e.s, l’administration du sacrement de confession, l’accompagnement spirituel ainsi que l’organisation et la participation à des pèlerinages. Il devra résider dans une maison religieuse masculine, être suivi par un accompagnateur spirituel et rencontrer régulièrement le prêtre-référent désigné par l’évêque.
La décision a été communiquée la semaine dernière. Le père Fabien a fait une déclaration sur une radio quelques jours après les mesures prises contre lui. Il a parlé d’« une parole imprudente mais qui n’avait aucune connotation sexuelle ».
L'évêché a émis une mise au point, ce mercredi 4 mars afin de clarifier certaines informations et de rappeler le cadre officiel de l’enquête. Ci-dessous la mise au point dans son intégralité :
« Première allégation
Le Père Fabien affirme qu’« on n’a pas pu établir la vérité de cette allégation, elle est fausse ». Or, le Vatican a indiqué qu’il était difficile d’établir les faits pour la simple raison que la personne présumée victime se trouvait hors du pays et n’a pas pu être entendue directement.
Deuxième allégation
Le Père Fabien parle d’« une parole imprudente mais qui n’avait aucune connotation sexuelle ». Cependant, au cours de l’enquête, le Père Fabien a reconnu, devant témoins, avoir demandé à deux reprises à une mineure de l’embrasser, et cela, à un an d’intervalle. Ces éléments ont été consignés dans le dossier transmis à Rome.
Les agissements du Père Fabien pourraient constituer un délit pénal en vertu des lois du pays et vont à l’encontre des principes fondamentaux de l’Église.
C’est sur cette base que l’évêque, après discernement avec le conseil épiscopal et le comité diocésain traitant des allégations d’agressions sexuelles, a transmis le dossier au Vatican.
Le Vatican n’aurait certainement pas agi sur la foi d’une « blague/joke » et qualifié les faits de graves avant de demander des mesures préventives.
D’ailleurs, le Père Fabien a accepté de se rendre au Kenya dans un centre qui accueille des prêtres en difficulté, pour faire un travail sur lui-même.
Qualifier ces faits de « joke » constitue un manque de respect grave envers la parole et la souffrance des personnes concernées. Le diocèse accueille la parole des personnes victimes avec sérieux et respect.
Accès aux résultats de l’enquête
Le Père Fabien affirme ne pas avoir vu les résultats de l’enquête. Or, il a été assisté tout au long de la procédure par un avocat ecclésiastique de son choix. Celui-ci a eu accès à tous les éléments du dossier.
Clarification sur les personnes interrogées
Le Père Fabien déclare que « toutes celles et ceux qui ont été interrogé.e.s, les mineur.e.s, personne ne m’a incriminé ». En réalité, seules les personnes impliquées, mineures à l’époque, ont été entendues.
L’Église réaffirme avec fermeté que toute allégation est traitée avec rigueur et dans le respect des lois de la République de Maurice. Tout comportement inapproprié avec un.e mineur.e n’est pas acceptable.
L’épreuve que nous traversons est douloureuse pour tous et crée de l’incompréhension. Pourtant, c’est précisément dans ces moments-là que nous sommes appelés à choisir la voie la plus exigeante : celle de la vérité vécue dans la charité. Notre Église ne peut grandir qu’en affrontant les épreuves avec courage, humilité et fidélité à l’Évangile.
Portons dans la prière toutes les personnes concernées par cette affaire ainsi que notre Église, afin que le Seigneur nous guide sur un chemin de justice, de conversion et de paix. »