Allégations contre le maulana Azhar Peerbocus : Rs 1000 pour le silence d’un enfant
Par
Le Défi Quotidien
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Mufti Azhar Peerbocus a quitté Maurice le 1er avril, au lendemain d’une Precautionary Measure (PM) faisant état d’allégations de maltraitance contre lui en tant qu’Acting Principal de la Twaha Academy Boarding School, à Pont-Lardier, Bel-Air/Rivière-Sèche. Il a embarqué à bord du vol SA 191, à destination de l’Afrique du Sud.
Originaire de la capitale, le religieux fait l’objet de graves accusations pour maltraitance sur des élèves de l’institut islamique. Selon les enquêteurs, il aurait proposé Rs 1 000 à l’un de ses élèves pour qu’il garde le silence. Une bande audio de cette conversation circule sur les réseaux sociaux et fait l’objet d’une enquête policière.
Dans l’enregistrement, le maulana Azhar Peerbocus aurait donné des instructions à l’élève pour mentir sur certains faits : « Si bannla dir si Alyan dormi dan mo lasam, dir non », entend-on dans la bande. Le religieux promet à l’enfant Rs 1 000 pour obtempérer : « Mem si to gagn bate, si bannla met presion lors twa to dir non ». Ces propos sont jugés « accablants » par les Casernes centrales, qui supervisent l’enquête menée par la police de Bel-Air.
Jusqu’à présent, deux plaintes pour maltraitance ont été consignées contre le religieux. La police précise qu’aucun délit sexuel n’a été signalé.
Une Precautionary Measure avait été déposée le 31 mars par la direction de la Twaha Academy, qui se dédouane de toute responsabilité. Le 2 avril, deux élèves âgés de 14 et 15 ans ont porté plainte à la Brigade pour la Protection de la Famille (BPF), dénonçant des agressions et des maltraitances, dont l’un affirme avoir été forcé à fumer une substance par le religieux.
Les enquêteurs poursuivent leurs auditions et invitent toute personne disposant d’informations crédibles à se présenter. Un volet spécifique de l’enquête est consacré à la bande audio circulant sur les réseaux sociaux.
Au moment du départ d’Azhar Peerbocus, aucune plainte officielle n’avait été enregistrée. Les Casernes centrales précisent que les plaintes ont été déposées à la BPF de l’Est le lendemain, soit le 1er avril.
Les deux enfants bénéficient d’un soutien psychologique et la police cherche à recueillir d’autres témoignages similaires. Selon les autorités, le religieux se trouve actuellement en Afrique du Sud. Si l’enquête confirme les délits allégués, il sera interpellé dès son retour à Maurice. La police examine également si ce départ était prévu ou effectué en urgence après que le maulana a appris qu’il ferait l’objet de dénonciations.
La bande audio, très suivie sur les réseaux sociaux, révèle le religieux interrogeant un élève : « Tonn trouv mwa fer kitsoz ki pa bon ? » Azhar Peerbocus critique également l’un des dénonciateurs : « Li mem ki pe fann **** la ». Il incite l’enfant à arriver tôt au collège et lui demande de passer la nuit chez ses grands-parents : « Kifer to pa al rest kot to dada ? ». L’enfant répond qu’il est chez des proches lors d’une sortie familiale.
La Jummah Mosque appelle à la mise en place de dispositifs de protection clairs et rigoureux, à la suite des allégations de maltraitance visant le mufti Azhar Peerbocus au sein de la Twaha Academy, à Bel-Air.
Dans un communiqué émis le lundi 6 avril, l’institution affirme demeurer pleinement engagée à promouvoir un environnement sûr et respectueux pour les enfants. Elle condamne fermement toute forme de mauvaise conduite, d’abus ou d’acte répréhensible, quel que soit le statut de l’auteur.
La Jummah Mosque rappelle son respect strict des lois du pays et souligne que ces allégations doivent être traitées conformément aux procédures légales en vigueur. Elle insiste également sur l’importance de permettre aux autorités compétentes d’exercer leur mission avec indépendance et rigueur.
L’organisation demande par ailleurs que toutes les mosquées, madrassas (écoles coraniques), Dar Ul Uloom et Jaamia, à Maurice et à Rodrigues, s’équipent de dispositifs de protection clairs et rigoureux. Elle recommande notamment une vérification systématique des antécédents des enseignants, du personnel et des bénévoles, que l’organisation des salles de classe se fasse dans des espaces ouverts et accessibles, et que soit instauré un système de suivi attentif des retours et préoccupations.
Enfin, la Jummah Mosque affirme que toute forme d’abus ou de harcèlement, qu’il soit physique, sexuel ou émotionnel, est traitée selon une politique de « zéro tolérance ».
Sur les réseaux sociaux, le départ du Mufti Azhar Peerbocus, qui a quitté le pays le 1er avril pour l’Afrique du Sud, a été associé au ministre du Transport, Osman Mahomed. Ce dernier dément toute implication. La vidéo en question a été postée par un internaute, et le ministre assure avoir immédiatement nié ces allégations sur la page Facebook de l’auteur du post. Au Défi Media, Osman Mahomed rejette avec force toute intervention : « Mo denie formelman ki monn intervenir dan ninport ki fason pou fer sa maulana-la ale. »