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Allégation de négligence médicale : l’hôpital de Flacq accusé d’avoir mal administré des soins à un ancien fonctionnaire    

Deywanand Aucharaz et Marie Sarah Henriot.

Deux cas allégués de négligence médicale ont été signalés à la police cette semaine. Le premier concerne un ancien patient de l’hôpital de Flacq et le second, une femme sous traitement à l’hôpital de Candos. 

Chundrowtee Aucharaz, 64 ans, en a eu assez de la qualité des soins prodigués à son époux, Deywanand, 69 ans, à l’hôpital Dr Bruno Cheong, à Flacq. L’habitante de St-Julien d’Hotman a porté plainte, lundi, contre cet établissement. Son époux y avait admis depuis le mois dernier pour des douleurs abdominales. 

Elle dira que l’état de santé de son époux s’est détérioré, qu’il n’arrive plus à se mouvoir, ni à reconnaître ses proches. Il a été victime d’un anévrisme causé par une pilule qui lui a été prescrit, selon un médecin généraliste. Elle a vainement tenté de faire transférer son époux dans un hôpital proposant un service de neurologie. 

« Mon père a été admis le 21 juin pour des problèmes cardiaques,  confie Atish. Il a non seulement été victime d’un anévrisme, mais aussi d’une thrombose après avoir pris cette pilule. Un médecin a dit que sa vie ne tenait qu’à un fil ». « Au départ, on nous a fait comprendre que des soins ne pouvaient lui être dispensés. Mon père a eu l’habitude de prendre deux grogs à l’heure du dîner, ce pendant des années. Il a d’abord fallu le sevrer, » raconte Atish. Le personnel a dû prendre des mesures draconiennes contre l’ancien fonctionnaire au ministère des Terres : il a été ligoté à son lit.   

À chaque fois que sa famille venait lui rendre visite, Deywanand était sous Valium et n’avait pas été pris en charge pour des soins cardiaques. Quand cela fut le cas, il a été transféré en soins intensifs pour l’anévrisme et la thrombose. 

Ce n’est après une plainte à la police et une intervention auprès du surintendant de l’hôpital de Flacq que la famille a pu le faire transférer à l’hôpital Dr A.G Jeetoo, à Port-Louis, mercredi. « Flacq, zot pa ti pe kapav dir ki li ti pe gagne. Zot ti pe dir li pa pou viv lontan. Enn dokter ek ki nou finn koze inn donn linpresyon kikzoz finn mal pase, » déclare Atish.

Service de gynecologie

À Port-Louis, le personnel a constaté que Deywanand a commencé à divaguer : il évoquait sa jeunesse et réclamait ses amis. Le verdict est tombé ce vendredi matin. Le médecin a annoncé qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, mais que ses jours n’étaient pas en danger. 

Par ailleurs, une plainte a été déposée, jeudi après-midi, par Marie Sarah Henriot, 30 ans, contre le service de gynécologie de l’hôpital Victoria. Cela, pour des cas de négligence médicale qui remontent à 2018 et 2020. 

Selon l’habitante de Rose-Hill, le 12 août 2018, elle y avait été admise pour une grossesse extra-utérine et on lui avait enlevé sa seconde trompe de Fallope. En avril 2020, elle a été de nouveau été admise pour des douleurs abdominales. On lui a annoncé qu’elle était enceinte, que le fœtus n’avait pas survécu et qu’il fallait qu’elle subisse un curetage. Une semaine plus tard, on lui dira qu’un second fœtus se trouvait hors de son utérus. L’injection qui lui est faite pour désintégrer le fœtus la mène sur le billard.

La jeune femme souffre d’une grave hémorragie et l’intervention est jugée urgente, le fœtus s’étant collé à ses intestins. Depuis, elle doit vivre avec un sac intestinal. Si elle a décidé de saisir la police, c’est parce l’hôpital lui a fait croire qu’une kyste de 8 cm a été découverte dans l’une de ses ovaires. Or, un examen médical dans le privé a démontré que cette kyste était de 28mm. 

« Pour cette kyste, les médecins semblent faire la courte-paille pour savoir qui va opérer, celui qui m’a enlevé le second tube étant en congé, » déplore-t-elle. Exténuée, cette mère de deux enfants dit ne pas comprendre comment elle a pu tomber enceinte alors que ses deux tubes lui ont été enlevés. « Ma vie est chamboulée, » dit-elle. 

Marie Sarah Henriot tente de monter un « crowdfunding » pour financer une intervention chirurgicale dans le privé pour se passer de cette poche intestinale, même si la faute, selon elle, revenait  à l’hôpital Victoria. L’opération nécessitera au moins un demi-million de roupies. Elle étudie également l’option d’un procès en réclamation au civil.

Sollicité, le ministère de la Santé n'a pas réagi.

 

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