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Allégation de négligence médicale - Jean Sydney : «J’ai subi 14 interventions depuis 22 ans»

Jean Sydney Jean Sydney, atteint de complications dues à une négligence médicale en 2002, a, à ce jour, subi 14 opérations.

Jean Sydney, 52 ans, est un marathonien vétéran. Il a été champion de Maurice du 42 km à cinq reprises. Il a entamé une carrière sportive dès l’âge de 19 ans. En 2002, une urostomie est pratiquée sur lui et depuis, il est paralysé. À ce jour, il a subi quatorze interventions. 

Il y a vingt-deux ans, Jean Sydney souffrait de maux de ventre et de ballonnements. Il avait aussi des difficultés urinaires. Il s’est fait soigner à l’hôpital. « Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Après ma première consultation, on m’a annoncé qu’il fallait faire une laparotomie (opération à ventre ouvert) pour trouver ce qui clochait. J’ai subi six à sept laparotomies. Hélas, les médecins n’ont rien trouvé », raconte-t-il. 

En 2002, Jean Sydney est informé par lettre qu’une urostomie (type de chirurgie qui permet à l’urine de sortir du corps par un stomie après le retrait d’un segment atteint)   est prévue pour lui à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. L’intervention consiste en une ouverture par voie chirurgicale de l’abdomen permettant l’évacuation de l’urine. C’est un professeur allemand qui le pratique. « Dix jours après l’intervention, l’urine sortait d’un sac placé lors de l’urostomie et les médecins m’ont dit que je faisais une infection. Il fallait changer le sac. Après cette intervention, j’ai eu des complications : un kyste au sexe, entre autres. Lors de mon prochain rendez-vous, à l’hôpital, j’ai expliqué les symptômes à un médecin indien. Il a estimé que cela n’était absolument pas normal. Et il a pratiqué un examen permettant de vérifier la présence de calculs rénaux ou d’autres maladies du rein et de la vessie. »

Ses médecins ne lui ont jamais révélé de quoi il souffrait. De plus, on lui a fait comprendre qu’il ne pouvait pas se faire opérer à l’hôpital. Devant une telle situation et avec des revenus modestes, il perd ainsi espoir. 

Mme Hardy lui propose alors son aide et il consulte un médecin à la Clinique Mauricienne. « Elle m’a approché, lorsqu’elle a entendu parler de mon cas. Je lui ai fait part de mes soucis financiers. Elle m’a alors dirigé vers un médecin de la clinique Mauricienne et elle a réglé la note. Des examens ont mis à jour une erreur lors de l’urostomie, un tube avait été attaché à mon rein, ce qui posait problème », ajoute-t-il.
À ce stade, Jean Sydney avait déjà subi neuf opérations à l’hôpital. À la suite de cette découverte, le médecin traitant de Jean Sydney à la Clinique Mauricienne a rédigé un rapport expliquant que l’hôpital avait « fauté » lors de l’urostomie et qu’il fallait remédier à cette situation au plus vite.

« Mon médecin a exigé que le sac soit enlevé immédiatement, car je n’en avais pas besoin. Un tube a été placé afin de restaurer ma fonction urinaire initiale. Cette intervention a coûté Rs 111 000. Et par la suite, je n’ai plus eu besoin de sac pour uriner. »

Les malheurs se poursuivent 

En 2008, alors que Jean Sydney tente de retrouver une vie normale, il retombe malade, ce qui le conduit à nouveau à l’hôpital. « Je suis soudainement retombé malade à cause d’infections et j’ai encore été opéré. Par la suite, en 2010, le tissu excédentaire de la prostate, qui masque l’écoulement de l’urine par l’urètre et hors du sexe, a été enlevé. Depuis, je suis paralysé », indique-t-il. 

En 2013, Jean Sydney reçoit une aide financière de Rs 500 000 pour un traitement à l’hôpital de Manipal, en Inde. Toutefois, les fonds n’ont pas suffi, car l’opération coûtait un million de roupies. Du coup, il était obligé de retourner à Maurice sans compléter le traitement prescrit.

Après ma première consultation, on m’a annoncé qu’il fallait faire une laparotomie pour trouver ce qui clochait. J’ai eu six à sept laparotomies. Hélas, les médecins n’ont rien trouvé »

En 2014, un board du ministère a jugé que son cas nécessitait une attention particulière et lui a attribué Rs 300 000 pour qu’il puisse poursuivre son intervention.

« En 2014, on m’a inséré un artificial sinker venu d’Amérique, qui nécessite un changement régulier tous les six mois. Mais à la suite d’infections, l’artificial sinker est sorti lorsque je prenais mon bain. 

En 2016, avec l’aide de bons samaritains, j’ai pu récolter l’argent pour me rendre en Inde. Lorsque je suis arrivé à l’hôpital, on m’a opéré une nouvelle fois pour retirer l’artificial sinker et le docteur était choqué par mon cas. Il m’a même dit qu’il n’avait jamais rencontré un cas avec de telles complications. »

En 2017, lors de son séjour avec un groupe de prière à la Réunion, il a dû se faire opérer en urgence. « Après cinq jours à la Réunion, je suis tombé tellement malade qu’on a dû m’admettre à l’hôpital de Saint-Pierre. On m’a fait comprendre qu’une opération était absolument nécessaire pour insérer une sonde dans mon rein droit. Cependant, on m’a conseillé de la faire retirer à Maurice dans un délai de trois mois.

D’ailleurs, je me suis rendu à l’hôpital lors de mon rendez-vous pour en parler au médecin avec le papier que m’avait soumis le médecin de la Réunion. Le médecin m’a renvoyé en disant que c’était une opération délicate et qu’il fallait attendre pour pouvoir le retirer. Il a refusé de procéder avec cette opération », raconte-t-il. 

Jean Sydney a tourné en rond pendant un an dans l’attente de se faire retirer la sonde. Il était trop tard, car la barre de fer dont était faite la sonde avait atteint sa colonne vertébrale ! « Je ne pouvais même pas m’asseoir. Je faisais de la fièvre et des infections. Je suppliais les docteurs de m’aider, mais mes demandes sont restées vaines. Ils m’ont dit que ces douleurs étaient normales, puisque mon cas était compliqué. Cependant, le temps est passé et ils m’ont dit qu’il était impossible de retirer la sonde. »

En tant qu’ancien sportif, je suis choqué que cela m’arrive. Je vis un calvaire, car je suis paralysé, ma santé se détériore de jour en jour et je suis impuissant face à cette situation »

Il souffre énormément de complications dues à sa condition actuelle. Aujourd’hui, même s’il bénéficie d’une pension à vie, ce n’est pas suffisant, car il doit suivre des traitements en continu en Inde tous les six mois. Il doit subir une intervention chirurgicale pour une néphrectomie partielle. Des traitements qu’il ne peut d’ailleurs pas se permettre, car les frais sont onéreux et ses revenus modestes, ce qui cause une détérioration continuelle de sa santé.

« En 2018, j’ai reçu un papier qui certifiait que mon cas ne pouvait être traité à Maurice à cause de sa complexité. Du coup, quand je vais à l’hôpital, on me donne de la morphine pour calmer la douleur, espérant que ça passe. En tant qu’ancien sportif, je suis choqué que cela m’arrive. Je vis un calvaire, car je suis paralysé, ma santé se détériore de jour en jour et je suis impuissant face à cette situation », fait-il observer. 

Appel à solidarité

Jean Sydney lance un appel pour se procurer deux billets d’avion afin de se rendre en Inde. Tous ceux qui souhaitent l’aider peuvent contacter Le Défi.

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