Alerte sanitaire Prisons : la guerre aux rats est déclarée
Par
Fernando Thomas
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Fernando Thomas
La présence de rats dans plusieurs établissements pénitentiaires suscitent des craintes de contamination. Face aux risques sanitaires, dont la leptospirose, les autorités renforcent la vigilance.
Les rondes sanitaires se multiplient derrière les murs des prisons. Dans plusieurs établissements pénitentiaires, la présence de rongeurs continue de préoccuper aussi bien le personnel carcéral que certains détenus. Si le phénomène ne date pas d’hier, plusieurs témoignages recueillis auprès de sources pénitentiaires évoquent une aggravation progressive de la situation. Des rats, fait-on comprendre, ont été aperçus dans différentes zones sensibles : cours extérieures, espaces de stockage, abords des cuisines, drains et secteurs de collecte de déchets.
Cette réalité alimente un malaise grandissant chez certains gardiens, qui redoutent surtout les risques sanitaires associés à la prolifération des nuisibles, particulièrement dans le contexte sanitaire actuel. La leptospirose, maladie bactérienne transmise notamment par l’urine de rats infectés, demeure au centre des préoccupations des autorités sanitaires.
Plusieurs prisons seraient concernées par la présence de rongeurs à divers degrés. Nos informateurs évoquent notamment la prison centrale de Beau-Bassin, la prison des femmes, la Melrose High Security Prison ainsi que d’autres établissements où des opérations de contrôle ont, selon eux, récemment été intensifiées.
« Dans certains cas, la présence des rongeurs serait davantage observée à proximité des zones humides ou des espaces où des restes alimentaires peuvent subsister malgré le nettoyage. Ce n’est pas une situation nouvelle, mais les inquiétudes ont augmenté avec les récents cas de leptospirose enregistrés dans le pays », souligne un gardien affecté au département General Duties, sous le couvert de l’anonymat. Les craintes, poursuit un autre informateur basé à la Correctional and Emergency Response Team (CERT), portent surtout sur les risques de contamination dans un environnement fermé où la propagation d’une maladie pourrait vite devenir problématique.
Face aux préoccupations exprimées, la direction carcérale a considérablement renforcé son dispositif de prévention. Des opérations régulières de dératisation sont actuellement menées dans plusieurs établissements, avec l’intervention d’équipes spécialisées et un suivi plus fréquent des zones identifiées comme sensibles. Les autorités ont également ordonné une intensification des nettoyages quotidiens dans les cuisines, boulangeries, infirmeries, cellules et espaces de rassemblement. Des inspections supplémentaires sont désormais effectuées afin de détecter rapidement toute trace d’infestation.
Parmi les nouvelles mesures mises en place : une meilleure sécurisation des points de stockage alimentaire ; le retrait accéléré des déchets ; des contrôles renforcés des conduits d’évacuation ; l’installation plus fréquente d’appâts sécurisés ; des campagnes de sensibilisation auprès du personnel et des détenus. Selon nos recoupements, des briefings internes sont organisés afin de rappeler le protocole sanitaire à suivre en cas de présence de rongeurs.
Selon le ministère de la Santé et du Bien-être, le nombre de cas de leptospirose s’élève à 23 depuis le début de l’année.
Six personnes sont décédées des suites de la maladie. Les risques de contamination augmentent généralement dans les environnements humides ou insalubres, particulièrement après les fortes pluies. Les symptômes peuvent inclure fièvre, douleurs musculaires, vomissements et maux de tête. Dans les cas les plus graves, la maladie peut provoquer des complications rénales ou hépatiques.