Alerte sanitaire : Chikungunya, leptospirose et mpox sous surveillance
Par
Sharone Samy
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Sharone Samy
Avec plus de 1 500 cas de chikungunya, quatre décès liés à la leptospirose et l’apparition confirmée du virus mpox, Maurice fait face à une pression sanitaire sans précédent. Le Dr Fazil Khodabocus appelle à une vigilance accrue pour contrer la progression simultanée de maladies graves.
La situation sanitaire à Maurice demeure sous haute surveillance avec la circulation simultanée de plusieurs maladies infectieuses. Depuis le début de l’année 2026, 1 577 cas de chikungunya ont été recensés, dont 56 pour la seule journée de mercredi. À ce jour, les autorités sanitaires font état de 97 cas actifs à travers l’île. Le Dr Fazil Khodabocus confirme une progression continue de la maladie. « Le chikungunya continue sa progression dans l’île et, à ce stade, le pays compte 97 cas actifs. Le ministère enregistre environ une quarantaine de cas par jour et le public doit faire preuve de vigilance »,
explique-t-il.
Les régions des Plaines-Wilhems, notamment Rose-Hill, Stanley, Camp-Levieux et Quatre-Bornes, figurent parmi les zones les plus touchées. Le ministère de la Santé, à travers la Vector Biology and Control Division, intensifie ainsi ses campagnes de lutte contre les moustiques, principaux vecteurs de la maladie. Le médecin insiste sur les gestes de prévention. « Il est important d’éliminer les gîtes larvaires en nettoyant les zones où l’eau peut stagner. En cas de symptômes comme la fièvre, les éruptions cutanées ou des douleurs articulaires, il est conseillé de consulter un médecin rapidement », souligne-t-il.
Parallèlement, la leptospirose continue de susciter des inquiétudes. Depuis janvier, 16 cas ont été enregistrés, dont quatre décès. Un cas actif concerne une femme de 71 ans, admise à l’hôpital Victoria, dont l’état est jugé stable. Cette maladie bactérienne, transmise par l’urine de rats, touche particulièrement les personnes exposées dans le cadre de leurs activités professionnelles. « Les planteurs et les employés des Collectivités locales doivent porter des bottes et des gants. Il est également recommandé de laver soigneusement les boîtes de conserve et les canettes avant consommation », précise le Dr Fazil Khodabocus.
Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, vomissements et parfois une jaunisse. « La leptospirose peut être traitée, mais en cas de négligence, elle peut entraîner des complications graves, voire être mortelle. Il faut consulter un médecin dès les premiers signes », insiste-t-il.
À cette situation déjà tendue s’ajoute l’apparition de la variole du singe (mpox) sur le territoire. Deux cas importés ont été confirmés le mercredi 22 avril. Il s’agit d’un Mauricien de 46 ans et d’un Comorien de 31 ans, tous deux ayant transité par Madagascar, où la maladie est en circulation.
Les deux patients, présentant des symptômes caractéristiques, ont été transférés à l’hôpital de Souillac. « Après avoir pris connaissance de leurs résultats, les deux patients ont été transférés à Souillac où ils ont été placés en isolation. Leur état de santé est stable, mais nous restons vigilants », indique le Dr Fazil Khodabocus.
La mpox est une maladie virale qui se transmet principalement par contact étroit avec une personne infectée, notamment à travers les lésions cutanées, les fluides corporels ou des objets contaminés. Elle se manifeste généralement par de la fièvre, une fatigue intense et des éruptions cutanées caractéristiques
Face à ces cas importés, les autorités ont immédiatement enclenché un exercice de contact tracing afin d’identifier les personnes ayant pu être exposées. « Depuis la détection de ces deux cas, le ministère a déjà enclenché un exercice de contact tracing pour obtenir des informations et savoir si les deux personnes ont été en contact avec d’autres individus. Nous surveillons de près la situation », affirme le médecin.