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Al-Jazeera dénonce un «crime de guerre» après la frappe sur ses bureaux à Gaza

Le directeur d'Al-Jazeera a dénoncé un "crime de guerre" et une tentative de "faire taire les médias" après que l'armée israélienne a bombardé samedi à Gaza l'immeuble abritant les locaux de la chaîne de télévision qatarie et d'autres médias.

Israël pilonne depuis lundi l'enclave palestinienne contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, qui lance des roquettes sur l'Etat hébreu en représailles à la violente répression de manifestants palestiniens à Jérusalem-Est en fin de semaine dernière et lundi.

A Gaza, territoire surpeuplé sous blocus israélien, les autorités palestiniennes ont fait état de 145 morts, dont 41 enfants, et quelque 1 100 blessés dans les bombardements.

"La destruction des bureaux d'Al-Jazeera et de ceux d'autres médias dans la tour Al-Jalaa à Gaza est une violation flagrante des droits humains et est considérée internationalement comme un crime de guerre", a dénoncé Mostafa Souag, le directeur général par intérim du groupe qatari.

"Le but de ce crime odieux est de faire taire les médias et de cacher le carnage et la souffrance indicibles de la population de Gaza", a-t-il déclaré.

Le directeur de l'information d'Al-Jazeera, Assef Hamidi, a indiqué à l'AFP que la chaîne prendra "toutes les mesures pour poursuivre Israël" en justice, ajoutant que "la réponse la plus importante (était) de continuer à couvrir les événements".

Des journalistes de l'AFP ont vu la tour de 13 étages, qui accueille aussi l'agence de presse américaine Associated Press (AP), se faire pulvériser par plusieurs missiles.

L'armée israélienne avait demandé préalablement l'évacuation de l'immeuble.

AP s'est dit "choquée et horrifiée". "Nous avons évité de justesse de terribles pertes humaines. Une dizaine de journalistes et de pigistes d'AP se trouvaient dans l'immeuble et heureusement, nous avons pu les évacuer à temps", a déclaré dans un communiqué le patron de l'agence, Gary Pruitt.

"Le monde sera moins informé sur ce qui se passe à Gaza à cause de ce qui s'est passé aujourd'hui", a-t-il déploré.

La Maison Blanche a de son côté assuré avoir dit directement aux Israéliens que "garantir la sécurité des journalistes et des médias indépendants était une responsabilité d'une importance capitale", selon un tweet de sa porte-parole Jen Psaki.

De son côté, l'AFP a tenu "à exprimer toute sa solidarité avec les médias dont les bureaux ont été détruits à Gaza", a déclaré Fabrice Fries, le PDG de l'agence, appelant au respect du "droit à l'information".

"Nous sommes profondément choqués par le fait que des bureaux de médias soient visés de cette façon", a par ailleurs réagi son directeur de l'information, Phil Chetwynd.

L'armée israélienne a indiqué que des équipements militaires du Hamas se trouvaient dans l'immeuble où les médias étaient, selon elle, utilisés comme "boucliers humains". 

Depuis le début de la semaine, plus de 2.300 roquettes ont été lancées sur Israël depuis Gaza par des groupes armés palestiniens, tuant dix personnes, dont un enfant, et faisant plus de 560 blessés.

Plus importante chaîne d'information du monde arabe, Al-Jazeera est régulièrement prise pour cible par des régimes autoritaires au Moyen-Orient où ses correspondants couvrent guerres et soulèvements populaires.

AFP

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