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Akash Sungker : «Les étapes pour obtenir le permis de conduire seront bientôt revues»

Le directeur de la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU) détaille les mesures prioritaires pour réduire les accidents : signalisation renforcée, feux adaptatifs et modélisation du trafic afin d’améliorer la sécurité et la fluidité routières.

Y a-t-il un lien clair entre la sévérité des sanctions et une modification durable des comportements routiers ?
Lorsque le permis à points, introduit en 2012, a été rendu effectif en 2013, le nombre d’accidents de la route mortels avait diminué, avant de reprendre l’ascenceur quand il a été remplacé par le Cumulative Road Traffic Offence.

En faisant une analyse scientifique, ce n’est pas uniquement le permis à points qui a permis de réduire le nombre d’accidents mortels. Nous nous attendons néanmoins, avec la réintroduction du permis à points, à ce que le nombre d’accidents diminue. Ce système prévoit des mesures pour l’alcool et la drogue au volant, avec des amendes plus élevées.

Une campagne d’explication sera lancée lorsque le système sera remis en vigueur.

Bientôt, si un usager franchit un feu rouge, il sera photographié et recevra un courrier à son domicile l’invitant à venir payer une amende»

Pensez-vous qu’un chantier éducatif structuré – de l’école primaire aux auto-écoles – est devenu indispensable pour bâtir une génération de conducteurs plus disciplinés ?
La TMRSU a une section dédiée à l’éducation. Nous sommes déjà actifs dans les écoles primaires avec du matériel numérique. Nous travaillons en collaboration avec le ministère de l’Éducation pour introduire la sécurité routière dans le secondaire. Nous avons déjà préparé les « terms of reference » pour recruter un consultant. Le sujet n’est pas examinable, mais il figure dans le cursus scolaire.

Nous animons aussi des causeries dans diverses régions – centres communautaires, entreprises employant des chauffeurs de poids lourds, etc. Sans oublier les campagnes visant à changer le comportement humain sur les routes. 

Nous allons bientôt changer d’approche, en allant davantage vers le public sur le terrain. Nous envisageons, par exemple, de distribuer des gilets rétroréfléchissants à tous les usagers de deux-roues. Beaucoup ne les portent pas.

L’incivilité et l’indiscipline restent un problème majeur. Comment améliorer la courtoisie et le respect mutuel entre usagers, notamment envers les usagers vulnérables ?
Nous considérons deux catégories d’usagers comme vulnérables : les usagers de deux-roues et les piétons. Pour ces derniers, avec la période festive, nous allons intensifier nos actions pour expliquer les précautions à prendre et les endroits où traverser. 

Pour les deux-roues, nous allons mettre l’accent sur la visibilité la nuit (avec le port du gilet rétroréfléchissant) et le casque de sécurité. Le ministère travaille sur une nouvelle réglementation pour que les casques soient conformes aux normes de l’Organisation des Nations unies. Nos lois seront alignées sur ces recommandations. L’avis du ministère du Commerce, au niveau de l’importation, est attendu. 

Le deuxième élément, c’est la visibilité. Et troisièmement, avec le permis à points, nous allons mettre l’accent sur l’excès de vitesse et les rallyes illégaux. Le ministère envisage également la construction d’un circuit fermé pour les amateurs de vitesse, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. 

Nous avons aussi remarqué que les motocyclistes brûlent souvent les feux rouges. Dans un avenir proche, le ministère pourrait introduire des « red light cameras » : si un usager franchit un feu rouge, il sera photographié et recevra un courrier à son domicile l’invitant à venir payer une amende.

Un simulateur est prévu dans le cadre du ‘graduated driving licensing scheme’ (…) ainsi qu’un ‘driving track’ à Forest-Side»

Justement, comment les caméras Safe City pourraient-elles être mieux intégrées à la gestion de la sécurité routière ?
Il est prévu d’enclencher les procédures afin de pouvoir les utiliser pour les offenses routières. Actuellement, ces caméras sont utilisées pour les infractions criminelles.

Les caméras Safe City seront utilisées pour quatre principales infractions routières : l’excès de vitesse, l’utilisation du téléphone portable au volant (les caméras pourront photographier le conducteur ou enregistrer une vidéo qui pourra être présentée devant la cour), le non-port de la ceinture de sécurité et le non-respect du couloir routier (les zigzags sur la route). 

Dans un proche avenir, le ministère du Transport terrestre installera également plus d’une soixantaine de cameras pour contrôler les excès de vitesse. À cela s’ajouteront des caméras supplémentaires qui vont surveiller tous les usagers de la route.

Avec la reintroduction du permis à points, ce sont plusieurs points que l’automobiliste pourrait ainsi perdre.

Qu’en est-il pour l’alcool au volant, l’amende ne devrait-elle pas être graduée ?
Pour l’alcool au volant, il faudrait modifier le Road Traffic Act afin que ce soit gradué en fonction du nombre de milligrammes d’alcool dans le sang. Cela n’a pas de sens qu’une personne qui a bu en petite quantité paie la même amende qu’un automobiliste qui a bu en excès. 

Qu’en est-il de la formation des conducteurs ?
Toutes les étapes pour obtenir le permis de conduire seront bientôt revues. Nous allons introduire un système de « graduated driving licensing scheme » (GDLS). Ce sera un permis de conduire probatoire avec quatre étapes pour arriver à l’obtention du permis complet. Au cours de ces quatre étapes, le nouveau conducteur sera sous surveillance. Il devra coller un autocollant « P » de couleur rouge indiquant qu’il vient d’obtenir son permis. 

Le ministre travaille en collaboration avec la police, la National Land Transport Authority et le Mauritius Institute of Training and Development (MITD), qui préparent les amendements au Road Traffic Act pour l’introduction du GDLS. Le MITD prévoit aussi de mettre en place un circuit (Driving Track) à Forest-Side où tous les apprenants iront apprendre à conduire. Actuellement, ces installations n’existent pas à Maurice.

Avec l’introduction du « Licensing System », les instructeurs, devront eux aussi suivre de nouvelles sessions de formation, ainsi que les policiers qui supervisent les examens.

Y aura-t-il un simulateur de conduite ?
Nous n’en avons pas actuellement. C’est prévu dans le GDLS. Ces facilités seront fournies par le MITD. Actuellement, ceux qui apprennent à conduire n’ont pas toujours l’occasion de négocier un rond-point. Toutes ces facilités sont prévues dans le Driving Track qui sera aménagé. Les apprenants auront ainsi la possibilité de conduire dans des conditions réelles, y compris sous la pluie. 

Le but est de produire des conducteurs formés et responsables, capables de faire face aux diverses conditions de la route, quelles que soient les conditions météorologiques.

Les caméras Safe City seront utilisées pour quatre principales infractions routières»

Que prévoyez-vous, à court, moyen et long terme, pour réduire les accidents ?
Le ministère du Transport terrestre va bientôt lancer un appel d’offres pour recruter un consultant afin de mettre en place un « arrested bed » à Sorèze, en direction de Port-Louis, zone où de nombreux accidents liés à des problèmes de freinage ont été recensés. Nous mènerons également des campagnes de sensibilisation pour expliquer le rôle et l’importance des « arrested beds ».

Nous allons mettre l’accent sur la bonne approche des rond-points. Beaucoup d’automobilistes ne savent pas les négocier correctement, notamment à celui de St-Jean et à proximité de Nexteracom à Ebène. Un nouveau panneau de signalisation sera installé pour indiquer, lorsqu’un automobiliste emprunte un couloir, les directions autorisées et celles interdites. Ces nouveaux panneaux renforceront ainsi la discipline des voies (« lane discipline »).

Concernant la gestion de la circulation, une consultation est en cours pour introduire de nouveaux feux de signalisation adaptatifs. La plupart des feux actuels ne sont pas « demand-driven », c’est-à-dire que, peu importe le nombre de véhicules sur une artère, le temps du feu vert reste fixe. Nous voulons introduire un « Adaptive Traffic Control System », contrôlé par l’intelligence artificielle. Sur l’artère la plus fréquentée, le feu vert restera plus longtemps, améliorant ainsi la fluidité du trafic. Nous attendons le rapport du consultant pour mettre en place un « Intelligent Transport System », où la technologie informatique jouera un rôle central.

Pour lutter contre la congestion routière, une cellule spécialisée, la Traffic Modelling Unit, travaille sur divers scénarios de circulation afin d’identifier et d’appliquer les meilleures solutions pour fluidifier le trafic sur les axes principaux.

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