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Agressions dans les collèges - Leela Devi Dookun-Luchoomun: «Il ne faut pas généraliser»

Les autorités estiment que pour contrer la violence scolaire , il est essentiel de responsabiliser les collégiens.
Deux cas d’agression impliquant des collégiens font l’actualité depuis lundi. Dans le premier, un élève se retrouve à l’hôpital de Rose-Belle. Dans le second, une vidéo  circule sur la Toile. La ministre de l’Éducation se veut rassurante. La ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun soutient « qu’il ne faut pas généraliser et faire croire que c’est le cas partout ». Elle laisse aussi entendre qu’il faut approfondir l’enquête qui a été initiée. « Il faut voir et comprendre ce qui a incité les agresseurs à agir ainsi, afin d’aider les agresseurs et l’agressé… » Au collège John Kennedy, un comité disciplinaire a tranché après l’agression d’un adolescent de Form IV le jeudi 9 juin dernier. Les deux agresseurs seront interdits de classe durant cinq jours. Ils devront effectuer des travaux de nettoyage dans l’enceinte de l’institution. L’un d’eux, membre du Student Council a été expulsé de cette instance avec effet immédiat. Un suivi psychologique sera accordé aux élèves concernés.

Sensibilisation

Décision a aussi été prise de fermer la salle où s’est déroulée l’agression. Celle-ci était autrefois destinée au gardien. Les représentants de la Brigade des mineurs animeront des causeries pour les élèves. Ils auront aussi droit aux conseils sur les méfaits de la cigarette par le ministère de la Santé. Les responsables du collège devront également sensibiliser les élèves sur leur comportement à l’école. Pour rappel, durant la récréation de jeudi dernier, un élève de Form 4 a reçu des coups et a été abreuvé d’insultes par des élèves de Lower Six. Selon les témoignages, une affaire de cigarette serait à l’origine de cette agression. La vidéo circulant sur la Toile montre l’agression qui s’est produite dans une salle inoccupée et dont les murs sont couverts de graffitis. Le père de l’ado a porté plainte au poste de police de Pamplemousses après avoir visionné la vidéo. L’élève a reçu des coups à l’abdomen et aux oreilles. Il a aussi été brûlé au cou avec une cigarette.
Alors que le collège compte une nouvelle rectrice depuis lundi, pour certains parents le précédent recteur aurait dû s’occuper de ce cas avant de partir. Les parents se demandent aussi pourquoi le rapport n’est parvenu que le lendemain des faits. De son côté, Rita Venkatasawmy, Ombudsperson for Children, affirme que son bureau reçoit plusieurs plaintes d’indiscipline et de violence dans les établissements scolaires. Dans une intervention à Radio Plus, elle précise : « Nous procédons toujours au cas par cas. Il est important de ne pas faire d’amalgame. Les jeunes sont capables d’attitude très violente. Il faut résoudre le problème dans le respect de leurs droits. Certes, ils connaissent leurs droits, mais il faut leur apprendre comment les exercer. Dans certains cas, quand l’enfant fait preuve d’une violence extrême, l’école n’a pas d’autre choix que de le renvoyer. »

Un élève admis à l’hôpital de Rose-Belle

Ritish R., élève du Mahatma Gandhi Secondary School (MGSS) de Nouvelle-France, a été admis à l’hôpital de Rose-Belle, lundi. Collégien en Upper 6, il a reçu plusieurs coups au visage et au ventre. Sa mère relate que c’est vers 10 h 30, alors qu’il rejoignait ses camarades dans la cour, qu’il a été agressé. « Cela fait deux ans que ça dure. Mon fils est victime à cause de sa couleur de peau. Il est constamment harcelé et battu par ce groupe d’élèves. C’est la deuxième Form 58 que je prends », confie la mère. Après l’agression, elle a porté plainte au poste de police de Nouvelle-France, au ministère de l’Éducation et au Mahatma Gandhi Institute. Emma Chelumbrum

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Magie du dialogue

Elle insiste que tous les problèmes doivent d’abord être réglés en interne : « Parents et élèves doivent en parler avec les responsables du collège. Ces derniers feront appel aux directeurs de zone ou à d’autres instances. C’est en dernier recours qu’ils peuvent s’adresser à l’Ombudsperson qui mènera toujours une enquête approfondie avant de se prononcer. » Rita Venkatasawmy ajoute : « N’oublions pas que le ministère de l’Éducation a introduit un programme pour combattre ce fléau. Il faut mettre les jeunes devant leur responsabilité. » Elle conclut : « Le problème de violence dans les écoles ne date pas d’aujourd’hui. Un rapport du National Economic and Social Council de 2012 le mentionnait déjà. »  
   

Dr Hassam Sakibe Coowar, pédagogue: «Un coup de rotin n’a jamais fait de mal»

Comment qualifiez-vous le comportement des élèves aujourd’hui ? Les enfants doivent d’abord obéir aux parents. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que les élèves n’ont aucun respect. Il y a un laisser-aller. L’enfant fait ce qu’il veut, et il sait qu’on ne pourra rien lui faire. On a surprotégé les enfants et nous sommes arrivés au règne de l’indiscipline. Notre système d’éducation aide-t-il à combattre l’indiscipline au collège ? On entend dire que l’école d’aujourd’hui n’est pas intéressante. Il faut doter l’école d’une certaine autorité reconnue par la loi. L’enseignant ne peut rien faire contre l’élève brutal ou qui dérange. Aussi longtemps qu’on ne légiférera pas pour rétablir l’autorité, cela ira de mal en pis. Qui sont, selon vous, les responsables ? Les autorités, le gouvernement en place, la justice. On parle des droits de l’enfant, en oubliant les droits des parents, de l’enseignant. Hélas, nous ne disposons pas d’outils pour nous aider à réagir. Le ministère de l’Éducation a publié un « Student Behaviour Policy » Il a fallu publier un document et on l’a fait. Cela ne veut pas dire qu’on est en train de mettre ces mesures à exécution. C’est de la bureaucratie qui n’aboutira à rien. Que pensez-vous des punitions corporelles ? Je crois qu’un coup de rotin n’a jamais fait de mal. Il est évident qu’on ne battra pas un élève à mort. C’est une correction. Un récent sondage en France a révélé que 90 % des familles françaises sont contre l’abolition de la punition corporelle.
 

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