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Agression, extorsion et chantage : un comptable sommé de payer Rs 200,000 pour préserver son honneur

Par Le Défi Plus
Publié le: 27 June 2026 à 17:30
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Scène d’agression dans ce guet-apens.
Scène d’agression dans ce guet-apens.
  • « Monn perdi mo travay kan sa video la inn difize »

Un comptable voulait passer un bon moment en charmante compagnie, mais il a enduré un calvaire. L’idylle de cet homme a commencé sur l’application de rencontres Tinder. En naviguant sur cette application en avril, Fadil (prénom modifié), 29 ans, un habitant de Vallée-des-Prêtres, est attiré par le profil d’A. N., dont la photo est celle d’une femme. Très vite, il « match » avec cette internaute qui se présente comme Anisha et commence à échanger des messages avec elle.

Cette amitié naissante se développe rapidement. Fadil et Anisha échangent leurs coordonnées et commencent à discuter sur WhatsApp. Après ces premiers échanges virtuels, ils décident de passer au réel et un premier rendez-vous est fixé. « On a voulu se voir face à face et Anisha m’a proposé de la rencontrer dans sa maison », indique le jeune homme.

Vers 12 h 30, le 19 mai, Fadil se présente au lieu de rendez-vous convenu, le domicile d’Anisha à Port-Louis. Il s’y rend sans méfiance. « Anisha est venue me rejoindre sur la route, elle portait un haut de couleur orange et un short, c’était la même personne que j’ai vue sur le profil Tinder. Je l’ai suivie jusqu’à sa maison et avec consentement on a pris place dans une chambre. »

Mais sur place, Fadil constate rapidement que cette rencontre est loin de se dérouler comme il l’a imaginée. Leur tête-à-tête est brusquement interrompu par l’intrusion de plusieurs individus, dont une femme, dans la pièce.

Pour Fadil, qui croyait se trouver dans un endroit sûr et discret aux côtés de sa nouvelle conquête, c’est la stupeur. Il est violemment pris à partie. Une bande, armée de sabres et de battes de baseball, composée de trois hommes et d’une femme, se déchaîne sur lui tout en proférant des menaces et en lui assénant des coups.

Fadil explique que la personne qu’il croyait être une femme ne l’est pas. C’est un travesti.

Guet-apens

Il est tombé dans un guet-apens. Ses ravisseurs lui font du chantage. Téléphones en main, ils filment son passage à tabac. « Ils m’ont réclamé Rs 300 000 pour ne pas divulguer cette vidéo, ils ont vérifié la balance de mon compte bancaire sur l’application Juice », relate Fadil.

Les malheurs de Fadil sont loin d’être terminés. Ses agresseurs contactent sa mère et lui ordonnent de se présenter sur place afin de secourir son fils. Accompagnée de son oncle, sa mère débarque sur les lieux. À leur arrivée, Fadil, retenu contre son gré, est réprimandé devant sa mère et son oncle. « To bizin swa pran travesti la, aller soit donn nou kas », lancent ses ravisseurs.

L’oncle de Fadil est contraint de remettre une somme de Rs 200 000 à cette bande afin de préserver l’honneur de son neveu. Mais le 18 juin, c’est la désillusion pour Fadil lorsqu’il découvre la vidéo de son agression dans laquelle il apparaît à moitié nu, diffusée sur les réseaux sociaux.

« Kan sa video la inn sorti monn perdi mo travay et bokou kitsoz  », confie Fadil. La vidéo est devenue virale sur Facebook.
« Ils s’étaient engagés à ne pas diffuser cette vidéo ni à rendre ces incidents publics », indique Fadil dans une plainte au poste de police de Vallée-des-Prêtres.

Outre Fadil, Fardeen (prénom modifié) est lui aussi tombé dans les griffes de cette bande organisée après avoir été séduit par le travesti.

Un autre habitant de Vallée-des-Prêtres, âgé de 37 ans, était en communication via WhatsApp avec une prétendue femme dans la matinée du 17 juin. Le même jour, vers 14 heures, il se rend à la route Nicolay afin de rencontrer celle-ci. « Une fois sur place, j’ai téléphoné et elle m’a invitée à la rejoindre au premier étage. » Mais une fois dans cette maison, Fardeen est rapidement déchanté. « J’ai découvert que la personne avec qui je chattais était un homme », confie-t-il. 

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Muhammad Ayman Ahamad Mahamoodally servait  d'appât pour attirer les victimes.  Yassin Ashfaaq  Oozeear et Ameena Bibi Souhayla Rawa.
Muhammad Ayman Ahamad Mahamoodally servait  d'appât pour attirer les victimes, Yassin Ashfaaq  Oozeear et Ameena Bibi Souhayla Rawa.
Libération contre paiement

Fardeen n’a pas le temps de quitter les lieux. Six personnes l’ont encerclé. La situation devient rapidement violente. « To marye twa ? », lui demandent ses agresseurs.

Il est immobilisé sur un lit sous les regards du travesti. Paniqué et désorienté, Fardeen se retrouve à la merci de cette bande de malfrats et les implore de l’épargner. 

Afin de pouvoir quitter les lieux de ce piège, Fardeen négocie sa libération contre paiement : « Mo donn twa kas sifale ». Ses agresseurs lui demandent de transférer Rs 150 000 via une application mobile. Le jour de cette agression, Fardeen a porté plainte au poste de police de Plaine-Verte pour séquestration.

La police criminelle de Plaine-Verte, dirigée par l’inspecteur Sattar Golap, est rapidement remontée jusqu’à cette bande. Le vendredi 19 juin, Muhammad Ayman Ahamad Mahamoodally, 21 ans, désigné comme étant le travesti de la bande qui se faisait appeler Anisha, a été arrêté.

Lors d’un exercice d’identification, il a été reconnu par l’un des plaignants et il est en détention.

Deux autres suspects ont été arrêtés : Yassin Ashfaaq Oozeear, 26 ans, et son épouse Ameena Bibi Souhayla Rawa, 32 ans. Un mineur de 17 ans, également interpellé, a, quant à lui, été relâché après son interrogatoire.


Une troisième plainte pour agression vise le couple Yassin Oozeear-Soulayeha Rawa

Une nouvelle plainte a été enregistrée par la police contre Yassin Ashfaaq Oozeear et son épouse, Soulayeha Rawa, à la suite de la diffusion d’une vidéo devenue virale montrant l’agression d’un jeune homme de 20 ans. Les faits remontent au 13 avril dernier, à la rue Maharatta, à Plaine-Verte.

Sur les images, la victime apparaît accrochée au grillage métallique d’un jardin d’enfants, tandis qu’elle est prise à partie par plusieurs individus qui l’accusent d’un vol. Une femme, munie d’un câble, est notamment vue lui assénant de violents coups alors qu’il est sans défense.

Grièvement blessé, le jeune homme avait été transporté à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, à Port-Louis. Une enquête pour « Assault » avait alors été ouverte. Toutefois, l’affaire n’avait connu aucun développement en l’absence d’une déposition détaillée de la victime, jusqu’à la diffusion récente de la vidéo sur les réseaux sociaux.

Le mercredi 24 juin, le jeune homme s’est présenté au poste de police de Plaine-Verte pour livrer un récit complet des faits. Il rejette toute implication dans cette affaire de vol. Il affirme travailler comme ramasseur de vieille ferraille et explique qu’il s’était contenté, ce jour-là, d’aider des personnes à faire démarrer une voiture tombée en panne mécanique. Peu après, un individu l’aurait accusé d’avoir dérobé des pièces du véhicule. Selon sa version, il aurait ensuite été encerclé par une vingtaine de personnes avant d’être violemment agressé.

Dans sa déposition, la victime a identifié deux de ses agresseurs présumés comme étant Yassin Ashfaaq Oozeear et son épouse, Soulayeha Rawa. Déjà arrêtés et incarcérés d, les deux suspects ont nié les accusations portées contre eux. 

Le jeudi 25 juin, ils ont été provisoirement inculpés d’« Assault with Premeditation » devant le tribunal de Port-Louis. 

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