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Agression du neurologue Rabindranath Modun - Le suspect Joson : «Nun kone nu camarade dan prizon»

Par Le Défi Plus
Publié le: 25 avril 2026 à 10:24
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Hans Kisoon-Mevin Joson
  • Hans Kissoon : « Mo fami ti amen mwa kot dokter la pou traitmant » 

C’est en prison que les deux présumés suspects, Hans Kissoon et Mevin Joson, accros aux stupéfiants, ont élaboré leur plan. Le nom de Rabindranath Modun, un neurologue de 77 ans, circulait parmi les détenus, ce qui les aurait incités à le cibler et à projeter de le dépouiller à son domicile à Coromandel à leur sortie de prison. Ce dernier avait déjà été victime d’une agression en mai 2022, présentant des similitudes avec une précédente affaire impliquant trois habitants de Chebel qui l’avaient également pris pour cible. 

Une fois libérés, les deux suspects ont commencé à se fréquenter régulièrement et ont commis de multiples vols en série à travers l’île, essentiellement dans l’est du pays, depuis le début du mois. Parmi les infractions relevées figurent notamment des vols de coffre-fort, des vols dans la région de Moka, ainsi que des escroqueries liées à la location de voitures. 

Lundi, Hans Kissoon a été arrêté à Bon-Accueil alors qu’il venait de s’attaquer à un bijoutier. La police a ensuite pu mettre la main sur son complice, Mevin Joson, qui agissait principalement comme chauffeur lors de leurs opérations. Ce n’est pas par hasard que Hans Kissoon a ciblé le domicile du Dr Rabindranath Modun, dit Ramesh, à Coromandel. En effet, dans le passé, ses proches l’avaient conduit chez le médecin en vue d’un traitement pour son problème d’addiction. Le samedi 18 avril, il s’y est rendu, accompagné de Mevin Joson pour exécuter leur plan. 

Hans Kissoon a aussi expliqué aux limiers de la CID de l’Eastern Division que son ami et lui étaient accros à la drogue dure. Ils collaboraient afin de se procurer leur dose journalière, qu’ils se partageaient ensuite. Il a également avoué qu’ils devaient trouver des sommes importantes pour se procurer de la drogue : « Sak zur nu bizin Rs 6 000 pou aste 4 doz ». Les deux hommes multipliaient les plans - déjà évoqués lorsqu’ils s’étaient liés d’amitié en prison - pour obtenir de l’argent facile. 


Violence contre les personnes âgées : 1021 plaintes en 2025 

L’agression du neurologue Ramesh Modun illustre la vulnérabilité des aînés. Ils sont agressés ou abusés financièrement. Ces crimes sont fréquemment liés à la drogue. Les aînés ne portent pas toujours plainte. Depuis le début de cette année 2026, la brigade pour la protection de la famille a enregistré dix-sept délits ciblant des personnes âgées. Celles-ci ont porté plainte et ont raconté leur calvaire. En 2025, 1 021 plaintes pour maltraitance envers les personnes âgées ont été enregistrées par le ministère de l’Intégration sociale et de la Sécurité sociale. De ces cas, 338 concernaient des hommes. 190 personnes âgées ont dénoncé des violences physiques. 528 plaintes avaient trait à l’abus psychologique et 146 concernaient des abus financiers. Les chiffres pour 2026 n’ont pas encore été compilés par les autorités 

« LI DEVID MO LAKAZ » 

En mars, Marie-Claire, 73 ans, a témoigné avec émotion. Elle a raconté une nuit cauchemardesque vécue entre les mains de son petit-fils de 20 ans qui serait un toxicomane. « Kan li pa finn pran so doz, li krwar tou dimoun pe rod fer li ditor. Li kriye, li tap laport, li rod kas. Mo per li. » Elle confie que les insultes sont devenues de plus en plus fréquentes et qu’elle a constaté la disparition de plusieurs objets dans sa maison. « Dile, diri, ventilateur, portab, linn pran, li devid mo lakaz net apre li rod bat mwa », raconte-t-elle. Un soir, Marie-Claire relate que son petit-fils s’en est physiquement pris à elle et a tenté de lui arracher son sac. Elle a alors porté plainte à la police. 


Asrani Gopaul, senior lecturer en social work & social policy : « Les personnes âgées sont réticentes à dénoncer » 

Pour Asrani Gopaul, Senior Lecturer en Social Work & Social Policy à l’université de Maurice, on ne peut ignorer la hausse du nombre de cas de violence de manière générale. Ils incluent les cas ciblant les plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes âgées. Il note la réticence des personnes âgées à dénoncer les abus. Ce qui contribue à faire d’elles des cibles privilégiées. Le problème de la drogue constitue, selon lui, l’un des principaux facteurs de cette violence. Asrani Gopaul évoque même l’existence d’individus qui ont aujourd’hui fait de la violence et de l’extorsion une véritable activité. Il précise aussi que les personnes âgées ont tendance à accorder plus facilement leur confiance, en raison de leur vécu et des valeurs héritées d’une autre époque. Le Senior Lecturer constate un recul du niveau de confiance au sein de la société, affectant ce qu’il qualifie de « Social Capital ». Selon lui, il est essentiel de renforcer les programmes d’éducation et de sensibilisation destinés aux aînés afin de les aider à mieux se protéger contre les dangers. 

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