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Agressé à l’hôpital de Flacq - Dr Tarachand Seenauth : «Zot inn antour mwa ek tapp mwa kout bar feray»

Par Nasif Joomratty
Publié le: 4 avril 2026 à 21:00
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Le médecin dit avoir subi un traumatisme important.
Le médecin dit avoir subi un traumatisme important.
  • Les assaillants lui reprochaient de les avoir filmés.
  • La victime : « A okenn moman mo pa’nn record naryen »

Le traumatisme est encore vif pour le Dr Tarachand Seenauth. Dimanche soir, le Duty Manager de l’hôpital Sir Anerood Jugnauth (SAJ), à Circonstance, Flacq, a été la cible d’une agression d’une rare violence dans l’enceinte même de l’établissement. Frappé à coups de barre de fer et de matraque télescopique, le médecin peine encore à comprendre l’acharnement de ses assaillants.

Les faits se sont déroulés aux alentours de 22 h 30. Alors qu’il était de service « On Guard », le Dr Seenauth est alerté d’un mouvement de foule au Casualty Ward. Sur place, il constate que des individus protestent contre le personnel et déplore des actes de vandalisme. Après avoir pris des photos des dégâts pour documenter l’incident, il se dirige vers le poste de police de l’hôpital.

C’est en traversant le parking qu’il est intercepté par une bande d’individus vêtus de noir. Ces derniers, persuadés d'avoir été filmés, exigent de fouiller ses deux téléphones portables. « A okenn moman mo pa’nn record nanyen », martèle le médecin, qui nie avoir filmé quiconque à cet instant. « Mo ena de portab, enn ti dan mo lame me mo pa ti pe servi, ek sirtou pa filme ki ke se swa », confie-t-il au Défi Media.

« ki dimounn vinn lopital arme ? »

Malgré la proposition du médecin de vérifier ses appareils au poste de police, la situation dérape. « Zot finn koumans zoure, pe vinn ver mwa ek antour mwa », raconte-t-il. Menacé, il tente de les dissuader : « Lerla ki monn dir zot mo pou filme ». C’est ce déclic qui provoque l’irruption de la violence. Un individu lui assène alors un coup de barre de fer à la tête.

La scène, d'une grande brutalité, s'est jouée sous les yeux de policiers impuissants face au nombre. « Lor recording trouve klerman kot Police Post zot  finn  planifye  sa.  Ti  ena maset ek matrak teleskopik. Ki dimounn vinn lopital arme ? », s'interroge la victime, consciente que les agresseurs, dont certains portaient des masques, n'étaient pas venus pour lui initialement, mais pour venger un acte de vandalisme présumé dans un lieu de culte.

L'enquête menée par la Criminal Investigation Division (CID) de Flacq a déjà porté ses fruits. Mercredi, deux suspects ont été arrêtés : Abishek Bisto, 28 ans, identifié comme l'auteur du coup de matraque, et Sooryum Beeharry, 27 ans. Un troisième homme a été relâché après son interrogatoire.

Pour ce père de famille de deux filles, marié depuis vingt ans et ancien élève du Collège Royal de Curepipe, le contrecoup est immense. Ses parents, dont il est le fils unique, sont effondrés. Sa cadette de huit ans est traumatisée par l'ampleur médiatique de l'affaire : « Mo tifi tromatize... li ti pe temwaye mo pe res gagn boukou calls kan mo finn gagn desarz ».

Alors qu’il enchaînait les heures supplémentaires Alors qu’il enchaînait les heures supplémentaires pour pallier le manque de personnel, le Dr Seenauth, en poste depuis 2007, voit aujourd'hui son quotidien basculer. « Mo lafami res trakase sak  fwa  mo  kit  lakaz  pou  al travay », lâche-t-il, illustrant l'insécurité grandissante qui pèse désormais sur le personnel hospitalier.

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