AGM de la SBMH : la contestation des actionnaires éclipse la nouvelle feuille de route du groupe
Par
Fabrice Laretif
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Fabrice Laretif
L’Assemblée générale de la SBM Holding, présidée par Vikram Punchoo, a dévoilé une stratégie de redressement. Cependant, celle qui s’est tenue le 26 juin a été marquée par la contestation autour de la nomination d’Ashok Prayag au conseil d’administration.
L’assemblée générale annuelle (AGM) de la SBM Holding a marqué un tournant par la présentation d’une vision destinée à remettre le groupe sur les rails. Mais au-delà des orientations stratégiques dévoilées par la direction, c’est la contestation de la nomination d’Ashok Prayag au conseil d’administration qui a retenu l’attention. Entre protestations, walk-out et vote par bulletin secret, plusieurs actionnaires ont exprimé leur opposition à une décision qu’ils jugent problématique sur le plan de la gouvernance.
Selon une source ayant participé à l’assemblée, un travail de fond est désormais engagé afin de redresser le groupe. Cinq axes prioritaires ont été définis, notamment le rétablissement de la gouvernance, l’élaboration d’une stratégie visant à créer de la valeur pour les actionnaires, le renforcement du capital humain ainsi que d’autres chantiers destinés à transformer l’organisation.
Les résultats de cette démarche ne devraient toutefois pas être visibles à court terme. « Il y a tellement de choses à faire et refaire. Le président a fait comprendre que d’ici les deux, voire trois prochaines années, les changements seront visibles au sein du groupe », affirme cette source. Pour Nassir Ramtoola, actionnaire minoritaire de la SBM Holding, la présentation du président a constitué une rupture avec les exercices précédents. Il estime que la vision exposée a abordé plusieurs faiblesses structurelles ressenties depuis près de vingt ans.
« Espérons que le conseil d’administration pourra exécuter la vision présentée. C’est la première fois que j’ai participé à une AGM de la SBMH où le président a effectué une présentation qui adresse les problèmes systémiques du groupe. Le président n’a pas glorifié la banque, mais il a mis en avant les facteurs ayant contribué à la perte de compétitivité de celle-ci face à ses concurrents », déclare-t-il.
Malgré cette appréciation, Nassir Ramtoola considère que la question de la gouvernance demeure entière. Selon lui, le processus de sélection des administrateurs manque de transparence, un élément susceptible de peser sur la perception des investisseurs.
« La sélection des directeurs n’est pas transparente. Il faut adresser cela. Les investisseurs étrangers n’achètent pas des actions de la SBMH car ils constatent que le conseil d’administration est trop politisé », soutient-il.
Cette question de gouvernance s’est retrouvée au cœur des débats avec la nomination d’Ashok Prayag comme directeur non exécutif. Selon les informations recueillies, plusieurs actionnaires ont quitté la salle en signe de protestation, une situation peu courante lors d’une assemblée générale de la SBM Holding.
Une source rappelle que les actionnaires sont appelés à se prononcer sur l’élection ou la réélection des administrateurs. Ashok Prayag peut ainsi être confirmé au conseil d’administration s’il obtient la majorité des voix. Sa nomination comme directeur non exécutif figure déjà sur le site de la SBM et remonte au 19 mai 2026.
Pour Nassir Ramtoola, la manière dont cette nomination a été annoncée constitue un manque de considération envers les actionnaires. « Au moment où nous avons reçu le rapport annuel, il était indiqué qu’il y avait neuf directeurs, et nous avons appris durant l’AGM qu’il y avait un dixième directeur qui avait déjà été nommé. Le conseil d’administration aurait pu attendre l’AGM pour nommer cette personne. Il n’y avait pas d’urgence à le faire avant. La banque n’allait pas couler au point où il fallait nommer Ashok Prayag aussi rapidement », affirme-t-il.
L’actionnaire minoritaire précise toutefois que ses réserves ne portent pas sur les compétences professionnelles d’Ashok Prayag. Il reconnaît son parcours dans le secteur financier, mais estime que le contexte rend cette nomination contre-productive.
« Ayant dit cela, le prix de l’action de la SBMH est déjà affecté par les mauvaises perceptions que les gens ont sur la gestion de la banque. Il y a des rumeurs actuellement autour d’Ashok Prayag. Je pense qu’il aurait dû rester loin de cette nomination. La banque n’est pas dans une situation où il faut absolument nommer Ashok Prayag. En rejoignant le conseil d’administration, l’attention sera dirigée vers lui, au lieu de mettre en avant ce que le board souhaite faire. », avance-t-il.
Le climat de mécontentement s’est également traduit par l’organisation d’un vote par bulletin secret. Selon une source, cette procédure a été retenue parce que « les actionnaires n’étaient pas contents car on a voulu faire voter pour Ashok Prayag à trois reprises ».
Pour Nassir Ramtoola, cet épisode démontre que cette nomination est loin de faire consensus auprès des petits porteurs. « Plusieurs petits actionnaires ne veulent pas qu’il vienne. Il est clair qu’une des raisons pour laquelle il a été nommé, c’est par rapport à sa position chez SICOM et la relation qui existe entre la SBMH et SICOM », conclut-il.