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Agalega : les craintes subsistent concernant la présence d’une base militaire

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Les travaux d’aménagement d’une jetée et d’une piste d’atterrissage à Agalega visent à désenclaver l’île et favoriser son développement. C’est l’assurance donnée par la vice-Première ministre Fazila Jeewa-Daureeawoo. C’était lors de l’émission ‘Au cœur de l’info’ de Radio Plus, animée par Elodie Domun et Eshan Dinally.

Les travaux à Agalega pour l’aménagement d’une piste d’atterrissage de 3 km de long et d’une jetée sont faits dans l’intérêt des Agaléens qui attendaient cela depuis longtemps. C’est ce qu’a affirmé la vice-Première ministre Fazila Jeewa-Daureeawoo. Elle a donné l’assurance que l’île ne sera pas convertie en une base militaire, contrairement aux craintes exprimées par certains. « L’Inde finance le projet et procède aux travaux à travers des ouvriers indiens qui ont été envoyés sur l’île. Mais c’est un projet du gouvernement mauricien. La question que les Agaléens subissent le même sort que les Chagossiens ne se pose », a-t-elle affirmé.

Pour cette dernière, ce projet de développement va permettre de sortir Agalega de son « isolement » en lui dotant d’infrastructures pour une meilleure liaison maritime et aérienne avec Maurice. «Nous voulons qu’Agalega puisse connaître le même développement qui se fait à Maurice et à Rodrigues », a-t-elle souligné. Selon elle, il n’y a aucune opacité sur les travaux en cours, car il est clair qu’il ne s’agit que de la construction d’une piste d’atterrissage et d’une jetée.

Arnaud Poulay, président de l’Association La voix des Agaléens, est d’un tout autre avis. Il croit que l’île deviendra une base militaire en raison de l’hypothèse de la présence d’un gisement de pétrole dans la région. « D’après ce qu’on voit, il y aura une présence militaire dans l’île pour surveiller la jetée et la piste d’atterrissage », a-t-il dit. La crainte des habitants est exacerbée par le fait qu’ils n’ont vu aucune maquette du projet malgré leur demande. Il a affirmé qu’il n’y a aucune mésentente entre les travailleurs indiens et les habitants de l’île. « Ils ne nous dérangent pas, il y a un respect mutuel », a-t-il soutenu. Les habitants se réjouissent que le projet d’une nouvelle piste d’atterrissage et d’une nouvelle jetée ait été enclenché. 

Doute

Il s’est interrogé sur le devenir d’Agaléga. Il a expliqué que le doute subsiste en dépit des démentis que l’île ne sera pas convertie en base militaire et que les habitants ne seront pas déportés. La question qui se pose c’est qu’auparavant il y avait plus de 2 000 habitants dans les deux îles (Nord et Sud) mais actuellement il n’y a que 300 à 350 et tous les autres sont à Maurice.

Il a déploré que ceux qui veulent retourner à Agaléga n’ont pas la possibilité de le faire car rien n’est prévu à ce sujet par l’Outer Islands Development Corporation (OIDC). L’argument qui est avancé c’est qu’il n’y a pas de travail ni de maison dans l’île. « Il faudrait changer la clause qui dit qu’il faut travailler pour l’OIDC pour résider dans l’île», a fait ressortir Arnaud Poulay.

Le président de l’Association Les Amis d’Agalega, Laval Soopramanien, s’est dit satisfait de la réunion avec la VPM pour exprimer les griefs des habitants. L’opacité autour du projet a été éclairci, selon lui. Des projets pour le bien-être des Agaléens seront bientôt rendus publics.

Le deuxième thème abordé lors de l’émission concernait les nouveaux règlements de la Tourism Authority autour du permis commercial des plaisanciers. Il stipule qu’un bateau ne doit pas avoir plus de cinq ans. Une mesure contestée par certains mais que d’autres accueillent favorablement, car il vise à la sécurité des passagers, à l’instar de Moise Dardenne, un plaisancier de l’Est.
Khoudijah Maudarbocus-Boodoo, directrice de la Mauritius Tourism Authority, a soutenu que ces nouveaux règlements visent à renouveler la flotte de bateaux commerciaux en opération et ne concernent que les nouvelles demandes, pas les détenteurs d’un permis. Elle a aussi expliqué que les demandes pour de nouveaux permis ont été gelées dans certaines régions pour limiter le nombre de bateaux et que les normes sont désormais plus strictes.