Faits Divers

Affaire  Toofanny : les blessures décélées à la plante du pied à la loupe

Le Dr Sudesh Kumar Gungadin à sa sortie de la Cour intermédiaire. Le Dr Sudesh Kumar Gungadin à sa sortie de la Cour intermédiaire.

Le chef du département médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, était à la barre des témoins le mardi 7 janvier 2020. C’est dans le cadre du procès intenté à trois policiers pour torture de feu Iqbal Toofanny en mars 2015. Le témoin a indiqué que les blessures sur la victime ont été causées par des coups infligés avec force. 

Ils sont désormais trois policiers à répondre d’une accusation formelle d’avoir torturé le détenu, feu Iqbal Toofanny, le 2 mars 2015. Ils sont le sergent de police Vikash Persand  et les constables Jean François Numa et Joshan Raggoo. Ils ont comparu le mardi 7 janvier 2020 devant la Cour intermédiaire. C’est dans le cadre de la reprise du procès qui leur est intenté. 

La séance a été marquée par le témoignage de chef du département médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin. Ce dernier a été longuement interrogé par Me Azam Neerooa, assistant Directeur des poursuites publiques. L’accent fut mis sur l’autopsie pratiquée sur Iqbal Toofanny.  Le témoin a indiqué avoir relevé quinze blessures externes apparentes sur la victime. La cause du décès étant un « pulmonary œdema caused by hypovolemic shock following soft tissues injuries ». Il explique ainsi que la victime avait perdu beaucoup de sang.

 « En état d’« hypovolemic shock » veut dire qu’une personne a perdu au moins un tiers du volume de sang de son corps. Le cœur n’arrive plus à pomper de sang vers les autres organes et cela peut s’avérer fatal si aucun traitement médical n’est prodigué à temps », explique Dr Sudesh Kumar Gungadin. S’agissant du cas d’Iqbal Toofanny, le Dr Sudesh Kumar Gungadin a déclaré que pour lui, la situation « était irréversible ». 

Falanga

La poursuite s’est attardée aussi sur les blessures relevées sur la plante du pied gauche de la victime. Le Dr Sudesh Kumar Gungadin a répondu que les blessures indiquent que la victime a reçu « plusieurs coups infligés avec une force considérable » à cet endroit. Il a ajouté que la plante des pieds consiste en une couche dure de la peau suffisamment résistante pour soutenir le poids de la personne. 

Il a concédé que cela s’apparente à une forme de torture connue comme « falanga ». Il a écarté la thèse accidente et naturelle comme étant à l’origine des blessures relevés sur le corps de feu Iqbal Toofanny. Le médecin a aussi écarté la thèse que ses blessures auraient pu être auto-infligées. Lors d’un court contre-interrogatoire par Me Gavin Glover, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a concédé que sur la casualty card de la victime, il est indiqué que celle-ci a une pression « artérielle normale ». 

L’audience du jour, avait démarré avec une déclaration des avocats des policiers, Me Gavin Glover, Senior Counsel. Celui-ci a informé le tribunal que le constable Ghislain Marie Ronny Vincent Gaiqui, qui était parmi les accusés, est décédé le 29 décembre 2019. La magistrate Niroshini Ramsoondar, qui préside le procès, a rayé le nom du défunt de l’acte d’accusation. Initialement, ils étaient cinq policiers sur le banc des accusés. Un autre prévenu dans l’affaire, le constable Johny Laboudeuse est lui décédé en janvier 2019. 

Trois témoins ont été entendus à la barre : l’inspecteur Harshanand Kumar Balgobin, le Senior Health Record Officer Ashive Guness et le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer. L’audience a été ajournée au 20 janvier 2020. 

Les policiers sur le banc des accusés étaient au moment des faits affectés à la Central Investigation Division (CID) de Rivière-Noire. Ils ont été arrêtés après le décès d’Iqbal Toofanny, 42 ans, à l’hôpital Victoria, alors qu’il était sous garde policière. Iqbal Toofanny avait été interpellé, le 1er mars 2015, par une patrouille de l’Emergency Response Service sur la route en face des résidences La Balise Marina, à Rivière-Noire avant d’être remis à la CID de Rivière-Noire. 

 

 

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