Affaire Shaan Kundomal : enquêtes parallèles entre Maurice et Dubaï
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Le Défi Quotidien
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La Financial Crimes Commission (FCC) a ouvert, le 2 juillet 2026, une enquête sur les activités de l’avocat et homme d’affaires Shaan Kundomal, après son arrestation à Dubaï dans une affaire de délits financiers présumés. Les autorités mauriciennes et émiraties peuvent-elles mener des investigations parallèles sur les mêmes faits ? Quelles sont les règles en matière d’entraide judiciaire ? Décryptage avec Me Ravi Rutnah.
Selon Me Ravi Rutnah, la FCC et les autorités des Émirats arabes unis peuvent parfaitement mener des enquêtes parallèles afin de déterminer si les délits financiers présumés reprochés à Shaan Kundomal ont également été commis sur le territoire mauricien. Pour l’avocat, cette coopération passera inévitablement par les mécanismes d’entraide judiciaire internationale. « L’essentiel est que les enquêtes progressent dans les deux pays », souligne-t-il.
Il rappelle que les Émirats arabes unis sont un partenaire proche de Maurice, en raison des relations diplomatiques étroites entre les deux États. Dans ce contexte, il estime que l’ambassade de Maurice à Dubaï aura un rôle important à jouer dans le suivi de cette affaire.
Face à l’ampleur de la fraude présumée, Me Rutnah considère que Maurice devra fournir toute l’assistance nécessaire aux autorités émiraties afin de faciliter le bon déroulement de leur enquête.
Par ailleurs, il précise que la FCC n’a pas besoin d’obtenir un Judge’s Order pour vérifier auprès des institutions financières si des malversations ont été commises à Maurice dans le cadre de cette affaire. Selon lui, la Commission dispose des pouvoirs nécessaires en vertu de la Financial Crimes Commission Act.
Interrogé sur la possibilité pour Shaan Kundomal d’être poursuivi à la fois à Dubaï et à Maurice pour les mêmes faits, Me Rutnah répond que le principe du double jeopardy interdit qu’une personne soit jugée deux fois pour la même infraction.
En revanche, il précise que l’avocat pourrait faire l’objet de poursuites à Maurice pour d’autres infractions distinctes commises sur le territoire mauricien, si l’enquête de la FCC venait à les établir.
Dans cette hypothèse, il estime qu’il faudrait attendre l’issue de la procédure judiciaire à Dubaï. En cas de condamnation, ce n’est qu’après avoir purgé sa peine que Shaan Kundomal pourrait être poursuivi à Maurice pour des faits distincts, dit-il.
À la question de savoir si Shaan Kundomal pourrait demander à exécuter une éventuelle peine d’emprisonnement à Maurice, Me Rutnah répond par l’affirmative.
Il souligne toutefois qu’une telle demande pourrait revêtir une dimension politique, compte tenu des liens qui sont prêtés à l’homme d’affaires avec le Junior Minister of Finance, Daneshwar Damry, ainsi qu’avec l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth.
Selon Me Rutnah, si Shaan Kundomal est reconnu coupable par la justice émiratie, il encourt une peine d’emprisonnement allant de cinq à vingt ans, ainsi qu’une amende comprise entre 10 000 dirhams (environ Rs 1,2 million) et un million de dirhams (environ Rs 12 millions). Ses biens situés à Dubaï pourraient également faire l’objet d’une saisie. À l’issue de sa peine, il pourrait être expulsé des Émirats arabes unis et frappé d’une interdiction d’entrée sur le territoire émirati.
En cas de condamnation, Shaan Kundomal, en sa qualité d’avocat, pourrait également être traduit devant le Legal Practitioners Disciplinary Tribunal afin de répondre d’éventuels manquements aux règles déontologiques, souligne Me Rutnah.
L’avocat et homme d’affaires Shaan Kundomal a été arrêté par les autorités des Émirats arabes unis le 26 juin 2026 à l’aéroport international de Dubaï, alors qu’il était en transit vers Istanbul, en Turquie. Son interpellation fait suite à une plainte déposée par un investisseur, qui l’accuse de malversations présumées portant sur trois millions de dollars américains, soit environ Rs 144 millions. Shaan Kundomal est l’actuel Chief Executive Officer de Capital Horizon, société désormais renommée Aureyya Wealth Ltd.