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Affaire Roches-Noires - Interview de Ramgoolam : la bande-son ne sera pas produite en cour

Navin Ramgoolam L’ex-Premier ministre est poursuivi pour entente délictueuse.

La cour intermédiaire a tranché en faveur de l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam, le mercredi 27 mars. L’enregistrement d’une interview du leader des rouges, accordée à Radio Plus le 19 avril 2012, ne sera pas produit en cour. Un CD contenant l’extrait du Grand Journal de Radio Plus datant du 8 janvier 2015 ne sera pas utilisé au cours du procès. Cela dans le sillage de l’affaire Roches-Noires.

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Les magistrats Raj Seebaluck et Bibi Razia Jannoo-Jaunbocus ont statué, le mercredi 27 mars, dans le cadre de l’objection soulevée par la défense dans l’affaire Roches-Noires. L’objection de la défense découle de la motion de la poursuite de présenter un enregistrement contenant une interview du leader des rouges à Radio Plus le 19 avril 2012, relative à cette affaire. Interview réalisée par le directeur de l’information de Radio Plus, Nawaz Noorbux.

Me Gavin Glover, l’avocat de Navin Ramgoolam, avait objecté à la présentation de cette interview. Il avait soutenu que son client n’a pas été confronté à cette interview de Radio Plus dans le cadre de l’enquête policière. Se référant à l’article 188 A de la Courts Act, l’avocat avait déclaré que toute preuve audio recueillie hors du cadre de l’enquête policière est « irrécevable ». 

Me Mohana Naidoo, avocate de la poursuite, avait insisté pour la production de cet enregistrement. Elle a avancé que la police a confronté Navin Ramgoolam à un extrait de cette interview à Radio Plus. L’extrait concerne la présence de Navin Ramgoolam à son bungalow de Roches-Noires lors de l’incident. Me Mohana Naidoo a ajouté que la partie relative se trouve dans la déposition de Navin Ramgoolam à la police le 13 mars 2015. La poursuite a souligné que la déposition en question est déjà dans le dossier de la cour.

Dans leur « ruling », les magistrats ont soutenu qu’il est évident que l’interview de Navin Ramgoolam en 2012 n’a pas été donnée au cours d’une enquête policière à un policier mais à une tierce personne. « It is obvious that his interview in 2012 was not given in the course of a police investigation to a police officer, being a person in authority but to a third party. Clearly, that interview of 2012 was not intended to be used in a court of law and was not given under warning », expliquent les magistrats. Ils  concluent que la production de cet enregistrement du 19 avril 2012 causera préjudice à l’ex-Premier ministre.

«No evidential value»

D’autre part, la défense avait demandé que l’enregistrement du 8 janvier 2015 soit retiré du dossier de la cour. Les magistrats ont statué que l’extrait de l’enregistrement de 2015 n’est qu’une émission basée sur l’enregistrement de 2012. De plus, Navin Ramgoolam n’était pas personnellement impliquée dans l’enregistrement de 2015. Les magistrats ont donc conclu que l’enregistrement de 2015 ne détient aucune « evidential value », car il ne peut être comparé à celui de 2012 pour en déterminer la véracité. L’enregistrement de 2015 étant déjà produit, il ne sera pas retiré du dossier de la cour mais ne sera toutefois pas utilisé au cours du procès, ajoutent les magistrats.

L’ancien Premier ministre et les deux anciens hauts gradés de la police, Rampersad Sooroojbally et Premnathsing Jokhoo, sont accusés d’entente délictueuse devant la cour intermédiaire. Cela pour que l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury fasse une fausse déclaration à la police après le vol commis dans le bungalow de Navin Ramgoolam dans la nuit du 2 juillet 2011 à Roches-Noires. Tous trois plaident non coupable. Le procès a été ajourné au 11 juin 2019.

 

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