Affaire Loreto Junior School : l’ex-enseignant Frédéric Pavaday conteste la solidité des accusations

Par Stephan Douce
Publié le: 6 mars 2026 à 11:00
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Frédéric Pavaday a été reconduit en cellule policière après sa cinquième comparution devant le tribunal de Curepipe.
  • Les plaidoiries se poursuivent ce vendredi

Les plaidoiries dans l’affaire impliquant Frédéric Pavaday se poursuivront ce vendredi devant le tribunal de Curepipe. L’ancien enseignant de musique de Loreto Junior School de Curepipe, qui en était hier, jeudi 5 mars, à sa cinquième comparution, a été reconduit en cellule policière à l’issue de l’audience.

Lors de la séance d’hier, ses avocats, Me Sanjeev Teeluckdharry et Me Sacheen Boodhoo, ont présenté leurs arguments devant la cour. La représentante du bureau du Directeur des poursuites publiques, Priscilla Veerabadrun, prendra la parole à son tour ce vendredi à 10 h 30 pour exposer les arguments de l’accusation.

La défense a principalement remis en question la solidité des accusations portées contre l’ancien enseignant. C’est Me Sacheen Boodhoo qui a ouvert les débats en contestant les éléments présentés par la police.

Concernant l’accusation de « Child Ill-Treatment », l’avocat s’est appuyé sur des normes internationales, affirmant que les faits allégués ne correspondraient pas à la définition reconnue dans ce domaine. Selon lui, les éléments versés au dossier ne permettent pas non plus d’établir un cas prima facie, c’est-à-dire des preuves suffisantes pour soutenir l’accusation à ce stade de la procédure.

S’agissant de l’accusation d’« Attempt upon Chastity », Me Sacheen Boodhoo a également dénoncé un manque de précision dans l’enquête policière. Il a soutenu que l’officier interrogé n’avait pas été en mesure d’identifier clairement l’acte qui constituerait l’infraction. L’avocat a aussi soulevé la question de l’application rétroactive de la loi de 2020 pour des faits allégués remontant à 2008, estimant que cet aspect mérite d’être examiné avec attention par la cour.

De son côté, Me Sanjeev Teeluckdharry a contesté plusieurs éléments avancés par la police. Il a notamment remis en question la validité de deux courriels utilisés comme preuves dans les accusations d’abus sexuels visant son client.

L’homme de loi a également insisté sur l’absence de témoignages concrets à ce stade de l’enquête. Selon lui, la police n’a pas été en mesure de préciser quand les victimes présumées pourront venir déposer devant les autorités, certaines se trouvant possiblement à l’étranger. Me Sanjeev Teeluckdharry a par ailleurs soutenu que la détention préventive ne doit pas être utilisée comme une forme de punition. Il estime que la police n’a pas démontré l’existence d’un risque réel de fuite de la part de son client.

Sur cette base, la défense demande la remise en liberté sous caution de Frédéric Pavaday. La cour entendra les plaidoiries de la représentante du bureau du Directeur des poursuites publiques vendredi matin, avant de se prononcer sur la suite de cette affaire.

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