Affaire Epstein : les personnalités citées dans les derniers documents
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Le Dimanche /L' Hebdo
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L’affaire Epstein est un des scandales les plus retentissant du XXIe siècle, une affaire de trafic sexuel pédocriminel, mêlant géant de la finance, politique internationale et cercle de pouvoir. Il s’agit d’un dossier tentaculaire aux centaines de ramifications, dont l’étendue n’a pas encore été définie dans la mesure où des millions de pages de documents sont toujours classifiés, notamment celles concernant les crimes les plus graves.
Les documents fraîchement diffusés contiennent une liste établie par le FBI, la police fédérale américaine, d'allégations d'agressions sexuelles liées à Donald Trump, dont beaucoup provenaient d'appels anonymes et d'informations non vérifiées. Ces allégations, obtenues pour certaines via des sources indirectes, ont été transmises par téléphone ou bien par voie électronique au Centre national de gestion des menaces du FBI.
Le document suggère que les enquêteurs ont donné suite à certaines de ces informations. D'autres ont été jugées peu crédibles. Donald Trump nie depuis longtemps toute implication dans les agissements du criminel sexuel Jeffrey Epstein. « Certains des documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l'encontre du président Trump », écrit le ministère de la Justice.
Bill et Hillary Clinton seront auditionnés séparément fin février par une commission du Congrès américain, a annoncé cette dernière qui enquête sur l'affaire Epstein et avait menacé le couple de poursuites s'il ne venait pas témoigner. La commission souhaite entendre Bill Clinton en raison de ses liens d'amitié avec le criminel sexuel, et Hillary Clinton pour ce qu'elle sait de ces liens entre son époux et le financier mort en prison en 2019. Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 ne pas lui avoir parlé depuis plus d'une décennie.
Le milliardaire américain Bill Gates a affirmé dans une interview diffusée mercredi « regretter chaque minute » passée avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, mais assure n'avoir rien à se reprocher, son ex-femme Melinda French Gates estimant qu'il devrait s'expliquer sur cette relation. Dans un brouillon d'email figurant parmi les documents publiés vendredi, Jeffrey Epstein assurait que Bill Gates, cofondateur de Microsoft, entretenait des relations extraconjugales. Le financier new-yorkais y affirmait que sa relation avec ce milliardaire allait permettre d'« aider Bill à trouver de la drogue, afin de faire face aux conséquences du sexe avec des filles russes, à faciliter des rendez-vous illicites avec des femmes mariées. »
Les fichiers mentionnent la relation amicale de Jeffrey Epstein avec le milliardaire britannique Richard Branson, cofondateur de Virgin Group. Dans un email envoyé à M. Epstein en septembre 2013, il écrivait : « C'était vraiment sympa de te voir hier. Les gars de Watersports n'arrêtent pas d'en parler! Si tu passes dans la région, je serai ravi de te revoir. A condition que tu amènes ton harem ! »
Les contacts entre Jeffrey Epstein et Richard Branson, ainsi que son ex-femme aujourd'hui décédée Joan, « n'ont eu lieu qu'à quelques occasions, il y a plus de 12 ans et se sont limités à des contextes de groupe ou professionnels », a réagi une porte-parole du groupe Virgin.
Apparaissent également de nombreux échanges de mails entre Jeffrey Epstein et l'entrepreneur Elon Musk.
En novembre 2012, Epstein lui a écrit un courriel demandant « combien de personnes seront à bord de l'hélicoptère pour se rendre sur l'île ». « Probablement juste Talulah et moi. Quel jour/soirée aura lieu la fête la plus déjantée sur ton île ? », a demandé le milliardaire. Elon Musk a réagi samedi sur X, déclarant être « parfaitement conscient que certains échanges de courriels avec (Epstein) pouvaient être mal interprétés et utilisés par des détracteurs pour salir (son) nom ».
Un échange de courriels montre que Jeffrey Epstein a contacté Andrew pour lui demander: « À quelle heure souhaitez-vous que je (...), nous aurons également besoin (...) d'un moment en privé ». Ce à quoi Andrew avait répondu : « Nous pourrions dîner au palais de Buckingham et bénéficier d'une grande intimité ».
Cette invitation intervient un mois après qu'Epstein a proposé de présenter à Andrew une femme russe de 26 ans, selon les documents. Le Prince Andrew est notamment accusé d’agressions sexuelles par Virginia Giuffre. Bien qu’il nie tout lien avec elle, des photos et des vidéos prouvent le contraire. Il conclut un accord financier à l’amiable (sans reconnaissance de culpabilité) avec elle. Il est déchu de ses titres militaires en 2022 et perd son titre et privilèges royaux en octobre 2025.
Des emails montrent que Jeffrey Epstein et l'homme d'affaires Howard Lutnick, l'actuel secrétaire au Commerce de Donald Trump, avaient prévu en décembre 2012 de déjeuner sur l'île du financier.
« Nous arrivons vers vous depuis Saint Thomas », a écrit la femme d'Howard Lutnick à la secrétaire de Jeffrey Epstein, lui demandant où ils devaient jeter l'ancre.
Woody Allen et sa femme, Soon-Yi Previn, faisaient partie du cercle social de Jeffrey Epstein. Si aucune implication criminelle n’a été démontrée, le réalisateur et le pédocriminel entretenaient une forte amitié. Malgré le scandale, celui qui s’est marié avec la fille adoptive de son ex-femme a maintenu dans une interview en septembre 2025 qu’il trouvait Epstein « charmant et cultivé ».
Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, est cité dans les documents comme ayant fréquenté le cercle d’Epstein, ce qu’il nie. Il a déclaré lundi à l'AFP « assumer pleinement » ses relations passées avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein tout en assurant avoir ignoré ses crimes, alors que des documents américains dévoilent des liens financiers entre l'ancien ministre, sa famille et l'homme d'affaires. Son nom et celui de sa fille aînée Caroline apparaissent dans une nouvelle salve de documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice, notamment pour une transaction immobilière « offshore » au Maroc et une société fondée dans un paradis fiscal.
« J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité », a indiqué Jack Lang, 86 ans, dans une déclaration transmise à l'AFP.
Peter Mandelson, trois fois ministre et ancien commissaire européen, a été demis de ses fonctions comme ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis. Il a présenté des excuses pour avoir maintenu son amitié avec le criminel sexuel américain, après avoir refusé de le faire au prétexte qu'il n'était pas « complice ». « J'ai eu tort de le croire après sa condamnation (en Floride en 2008), et de poursuivre mon association avec lui par la suite. Je présente des excuses sans équivoque aux femmes et aux filles qui ont souffert », a-t-il poursuivi.
La police de Londres a ouvert une enquête criminelle à la suite d'informations selon lesquelles il aurait transmis au pédocriminel Jeffrey Epstein des informations sensibles pour les marchés financiers, ont rapporté mardi plusieurs médias britanniques.
La princesse Mette-Marit, future reine de Norvège et dont le fils s'apprête à être jugé pour viols, est éclaboussée par un autre scandale, des documents trahissant sa proximité avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, au point de soulever des questions sur ses chances de monter un jour sur le trône. Son nom apparaît à de multiples reprises -- au moins 1.000 fois, selon le journal norvégien Verdens Gang (VG) -- dans les millions de pages diffusées vendredi par le ministère américain de la Justice. « J'ai commis une erreur de jugement et je regrette profondément d'avoir eu le moindre contact avec Epstein. C'est tout simplement embarrassant », a-t-elle dit dans une déclaration transmise par le Palais royal à l'AFP.
Miroslav Lajčák, ancien ministre des affaires étrangères slovaque accusé d'avoir échangé avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein a démissionné comme conseiller du Premier ministre Robert Fico Ministre des Affaires étrangères de 2009 à 2010, puis de 2012 à 2020, Miroslav Lajčák a aussi présidé l'Assemblée générale des Nations unies et l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). D'après un échange de SMS consulté par la BBC, datant de 2018, le criminel sexuel promettait des femmes à M. Lajčák, à l'époque chef de la diplomatie slovaque, dans une discussion au ton léger.
Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman, (51 ans) a présenté samedi ses excuses après que son nom est apparu parmi les derniers documents liés à l'affaire Epstein publiés par le gouvernement américain. Ces documents sont des échanges d'emails salaces en 2003 entre M. Wasserman et Ghislaine Maxwell, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour avoir aidé le criminel sexuel Jeffrey Epstein à recruter des prostituées mineures. « Je regrette profondément ma correspondance avec Ghislaine Maxwell, qui a eu lieu il y a plus de 20 ans, bien avant que ses crimes horribles ne soient révélés au grand jour », a-t-il déclaré M. Wasserman.
L'Institut Nobel attend des explications d'un ancien président du comité chargé d'attribuer le prix Nobel de la paix, l'ancien Premier ministre norvégien Thorbjørn Jagland, sur d'éventuels avantages financiers qu'il aurait obtenus du criminel sexuel Jeffrey Epstein, a-t-il indiqué mercredi. « S'il s'avère que Thorbjørn Jagland a reçu des avantages financiers importants de Jeffrey Epstein en tant que membre du comité Nobel, cela serait contraire à notre code éthique », a déclaré Kristian Berg Harpviken, directeur de l'institut, lors d'un point de presse. M. Jagland, 75 ans, a été président du comité Nobel de janvier 2009 à mars 2015. Premier ministre de Norvège en 1996-1997 et ministre des Affaires étrangères en 2000-2001, il a également été secrétaire général du conseil de l'Europe de 2009 à 2019.
Les organisateurs du Forum économique mondial ont annoncé l'ouverture d'une enquête interne sur les liens de son patron, Borge Brende, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, rencontré lors de trois diners d'affaires en 2018 et 2019. Le comité d'audit et gestion des risques a lancé « une revue indépendante » pour clarifier leurs liens. Ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège, M. Brende est aux commandes du WEF depuis 2017. « J'ignorais complétement le passé et activités criminelles d'Epstein », a affirmé M. Brende, qui explique qu'il aurait sinon « décliné ». « Je reconnais que j'aurai pu mener une enquête plus approfondie sur l'histoire d'Epstein, et regrette de ne pas l'avoir fait », ajoute-t-il.
Ariane de Rothschild, actuelle directrice générale de la banque suisse Edmond de Rothschild, a été proche de l'homme d'affaires américain Jeffrey Epstein, devenu son conseiller et confident. Elle l'a rencontré à plusieurs reprises entre 2013 et 2019 « dans le cadre normal de ses fonctions au sein du groupe Edmond de Rothschild et des activités financières de M. Epstein », a indiqué à l'AFP la banque, qui assure que la banquière « n'avait aucune connaissance de la conduite et du comportement personnel de M. Epstein ». Celui-ci avait été condamné en 2008 pour avoir recouru à des services de prostituées mineures.
Jeffrey Epstein, né en 1953 à New York, est un homme d’affaire, ayant notamment fait carrière dans la finance au sein de la banque Bear Stearns. L’étendue et l’origine précise de sa fortune sont encore assez floues, les dernières estimations l’évaluant à environ 500 millions de dollars. Il construit et cultive un cercle social « d’élite », de pouvoir.
Figure de la jet-set new-yorkaise, Jeffrey Epstein est accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.
Ghislaine Maxwell est la fille du magnat de la presse Robert Maxwell. Elle rencontre Jeffrey Epstein au début des années 1990, avec qui elle a une relation amoureuse pendant plusieurs années. Elle reste très proche de lui au cours des décennies suivantes. Elle était la principale associée du pédocriminel, notamment chargée de recruter et d’organiser le système de trafic.
Virginia Giuffre est l’une des victimes les plus connues du réseau de trafic de mineurs dirigé Jeffrey Epstein. Elle a souvent pris la parole dans les médias et a fondé en 2015 l’association Victims Refuse Silence (Les victimes refusent le silence). Elle s’est suicidée en avril 2025. Johanna Sjoberg est une autre victime clé dont les dépositions ont permis d’identifier de nombreuses personnalités présentes dans les résidences d’Epstein. S’il est aujourd’hui difficile d’identifier le nombre exact de victimes, environ 1 000 personnes, mineures et jeunes adultes, seraient impliquées dans cette affaire.
Jean-Luc Brunel est un agent de mannequins français, accusé d’avoir fourni des jeunes filles à Jeffrey Epstein et d’avoir violé plusieurs femmes, dont Virginia Giuffre. Il apparaît à 25 reprises comme passager dans les journaux de vol de l’avion privé d’Epstein entre 1998 et 2005. Il rend visite au pédocriminel à au moins 70 reprises quand ce dernier est emprisonné en 2008. Il s’est suicidé en prison à Paris en 2022 avant son jugement.
2005 : première plainte officielle. La police de Palm Beach ouvre une enquête après qu’un parent a signalé qu’Epstein avait abusé d’une mineure de 14 ans.
2006 : première arrestation. Jeffrey Epstein est inculpé par la police de Palm Beach, notamment pour relations sexuelles illégales avec des mineurs et atteinte à la pudeur.
2008 : accord judiciaire. Jeffrey Epstein plaide coupable pour racolage de mineures et négocie une peine de prison de dix-huit mois (il n’en purgera que 13), ainsi que l’immunité judiciaire pour ses complices.
2010-2011 : Jeffrey Epstein reprend une vie publique et mondaine malgré son inscription sur la liste des délinquants sexuels.
2015-2016 : nouvelles accusations et réouverture médiatique de l’affaire. Virginia Roberts Giuffre affirme qu’elle a été utilisée comme « esclave sexuelle ». D’autres victimes déposent plaintes.
2018 : enquête du Miami Herald. Le journal publie une enquête dénonçant l’accord de 2008 et donnant la parole aux victimes restées silencieuses.
6 juillet 2019 : Epstein est de nouveau arrêté et accusé de trafic sexuel. Il est inculpé de trafic sexuel de mineures.
10 août 2019 : mort en prison. Jeffrey Epstein est retrouvé mort dans sa cellule. L’autopsie conclut à un suicide par pendaison, bien que les circonstances (caméras défectueuses, gardiens endormis) alimentent de nombreux doutes, controverses et théories du complot.
2020 : Arrestation de Ghislaine Maxwell. L’associée et ancienne compagne de Jeffrey Epstein est arrêtée par le FBI.
2021-2022 : Ghislaine Maxwell est reconnue coupable, notamment pour trafic sexuel de mineures pour le compte d’Epstein. Elle est condamnée à 20 ans de prison.
2024 : Déclassification d’une liste de noms issus des dossiers judiciaires, mentionnant de nombreuses personnalités ayant fréquenté Epstein.
2026 : Publication de milliers de nouveaux documents.
Des victimes du criminel sexuel américain décédé Jeffrey Epstein ont fait une requête à la justice américaine pour fermer l’accès au site gouvernemental consacré à l’affaire après la publication de leurs noms dans des documents désormais publics. « Je comprends votre inquiétude et l’urgence des problèmes présentés », écrit le juge new-yorkais Richard Berman aux avocats.
Une centaine de victimes déclarées ont vu leurs vies « bouleversées » par ces publications, selon un courrier des avocats, cité lundi soir par le New York Times.
La ministre de la Justice Pam Bondi a reconnu, dans une lettre adressée au tribunal, que le ministère avait travaillé tout le week-end pour « retirer plusieurs milliers de documents et de contenus médiatiques qui pouvaient avoir, par inadvertance, inclus des informations permettant d’identifier des victimes », ajoute le quotidien.
Selon le New York Times, les avocats ont également demandé la nomination d’un contrôleur indépendant pour superviser le processus de publications. Le journal avait fait état de la publication par le ministère de photos de jeunes femmes nues, possiblement des adolescentes, dans les dossiers.
Dans les trois millions de pages publiées, une quarantaine de photos sexuellement explicites ou permettant d’identifier des victimes avaient été conservées. Elles faisaient « apparemment partie d’une collection personnelle », précisait le New York Times.