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Affaire des coffres-forts : informateur, fuites et allégations de vendetta politique au centre du procès

Par Kursley Thanay
Publié le: 31 mars 2026 à 11:32
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Lors du procès de Navin Ramgoolam, l’inspecteur Ramdoo a été entendu sur le déroulement de l’enquête, admettant que certaines informations de l’informateur n’avaient pas été consignées et que la liste des pièces à conviction correspondait « plus ou moins » à ce qui avait été publié dans la presse. La défense conteste la procédure.

L’audition de l’inspecteur Ramdoo, du Police Headquarters, s’est poursuivie devant la Financial Crimes Division (FCD) de la cour intermédiaire, dans le cadre du procès intenté au Premier ministre Navin Ramgoolam. Le témoin est entendu dans le cadre de la motion pour abus de procédure déposée par la défense. Celle-ci évoque notamment des fuites dans la presse, des informations non consignées provenant d’un informateur, ainsi qu’une possible vendetta politique.

Interrogé par le représentant de la poursuite, Me Nataraj Muneesamy, l’inspecteur Ramdoo a produit un affidavit juré le 26 mars 2026 afin d’expliquer les délais enregistrés dans l’enquête. Il a rappelé que celle-ci avait été initiée le 6 février 2015, à la suite d’une perquisition au domicile de l’accusé, à Vacoas, au cours de laquelle de l’argent, dont des devises étrangères, avait été saisi.

Lors du contre-interrogatoire, Robin Ramburn, Senior Counsel et principal avocat de Navin Ramgoolam, a insisté sur les garanties encadrant les enquêtes policières, notamment les entrées consignées dans le Diary Book. Le témoin a confirmé que « all police actions should be recorded in the diary book ».

Un autre point soulevé concerne le rôle d’un informateur à l’origine de l’enquête. Le témoin a admis ne pas avoir consigné de rencontre avec cet informateur dans le Diary Book, précisant qu’il s’agissait d’« intelligence » et non d’une démarche formelle.

Il a également été question de l’absence de certaines déclarations versées au dossier, notamment celles de sir Anerood Jugnauth, qui avait affirmé publiquement, avant d’accéder au pouvoir : « Si mo pa met li dan prizon, mo pou tir mo non », ainsi que celle de l’ancien ministre Roshi Bhadain, à la suite d’une déclaration de l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury.

Me Robin Ramburn a également établi un parallèle entre les informations consignées dans les pièces à conviction et celles publiées dans la presse. À une de ses questions, l’inspecteur Ramdoo a reconnu que la « list of exhibits » correspondait « plus ou moins » à ce qui avait été publié par un quotidien. Le témoin a par ailleurs indiqué avoir appris ultérieurement que l’ancien Assistant Commissioner of Police (ACP) Heman Jangi est apparenté, par alliance, à la famille Jugnauth.

Autre élément évoqué : la diffusion d’images à la télévision nationale montrant des liasses de billets tombant du coffre-fort de Navin Ramgoolam, alors que celui-ci se trouvait aux Casernes centrales. L’affaire a été renvoyée au 1er avril 2026.

Incident : Un geste de main qui en dit long

La scène n’est pas passée inaperçue lundi matin à la New Court House. Longtemps proche de Navin Ramgoolam, François Cahoolessur, venu saluer le Premier ministre, s’est vu faire un geste de la main indiquant que ce dernier ne souhaitait pas lui parler. C’est ce même François Cahoolessur qui, il y a trois semaines, avait déclenché la colère de Paul Bérenger, ce dernier lançant à son adresse : « Avans ou deza mo amerde la ». 

Un King’s Counsel aux côtés des avocats du PM

Bien que son nom ne figure pas officiellement parmi les avocats de Navin Ramgoolam, Me Mathew Sheratt, King’s Counsel, a été aperçu aux côtés de l’équipe de défense, composée de Mes Robin Ramburn, Shaukatt Oozeer, Yanilla Moonshiram et Hisham Oozeer. Me Mathew Sheratt n’en est pas à sa première intervention à Maurice. Il avait notamment représenté l’homme d’affaires Bernard Maigrot lors du procès en appel dans l’affaire du meurtre de Vanessa Lagesse.

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