Affaire BAI : bras de fer entre Dawood Rawat et les liquidateurs
Par
Kursley Thanay
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Kursley Thanay
L’homme d’affaires a déposé deux affidavits ce lundi pour s’opposer à la modification de l’injonction pesant sur le groupe BAI, dénonçant une manœuvre des liquidateurs pour contourner la justice.
Dawood Rawat passe à l’offensive. L’homme d’affaires a déposé, ce lundi 16 mars 2026, devant la chef juge Bibi Rehana Mungly-Gulbul en Cour suprême, deux affidavits en réponse à la demande visant à modifier l’injonction qu’il a obtenue sur les sociétés du groupe BAI. Une injonction qu’il entend défendre pied à pied et dont il accuse ses adversaires de chercher à se soustraire.
Les deux affidavits ont été présentés par Mes Gilbert Noël et Harsha Gobin, avouée, représentant l’homme d’affaires. Ils constituent une réplique directe aux documents déposés par Georges Elie Chung Ming Kan, liquidateur de plusieurs sociétés du groupe BAI, et Yacoob Ramtoola, administrateur spécial de BAI Co. (Mtius) Ltd. Ces derniers soutiennent que l’injonction en vigueur les empêche d’exercer pleinement leurs fonctions statutaires : selon eux, le gel imposé sur certains avoirs bloque le processus de liquidation et d’administration spéciale, et les met dans l’impossibilité d’honorer des paiements envers les créanciers, employés, autorités fiscales et prestataires.
Les deux affidavits ont été jurés par Laina Rawat, fille et mandataire de Dawood Rawat. Elle y soulève plusieurs objections préliminaires contre la motion introduite par Georges Elie Chung Ming Kan et Yacoob Ramtoola, contestant aussi bien la forme que le fond de leur démarche.
Pour Dawood, l’injonction intérimaire accordée le 13 mars 2025, puis modifiée par la suite, n’empêche nullement les plaignants d’exercer leurs fonctions légales. L’ancien patron de la BAI soutient que cette injonction « est de nature protectrice et s’applique uniquement aux actifs dans lesquels il a un intérêt direct ». Autrement dit, elle ne saurait être invoquée pour bloquer des actes de gestion courante.
Dawood Rawat accuse ses adversaires de manœuvres : selon lui, leur motion constitue « une tentative de contourner l’injonction déjà rendue par la Cour ». Il soulève par ailleurs une question de légitimité : la nomination de Yacoob Ramtoola en tant qu’administrateur spécial de BAI Co. (Mtius) Ltd fait l’objet d’une contestation distincte, toujours pendante devant la Cour suprême.
La motion introduite par Georges Elie Chung Ming Kan et Yacoob Ramtoola a été renvoyée au 23 mars 2026 pour la suite des débats.
L’audience de ce lundi a également permis d’avancer sur un volet connexe de l’affaire BAI. Les actions déposées par trois firmes internationales – PwC International, Brussels Worldwide Services BV et Grant Thornton International Ltd – ont elles aussi été appelées en Cour suprême. Ces cabinets contestent leur citation à comparaître dans la plainte en réclamation de Rs 100 milliards déposée par Dawood Rawat contre elles, plusieurs anciens dirigeants politiques et des institutions financières. Les trois affaires seront désormais fixées par voie de circulaire pour être entendues sur le fond.