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Affaire BAI-Bramer Bank : l’interview d’Ehshan Kodarbux, directeur du Défi Media Group : Dawood Rawat, les médias et les autres

Après l’éclatement de l’affaire British American Insurance (BAI), le nom du Défi Media Group (DMG) a été associé à tort aux activités de l’assureur. Le directeur du DMG revient sur sa relation avec Dawood Rawat et des raisons qui l’ont poussé à entrer en affaires avec Media Metrix.

Dawood Rawat, patron de la BAI, a des intérêts dans les médias. Quelle est singulièrement la nature de vos relations ?
C’est une longue histoire. La première fois que j’ai rencontré Dawood Rawat remonte à très longtemps. J’avais 17 ans lorsque j’ai été recruté comme « trainee reporter » à The Nation, dirigé alors par feu Prakash Ramlallah.

À 18 ans, j’ai émigré comme reporter au quotidien The Star où Dawood Rawat devait faire son entrée au conseil d’administration. C’est après deux ou trois ans que je l’ai rencontré pour la première fois.

« J’ai fait comprendre à Dawood Rawat que notre fonds de commerce c’est notre indépendance. C’est le socle de notre crédibilité »

En cette fin de décennie 70, où le pays comptait 100 000 chômeurs sur fond de crise sociale et, où les relations étaient tendues entre le régime travailliste et le MMM, j’étais considéré comme un « militant » dans un journal pro-gouvernemental.

La vérité est que j’étais encore plus à gauche. Au nom de l’idéologie, j’avais refilé la liste complète des anciens députés et ministres qui touchaient une pension parlementaire, ainsi que le montant. Bon nombre de ces anciens députés et ministres, dont certains fortunés, étaient actifs professionnellement. Ce sujet tabou dans une île Maurice en proie à une crise sociale faisait figure de méga scandale. Le service des renseignements, le notoire SSS (State Security Service) ne pouvait me louper.

Dawood Rawat était manager à la BAI et exerçait une influence grandissante sur le conseil d’adminis­tration de The Star. Quelque temps après, il m’a fait appeler et m’a dit qu’il aimait bien mes initiatives et mon esprit indépendant, mais que j’étais jeune et j’avais tout l’avenir devant moi. The Star, me disait-il, était trop étroit pour moi...

Ça a démarré du mauvais pied entre vous...
Non, il m’a ouvert les yeux. Cela m’a poussé à faire les choses par moi-même. À 24 ans, je lançais Horizons Nouveaux, un journal de gauche. Puis, il y a eu Nouvo Lizur avec Jack Bizlall. Et ensuite, la première version de Le Défi, avec feu James Clency Hurry en 1987. Ensuite, j’ai fait des études en Inde. À mon retour, je suis devenu attaché de presse de Karl Offmann.

Et quand rencontrez-vous Dawood Rawat à nouveau ?
En 1996, devenu chômeur, je lance Le Défi Plus sur la presse rotative de Sun Printing. Quelque temps plus tard, The Sun, organe du MSM, met la clé sous le paillasson.

Nous avons racheté The Sun Printing pour Rs 4 millions de sir Anerood Jugnauth. Nous avons contracté un prêt de Rs 2 millions de la SBM et sir Anerood nous a aidés en nous permettant de payer la différence, sans intérêts, sur une durée de plusieurs années. Nous avons payé jusqu’au dernier sou. Je conserve toujours une copie de cet accord, signé entre sir Anerood et moi.

Les autres publications et notre participation au lancement de Radio Plus se sont succédé. Dawood Rawat, à ce moment-là, possédait quelques titres, dont News On Sunday, Shoot, etc., dirigés par le Britannique Mike Lynch. En quelques années, son groupe en gestation avait perdu quelque Rs 18 millions. J’avais entendu qu’il voulait vendre et ce sont les équipements prépresse qui nous intéressaient le plus. Nous nous sommes rencontrés afin de négocier. Je lui ai dit que nous n’avions pas d’argent. Il voulait une participation de 50 % dans notre groupe, mais j’ai insisté pour garder le contrôle du groupe et de la ligne éditoriale. Il y avait un accord noir sur blanc sur cette question. Finalement, Media Metrix est entrée dans notre actionnariat à hauteur de 40 %, tout en apportant titres et équipements.

À l’époque, Radio Plus perdait Rs 200 000 à Rs 250 000 par mois. Le groupe était évalué à environ Rs 60 millions. La vente de ces 40 % à Media Metrix nous a aussi permis d’essuyer nos dettes et d’enlever des hypothèques.

Entre parenthèses, et ce n’est pas pour rire, vous saisissez certainement combien j’adore les ABC qui font des misères aux entrepreneurs qui, eux, prennent des risques énormes.

Cet accord noir sur blanc a-t-il été respecté ?
Au départ, il y a eu des tentatives d’ingérence, mais j’ai mis bien vite un terme à cela. Salim Beebeejaun, qui siégeait sur notre board, en sait quelque chose. La BAI se plaignait qu’elle était attaquée injustement par une section de la presse, et que nous ne faisions rien pour la défendre.

Dawood Rawat a cherché de tout temps à avoir un pied dans les médias afin de se défendre. Il estimait qu’une section de la presse locale lui était épidermiquement hostile, qu’elle défendait des « vested interests » et l’empêchait de réussir, alors que cette même presse était complaisante, pour ne pas dire soumise, à ces mêmes intérêts oligarchiques.

J’ai fait comprendre à Dawood Rawat que notre fonds de commerce, c’est notre indépendance. C’est le socle de notre crédibilité. De fait, ces 10 dernières années, Media Metrix a toujours été un « dormant partner » chez nous. Notre relation avec Dawood Rawat était correcte, mais con­flictuelle sur un autre point. Il me toisait d’avoir un « bias » pro-MSM, pro-Jugnauth. Je lui renvoyais à ses propres dires : il était une des rares personnes à pouvoir dire ses quatre vérités à Ramgoolam, ce qui ne l’empêchait pas d’être proche de lui. De guerre lasse, Dawood Rawat a lancé finalement son propre groupe de presse à travers Yukondale...

« Il est clair qu’il a pris beaucoup de risques avec l’argent des autres. Malheureusement, il n’est pas le seul homme d’affaires à avoir voulu jouer jusqu’à ses derniers jetons dans l’économie-casino. Selon un récent rapport de la Banque de Maurice, les grosses boîtes du privé ont des créances douteuses de Rs 25 milliards auprès des banques du pays »

Une aventure qui s’est mal terminée...
Dawood Rawat ne fait pas dans la dentelle, comme toujours. Il a voulu déployer de très gros moyens pour Yukondale. Il a cherché à recruter les meilleurs à grands frais et d’ailleurs, ça a causé un chamboulement dans la presse écrite. C’était un projet faramineux qui a lancé quelques publications, comme Impact. Mais ce magazine glossy coûtait Rs 40 à produire et était vendu à Rs 15 !

Auparavant, ils ont aussi investi dans Radio One. Entre-temps, nous avons lancé Le Défi Quotidien. Quelque part, cela a damé le pion à Yukondale. Ils ont alors voulu prendre le contrôle de La Sentinelle à travers un achat massif d’actions, mais Philippe Forget Jr a réagi.

Vous avez positionné Le Défi Plus comme un des trois grands hebdomadaires à l’île Maurice, Radio Plus comme la radio No 1, Le Défi Quo­tidien émergeait comme le quotidien No 1, le www.defimedia.info est un site d’information leader sur Internet. Pourtant, on raconte que vous songiez à la retraite. Pourquoi ?
Il y a une réalité fatale à l’île Maurice. C’est un petit pays où les moyens de pression sont d’autant plus grands. D’un côté, le gouvernement de Ramgoolam, libéral au départ, commençait à devenir autoritaire, et les conseillers mercenaires exerçaient beaucoup plus de pressions exécrables que le pouvoir lui-même. Notre partenaire, de l’autre côté, voulait absolument avoir son mot à dire dans les médias.

Je pressentais que, tôt ou tard, on se retrouverait entre le marteau et l’enclume. À un moment, il y a même eu un boycott publicitaire de la part du gouvernement ; boycott subi aussi par le groupe La Sentinelle. Sur le long terme, cela allait devenir très challenging ; d’autant que la presse écrite est en déclin tandis qu’il n’y a pas de modèle de monétisation viable en vue pour la presse en ligne.

C’est donc dans ce contexte que j’ai approché Dawood Rawat, il y a maintenant deux ans et demi, pour lui faire part de mon désir de désinvestir du groupe et de me retirer. Dawood Rawat m’a dit que ce n’était pas ce qu’il voulait, bien qu’il soit intéressé à acquérir une majorité d’actions. Il me donnait aussi carte blanche pour définir mon rôle futur au sein du groupe. Il faut dire que, malgré tout, il avait beaucoup de considération pour moi, tout comme j’ai beaucoup de respect pour lui.

Les quelque Rs 20 millions que Media Metrix a investies au départ chez nous valent aujourd’hui Rs 120 millions, au bas mot. Sans compter que sur ces six dernières années, nous avons payé Rs 12,8 millions de dividendes à Media Metrix.

Nous sommes tombés d’accord finalement pour que je me retire après quatre ans, soit en juin 2016, le temps de préparer la relève. Et que par la suite, j’agirais comme consultant et éditorialiste auprès du groupe. J’envisageais aussi de poursuivre d’autres études supérieures à l’étranger après le MSc Global Management que je termine.

À noter que bien que j’aie obtenu une avance dans le cadre de notre accord, j’ai insisté pour conserver les droits sur mes actions jusqu’au transfert final à mon retrait.

Mais les résultats des élections ont changé la donne et les derniers événements survenus au sein de la BAI ont rendu l’accord caduc. Les engagements pris n’ont pu être menés à terme.

Donc, vous restez ?
Honnêtement, si le gouvernement Ramgoolam était retourné au pouvoir, je serais resté encore un mois tout au plus. Il y a eu de l’intimidation, notamment avec des activistes aux gros bras devant les locaux de Radio Plus. Mais ce n’était que le sommet de l’iceberg.

Par exemple, cela fait presque deux ans que la MRA enquête sur moi. Mais voyez comment, plus ça change, plus c’est la même chose. Il y a une semaine, j’ai fait une mise au point pour répondre aux inexactitudes d’un ministre. La télévision d’État essaie ensuite de nous mêler à l’affaire BAI en reprenant les mêmes inepties.

« Si par exemple on s’en prend à Radio Plus, c’est à la liberté d’expression, à la démocratie qu’on fait du tort. Pas à moi ! Je n’ai été sur cette radio que cinq ou six fois en ses 13 ans d’existence »

Quelques jours plus tard, c’est la MRA qui cherche des renseignements sur Le Défi Plus Ltée et spécifiquement sur un journaliste de chez nous. Ce sont peut-être des choses comme ça qui vont finalement me motiver à rester et résister. C’est peut-être cela mon destin.

Que se passera-t-il avec les 40 % de Media Metrix lorsque ses actions seront vendues ?
Nous avons une option préférentielle sur ces actions. Il faudra voir ce que nous ferons. Si quelqu’un d’autre les rachète, est-ce que nous aurons une relation de travail confortable ? Je n’en sais rien. “We’ll cross the bridge when we reach it”.

Il faut savoir que Media Metrix a aussi des intérêts dans d’autres compagnies, dont Pamplemousses Ltée d’Alain Gordon Gentil, engagée dans l’audiovisuel. Chez nous, je sais qui ils sont. Je ne saurais vous dire ce qui se passe ailleurs.

L’important reste toujours la préservation de l’intégrité du groupe. Durant ces deux dernières années, j’ai commencé à préparer la relève, des responsabilités ont été déléguées, des formations sont en cours, il y a un plan de développement et de consolidation.

Je ne suis plus tout à fait jeune et je dois parachever ma succession, contrairement aux politiciens.

Avec le séisme que connaît la BAI, n’y a-t-il pas eu des tentatives d’influencer la ligne éditoriale du groupe ?
Ce que nous avons noté, c’est qu’il y a eu, à un moment, un seul son de cloche d’une section de la presse. Il y a aussi eu beaucoup de désinformation. La BAI était en panne de communication ou ne voulait pas communiquer pour diverses raisons. Quand nous avons obtenu des informations de l’intérieur de la BAI, nous avons apporté un nécessaire équilibre, tout en demeurant factuels.

Nous sommes restés fidèles à notre mission de donner les deux sons de cloche, de manière responsable. C’est au public de se forger une opinion.

Qu’entendez-vous par désinformation ?
J’ai un grand défaut. Je n’aime pas hurler avec les loups. Par exemple, on a voulu faire croire que le château en Italie appartenait personnellement à Dawood Rawat, alors qu’il est la propriété d’une compagnie immobilière dûment enregistrée à la Bourse de Malte, régie par des conventions de l’Union européenne.

Quels que soient les griefs qu’on peut faire à Dawood Rawat, en tant que journaliste, ma conscience pro­fessionnelle, ou ma conscience tout court, objecte à pareille abjection sciemment orchestrée. Je n’ai pas de vérité de circonstance. L’éthique m’est supérieure à toutes les conséquences.

À un moment, j’ai pensé aux Jugnauth et à leurs familles qui ont subi la même campagne de boue par mercenaires interposés lors de la dernière campagne électorale.

Je me suis posé cette question : ces gens qui tirent les ficelles dans l’ombre, que sont-ils capables de faire aujourd’hui mais aussi demain ?
Cela m’a troublé profondément en pensant aux 24 000 souscripteurs de polices d’assurance, aux 4 000 employés de la BAI et aux 4 000 petits entrepreneurs et fournisseurs qui sont pris dans une tourmente qui nous dépasse tous.

Comment qualifieriez-vous Dawood Rawat, alors que le groupe BAI est aujourd’hui dans la tourmente ?
Je préfère parler d’une issue que d’une personne. À mon humble avis, il s’agit là de la dérive d’un entrepreneur hors-norme et de la tragédie de 24 000 souscripteurs de polices d’assurance, entre autres.

Il a vu trop grand et il a voulu aller trop vite. Entre le génie et la folie, la ligne de démarcation est fine. Est-ce qu’il a traversé cette ligne ? Il a trop étendu son champ d’actions (sur quatre continents, s’il vous plaît !), il a « overinvest » dans certains secteurs, il y a eu « mismanagement » dans d’autres. Certains parlent même de vampirisation de certaines compagnies.

Il est clair qu’il a pris beaucoup de risques avec l’argent des autres. C’est dommage et déplorable dans le cas des gens qui y ont investi les économies de toute une vie. Malheureusement, il n’est pas le seul homme d’affaires à avoir voulu jouer jusqu’à ses derniers jetons dans l’économie-casino.

Lisez attentivement ce que dit un récent rapport officiel de la Banque de Maurice : les créances douteuses, contractées en particulier par de grosses boîtes du privé, sont passées au 30 juin 2014 à 12 % du montant total des emprunts, soit... Rs 25 milliards qui risquent d’être irrécupérables.

Dans ce contexte, ce que fait le MIoD (Mauritius Institute of Directors), en proposant une charte de bonne gouvernance aux entreprises, est plus que jamais d’actualité. Il s’agit même d’une urgence. La bonne gouvernance devrait aussi être l’affaire du secteur privé, pas que du gouvernement. C’est une leçon à retenir.

Est-ce que le sort de la BAI est le résultat de la mauvaise gouvernance ?
Il y a deux écoles de pensée. D’abord, celle qui dit qu’il est clair qu’au vu des risques pris entre « related parties » avec l’argent des souscripteurs aux polices d’assurance, le groupe allait s’effondrer à terme. Le moteur s’est emballé et le groupe ne pouvait soutenir une expansion si rapide et trop diversifiée. Les 24 000 souscripteurs au Super Cash Back Gold Scheme seraient devenus 35 000 dans deux ans et la situation aurait empiré. Le gouvernement a pris le taureau par les cornes afin d’éviter pire catastrophe.

L’autre école de pensée estime que le gouvernement a agi de façon précipitée et brutale. La Banque de Maurice aurait pu injecter de l’argent au sein de la Bramer Bank et y placer son propre « Controller ». Une partie des actions de la Bramer Bank aurait pu être revendue. Mais quand la licence a été retirée, tout s’est effondré, les actions ont été « wiped-off » de la Bourse et Rs 5 milliards de valeur comptant pour le pôle assurance du groupe s’est dissipée dans l’air, rendant ce pôle, déjà dans un état précaire, insolvable.

Quelle école de pensée épousez-vous ?
Je ne suis pas expert, mais journaliste et étudiant en économie et finances. Je ne suis pas là pour porter un jugement de valeur. Cette affaire suscitera des débats, voire des passions pour longtemps encore. Peut-être que cela deviendra un cas d’école.

Mais il y a un aspect important qui devrait concerner nous tous en tant que citoyens : l’image de l’île Maurice en tant que centre financier international repose sur les principes de l’état de droit. En affaires, le concept de « predictability » est capital. L’Afrique du Sud, par exemple, possède sans doute la Constitution la plus démocratique au monde, mais souffre d’un énorme déficit au niveau du respect de l’état de droit. Ce qui fait fuir les investisseurs qui préfèrent l’île Maurice, considérée comme plus sûre.

L’express de vendredi rapporte que les étrangers ont rapatrié Rs 1 milliard dans le sillage de la crise frappant la BAI. Il faut faire très attention de ne pas détruire l’avantage compétitif que nous confère notre État de droit exemplaire.

Comment vit-on une telle situation lorsqu’on connaît les personnages des deux côtés de la barrière ?
Notre état d’âme est puéril devant la dimension de l’affaire. Il faut faire la distinction entre le personnel et le professionnel. Le professionnel cherche à donner le maximum d’infos des deux versions des faits. Radio Plus et toutes nos publications ont tout fait pour respecter ce principe. Quand la BAI a commencé à communi­quer, nous lui avons donné l’espace qu’elle méritait.

Mais il faut avouer qu’il y a aussi un aspect personnel dans cette affaire, surtout quand on connaît les personnages. C’est un drame cornélien. Les principaux personnages sont, d’un côté, des géants politiques, et de l’autre des géants en affaires. Les deux parties pensent œuvrer dans l’intérêt du pays. Au final, ce sont les faits et les chiffres qui vont parler ; sans doute à travers les tribunaux, si jamais il y a procès.

En politique, la bonne gouvernance est-elle possible sans une loi sur le financement des partis ?
Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer ! Depuis 2010, paraît-il, des politiciens parlent de Ponzi. Sans doute de milliers d’entrepreneurs, d’actionnaires et de fournisseurs, qui étaient en affaires avec la BAI, ont dû toucher cet argent. S’il s’agit effectivement de l’argent Ponzi, ils n’avaient aucun moyen d’en connaître la provenance. Mais pour les partis politiques qui sont au courant depuis 2010, qu’est-ce qui explique qu’élection après élection, ils ont accepté l’argent de ce Ponzi ? Si c’en est vraiment un.

Au lendemain des dernières législatives, Nemesis écrivait dans nos colonnes qu’une des priorités du nouveau gouvernement devait être la question du financement des partis politiques. C’est la source et la mère de toutes les corruptions. Ensuite, il y a la Freedom of Information Act qui devrait garantir davantage de transparence et d’accountability dans la conduite des affaires publiques.

Il y a enfin cette tragi-comédie qui consiste à parler d’institutions indépendantes, en particulier dans le cas des institutions régulatrices, tout en catapultant ses petits copains à la tête de ces mêmes institutions. On vient de le voir dans le cas de deux institutions financières sensibles.
La solution à ce problème, on le sait, passe par la sélection/audition des candidats aux postes clés par un panel de professionnels, lui-même soumis à une supervision d’un comité parlementaire mixte.

Osera-t-on appliquer ces changements fondamen­taux ou le changement ne sera que cosmétique ? L’avenir nous le dira.

Au milieu de tout cela, comment entrevoyez-vous l’avenir de la presse ?
Dans le pire des cas, la liberté d’expression est un mal nécessaire au bon fonctionnement d’une démocratie. La presse écrite a ses propres soucis d’ordre économique. En plus, certaines personnes ont des griefs contre la presse indépendante. À notre niveau, tout ce que nous faisons c’est créer des plateformes (presse écrite, web, webtv…) afin que tout le monde, quelle que soit son orientation politique, puisse s’exprimer.

Si par exemple, on s’en prend à Radio Plus, c’est à la liberté d’expression, à la démocratie, qu’on fait du tort. Pas à moi ! Je n’ai été sur cette radio que cinq ou six fois en ses 13 ans d’existence.

Il y a aussi la nouvelle génération qui a joué un rôle important lors des dernières élections. La prochaine fois, elle sera deux fois plus nombreuse et les nouveaux médias auront un rôle quatre fois plus important à jouer.

Vishnu Lutchmeenaraidoo ne croit pas si bien dire en parlant de cycles. Si on tente d’empêcher les gens de s’exprimer à travers les médias classiques, ils auront recours à Facebook, aux blogs et autres réseaux sociaux. Là, ça devient viral !

En Malaisie par exemple, le journal le plus influent, c’est Malaysiakini, un journal en ligne qui n’était même pas basé en Malaisie. Je songe souvent à ce modèle.


 

 

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