Mise à jour: 17 janvier 2026 à 14:00

Acquisition de voitures : Lino Albert évoque des emprunts bancaires et le leasing

Par Le Défi Plus
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Les financements pour l'achat des véhicules sont passés à la loupe. Il demeure en détention après son arrestation par la FCC.
Les financements pour l'achat des véhicules sont passés à la loupe. Il demeure en détention après son arrestation par la FCC.

Alors que les enquêteurs de la Financial Crimes Commission (FCC) ont arrêté cette semaine Lino Albert pour blanchiment d’argent, l’ombre du trafiquant présumé Laurent V. (La Vida Loca), plane sur l’enquête. Ce dernier, un Mauricien naturalisé français, qui habitait une luxueuse villa à Flic-en-Flac, serait actuellement incarcéré en Espagne, pour trafic de drogue.

Laurent V. aurait fait l’objet d’un rapport du Pôle anticorruption malgache. Il est soupçonné d’être l’un des importants financiers d’un réseau international de trafic de drogue. Il serait aussi responsable de l’acheminement de drogue vers Maurice.

En janvier et en février 2025, la cellule antinarcotique et la Section de recherches criminelles (SRC) malgaches ont saisi 16,4 kg de cocaïne, valant environ Rs 33 millions. Le colonel Tahina Ravelomanana, patron de la SRC, a indiqué que cette cargaison de drogue émanait du Pakistan et qu’elle était destinée à Maurice après un transit sur le territoire malgache.

Trois Mauriciens figuraient parmi les neuf suspects arrêtés. Parmi les Mauriciens arrêtés : Jean Benjamin Albert, un proche de Lino Albert, Jean-Noël Ferry ainsi que Marc Édouard Jean.

Les autorités malgaches font état d’échanges téléphoniques accablants impliquant Vida Loca, qui s’affiche en patron durant un appel avec plusieurs individus. Ces appels remonteraient à janvier 2025, et des démarches d’échanges d’informations entre le PAC malgache et la FCC ont été enclenchées en ce sens.

Se basant sur ces données, la FCC s’intéresse au volet financier de ce réseau. Celui-ci serait impliqué dans le trafic de drogue sur l’axe Espagne-Thaïlande-Madagascar-Maurice. Des détails concernant des transactions financières, soit des transferts bancaires et des échanges de communications, ont été récupérés par les autorités malgaches en ce sens. Ces données ont été transmises.

À la suite de l’arrestation de Wendip Appaya en septembre 2025, la FCC a enclenché une collaboration avec le PAC malgache. C’est afin de faire la lumière sur un déplacement commun du duo Wendip Appaya–Lino Albert au début de 2025 vers Madagascar. Les renseignements indiquaient que les deux Mauriciens avaient séjourné dans le même hôtel à Antananarivo. Selon le PAC, un comptage de colis de cocaïne aurait été effectué dans une chambre, en présence de membres d’un réseau de drogue. La marchandise devait ensuite être acheminée vers Maurice par voie maritime. Une vidéo attribuée à cette transaction a circulé sur les réseaux, mais aucun visage des protagonistes n’y figurait.

Selon l’enquête malgache, Jean Lino Albert était chargé du transport d’une cargaison de 60 kg de cocaïne, par voie maritime, de Madagascar vers Maurice. Toutefois, l’embarcation avait eu une panne en mer et la drogue a été récupérée par un 4×4 à Fort-Dauphin. Les 16,4 kg de cocaïne saisis peu après par l’antidrogue malgache seraient liés à ce trafic. Cette opération a vu l’arrestation des trois Mauriciens : Jean-Noël Ferry, Jean Benjamin Albert et Marc Édouard Jean. Jean-Noël Ferry a soutenu qu’il est un collaborateur de l’Anti-Drug and Smuggling Unit. Il aurait transmis des informations sur cette affaire à son contact. Il aurait également coopéré avec le PAC.

Fonds de Jean-Lino Albert

D’où provient le financement de Jean Lino Albert pour l’acquisition de deux véhicules réquisitionnés par la FCC : une BMW X5 et une Ford Ranger Wildtrack. Au Réduit Triangle, les enquêteurs de la Financial Crime Commission épluchent depuis le mercredi 14 janvier les sources d’entrée d’argent de Jean Lino Albert, un habitant de Baie-du-Tombeau. En plus des deux véhicules saisis, deux terrains, dont une aire de jeux (Foot Five) à son domicile, intéressent la FCC.

Jean Lino Albert a répondu à une accusation provisoire de blanchiment d’argent le jeudi 15 janvier devant le tribunal de Port-Louis. Après une nuit en détention, il a nié toute implication dans ces accusations de blanchiment d’argent. En présence de son avocat, Me Vishayen Veerappa Pillay, Lino Albert a mis l’accent sur le fait qu’il est un entrepreneur et qu’il gère deux compagnies engagées dans des travaux de construction. Documents bancaires à l’appui, il a expliqué aux enquêteurs que l’acquisition de ces deux véhicules, une Ford Ranger immatriculée LA 16 et un BMW non immatriculé, est financée par des emprunts contractés auprès d’une firme sous forme de leasing. 

L’Adsu a perquisitionné le domicile de l’habitant de Baie-du-Tombeau. Il a aussi indiqué aux enquêteurs que ses deux parcelles de terre à Baie-du-Tombeau sont financées par des emprunts contractés auprès d’une banque commerciale du pays.

Les enquêteurs soupçonnent fortement que les compagnies de construction seraient des sociétés-écrans servant de mécanisme de blanchiment d’argent. Lino Albert devra transmettre à la FCC des données détaillées portant sur les activités au quotidien de ces sociétés de construction, ainsi que la liste de ses clients et des contrats décrochés. Le comptable de la compagnie de Lino Albert sera auditionné.
 

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