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Accusé de blanchiment de Rs 3,7 M - Sattar Hajee Abdoula : «C’est un contrat civil entre deux parties»

Sattar Hajee Abdoula explique que le travail n'a pu être complété en raison de la COVID-19.
  • Le contrat avait été signé par Mariam Rajabally, associée de Grant Thornton

Le 19 novembre 2025, la Financial Crimes Commission (FCC) avait procédé à l’arrestation de Sattar Hajee Abdoula, CEO du cabinet Grant Thornton. Au centre du dossier : un dépôt de Rs 3,7 M, effectué en mars 2020 sur le compte de Grant Thornton Ltd (Advisory Services), avant qu’il ne soit nommé administrateur d’Air Mauritius, soit un mois plus tôt. La FCC considère cette transaction comme potentiellement illicite, ouvrant la voie à une accusation provisoire de blanchiment d’argent selon les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA). Depuis son arrestation, Sattar Hajee Abdoula est placé sous surveillance policière dans une clinique. Il a retenu les services de l’avocat Raouf Gulbul.

Sattar Hajee Abdoula réfute avoir bénéficié de cette somme en tant que proceeds of crime, déclarant : « C’est un contrat civil entre deux parties privées. J’ai démarré les travaux, mais en raison des forces majeures, notamment le confinement lié à la Covid-19, le travail n’a pu être complété. »

blanchiment de Rs 3,7 M

contrat signé par Mariam Rajabally

Lors de son audition, Sattar Hajee Abdoula a expliqué que le contrat avait été signé par Mariam Rajabally pour Grant Thornton et par Dev Manraj, alors président du conseil d’administration d’Air Mauritius. « Le contrat avait été signé par Mariam Rajabally, associée de Grant Thornton », a soutenu Sattar Hajee Abdoula lors de son audition, en présence de son avocat, Me Raouf Gulbul. Il a également soutenu que le contrat concernait un deal initial estimé à Rs 8,5 M, avec un premier paiement de Rs 3,7 M. Pour le solde restant, il était prévu que des paiements de Rs 500 000 se fassent chaque mois, d’avril 2020 à mars 2021.

Vingt jours après la signature, le pays est entré en confinement dû à la Covid-19, a expliqué Sattar Hajee Abdoula pour justifier les démarches de Grant Thornton, en soutenant que toutes les transactions étaient « freezed » à cause du premier lockdown lié à la pandémie. Il sera confronté aux dires de Mariam Rajabally, qui a confirmé avoir agi sous les instructions de son CEO dans les procédures entourant ce contrat.
En avril 2020, Air Mauritius est placé sous administration volontaire, empêchant la poursuite du contrat. Les paiements mensuels n’ont donc pas été effectués. En novembre 2021, avec la sortie de la compagnie de l’administration volontaire et la nomination d’un nouveau conseil, le contrat avec Grant Thornton est interrompu. Selon Sattar Hajee Abdoula, les travaux avaient commencé mais n’ont jamais été complétés.
aucune réclamation pour le remboursement des Rs 3 696 000

Lors de son audition, le CEO de Grant Thornton a affirmé qu’aucune réclamation pour le remboursement des Rs 3 696 000 (arrondies à Rs 3,7 M) n’a jamais été faite par Air Mauritius, y compris après les élections générales de 2024 et la nomination d’un nouveau conseil.

Selon la FCC, les Rs 3,7 M proviennent d’un paiement lié à un contrat d’« Advisory Services » accordé en 2020 par Air Mauritius à Grant Thornton, un contrat qui, selon l’enquête, n’aurait pas été entièrement honoré. Le témoignage de Mariam Rajabally est jugé crucial. L’hospitalisation de Sattar Hajee Abdoula complique la progression de l’enquête, notamment l’ouverture des coffres-forts saisis, qui nécessite sa présence physique. La prochaine date-clé est fixée au 2 décembre 2025, lors de l’examen de sa demande de remise en liberté conditionnelle.

La FCC cherche à déterminer l’origine exacte du versement et la nature réelle des services fournis. Les documents saisis, dont des courriels entre Sattar Hajee Abdoula et Air Mauritius, révèlent plusieurs contradictions par rapport aux explications initiales. L’enquête a vu plusieurs perquisitions au domicile et au bureau du CEO de Grant Thornton, avec saisie de biens (stylos, montres, bouteilles d’alcool), documents, ordinateurs portables et téléphones. La FCC vise à clarifier « l’origine, la structure et le bénéficiaire effectif » des Rs 3,7 M.

évaluation des bouteilles d’alcool 

La FCC poursuit son enquête en examinant les documents saisis au siège de Grant Thornton, à Ébène, durant la semaine. L’audition de témoins supplémentaires et l’analyse du matériel informatique figurent parmi les prochaines étapes. L’évaluation des bouteilles d’alcool et des bijoux de valeur saisis est également en cours. Le contenu d’un coffre-fort intéresse particulièrement les enquêteurs. 

Depuis le jeudi 20 novembre, Sattar Hajee Abdoula est pris en charge par le personnel médical. Il souffrirait d’apnée du sommeil. Pour son traitement, il a été transféré à la clinique C-Care Wellkin, l’hôpital ne disposant pas des équipements nécessaires.

Dix jours depuis son arrestation : pas une seconde en cellule

Dix jours après son arrestation, Sattar Hajee Abdoula a entièrement échappé à la cellule policière. Depuis le 19 novembre, suivant son arrestation par la FCC, il a été successivement admis à l’hôpital Jeetoo puis transféré à la clinique C-Care Wellkin pour des traitements liés à une apnée du sommeil. Pendant ce temps, l’enquête se poursuit.

Cette situation rappelle celle de Junaid Fakim, l’ex-commissaire de la FCC, arrêté le 30 octobre pour complot dans l’affaire Mamy Ravatomanga. Il avait retrouvé la liberté conditionnelle le 13 novembre. Durant ces deux semaines, Junaid Fakim n’a pas goûté à la cellule policière.

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